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Réorientation professionnelle compliquée pour les travailleurs du pétrole en Alberta

Panneaux solaires et éoliennes sous un ciel bleu.

Les travailleurs de l'industrie pétrolière qui souhaitent travailler dans les énergies renouvelables font face à plusieurs défis.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: TechnoCentre Éolien

En Alberta, les travailleurs du secteur pétrolier qui désirent faire le saut vers d’autres domaines afin d’échapper à l’instabilité de leur l’industrie font face à plusieurs défis.

Pendant deux ans, Andrew, un ingénieur et père de famille, a tenté de trouver un emploi dans le secteur des énergies renouvelables.

Après une dizaine d’années passées à travailler au sein de l’industrie pétrolière, ce trentenaire qui préfère ne pas donner son nom de famille de peur des répercussions que son témoignage pourrait avoir sur sa carrière, en avait eu assez des hauts et des bas de l’industrie pétrolière.

Je me disais : quand j’aurai 65 ans, est-ce que mes habiletés seront toujours en demande? J’étais prêt à faire un peu moins d’argent pour une industrie qui va durer longtemps, raconte-t-il.

Après deux années de recherche, une douzaine de curriculum vitae envoyés et aucune offre d’emploi, Andrew décide cependant d'abandonner.

On ne me répondait jamais, même si mes habiletés et mon CV reflétaient les demandes. J’ai finalement entendu, de la part d’un recruteur, qu’ils n’avaient pas d'intérêt à engager quelqu'un qui avait de l’expérience dans l’industrie pétrolière parce qu’ils avaient peur que je quitte mon emploi si jamais le prix du pétrole augmentait de nouveau, explique-t-il.

Je me sens frustré parce que je sais que mes habiletés sont en demande ailleurs, mais je ne peux pas compétitionner contre ce genre d’attitude.

Andrew, ingénieur

Rik Kaminsky connaît bien cette réalité. Lui-même issu de l’industrie pétrolière et gazière, il est aujourd’hui le président-directeur général de Solaré Canada, une entreprise spécialisée en énergies renouvelables.

S’il admet qu’embaucher des travailleurs de l’industrie du pétrole peut paraître risqué pour certaines entreprises, il trouve que cela comporte certains avantages.

Il est vrai que, quand l’industrie du pétrole va bien, les employeurs ont peur de se faire voler leurs employés par des entreprises qui payent plus cher. [...] Ces travailleurs sont cependant très travaillants, fiables et efficaces, ce que tout le monde recherche, explique l’entrepreneur, dont 5 des 6 employés viennent de l’industrie des énergies fossiles.

Quand je travaillais dans l’industrie pétrolière, j’étais parti 9 mois par année. [...] Lorsque j’en suis sorti et que, tout d’un coup, j’ai pu dormir dans mon propre lit le soir, entraîner l’équipe de baseball de ma fille, voir mes amis, tout cela est devenu beaucoup plus important pour moi que l’argent. [...] C’est pour cela que ceux qui font le saut ne reviennent pas en arrière, ajoute Rik Kaminsky.

Besoin de formations

C’est pour aider les travailleurs comme Andrew que Lliam Hildebrand, un ancien soudeur du secteur pétrolier, a créé Iron & Earth en 2016.

Lorsque les prix du pétrole ont chuté, en 2015, mes collègues et moi nous retrouvions chaque jour autour de la table à dîner pour regarder les nouvelles qui annonçaient toujours de nouvelles mises à pied. Nous nous sommes mis à parler de notre avenir et du fait que nous ne pouvions plus continuer à subir ces hauts et ces bas. Nous voulions plus de sécurité, se souvient-il.

Lliam Hildebrand pose devant la caméra. Il tient une photo dans sa main.

Lliam Hilderbrand a travaillé dans l'industrie pétrolière en Alberta pendant plus d'une dizaine d'années avant de réorienter sa carrière vers les énergies renouvelables.

Photo : Jamie Tanner

Depuis quatre ans, Lliam Hildebrand s’est donné comme mission d’offrir des formations aux travailleurs de l’industrie pétrolière qui souhaitent se réorienter vers les énergies renouvelables.

Selon moi, le plus grand défi auquel ces travailleurs font face est le fait de ne pas avoir la formation appropriée dès le départ [...] Même si leurs compétences sont transférables, une formation leur permet de mieux faire leur travail et de mettre les employeurs en confiance, explique-t-il.

Le jeune entrepreneur admet que le manque de débouchés dans le domaine des énergies renouvelables peut compliquer la transition de ceux qui désirent quitter l’industrie pétrolière.

J’avais plusieurs collègues qui, comme moi, étaient passionnés d’environnement et voulaient travailler dans les énergies renouvelables. Malheureusement, il n’y avait pas de travail et trop peu de projets dans le domaine.

Lliam Hildebrand, fondateur, Iron & Earth

Bien qu’il ait renoncé à changer d’industrie pour le moment, Andrew s’inquiète tout de même du manque d’intérêt du gouvernement albertain pour les sources d’énergie alternatives.

Je suis plus inquiet pour les plus jeunes ingénieurs et le manque d’investissements dans les entreprises en démarrage qui travaillent dans les nouvelles industries dans la province. L’Alberta est dépendante l’argent du pétrole, et j'aimerais que cela change, conclut Andrew.

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