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Des Canadiens d'origine africaine s’inquiètent de la progression du coronavirus en Afrique

Un groupe de personnes autour d'une fontaine à eau qui fonctionne avec une pompe à actionner.

Wanda Jemly teste la pompe à eau d'un puits dans la région de Douala, au Cameroun. Elle s'y est rendue au début de l'année pour rendre visite à sa famille.

Photo : Wanda Jemly

Plusieurs Canadiens d’origine africaine sont inquiets pour leurs proches en Afrique. Le manque d’accès à l’eau et de soutien financier étatique pour les populations sur place fait partie de leurs préoccupations.

Wanda Jemly est une conteuse, auteure et comédienne de la région de Vancouver d’origine camerounaise. Au mois de février, elle s’est rendue à Douala et a rendu visite à sa famille. Depuis la pandémie de la COVID-19, elle vit confinée chez elle avec ses enfants et son mari, à Burnaby.

Le regard tourné vers le Cameroun, elle est très inquiète de la situation sur place.

Son frère, qui réside principalement en Suisse, n’a pu quitter le pays avant la fermeture des frontières décidée par le gouvernement camerounais.

Mon frère y est, il a été bloqué là-bas parce que lui, il voulait terminer un truc. Du coup, on a payé deux billets d’avion qui se volatilisent quelque part et on ne veut pas nous rembourser.

Wanda Jemly, artiste, Vancouver

Wanda Jemly craint que la situation sur place ne se détériore en raison du manque d’accès à l’eau et des interruptions d’électricité. 

Les gens ne peuvent pas simplement rester chez eux, ils n’ont pas les moyens, ajoute l’artiste britanno-colombienne. 

Un homme assis devant un micro et derrière lui, le texte Bridge the gap.

Jean-Pierre Rukundo s'inquiète des risques de propagation de la COVID-19 en Afrique. Il en parle régulièrement dans son émission diffusée sur Facebook, LIMO TV.

Photo : Jean-Pierre Rukundo

Jean-Pierre Rukundo, de Port Coquitlam, en Colombie-Brtiannique, et d’origine burundaise, dit que sa femme et lui ont beaucoup de famille au Burundi. Il est également inquiet des risques de propagation de la maladie.

Dans la culture africaine que nous avons, on aime les rassemblements, on aime se rendre visite, mais le coronavirus nous oblige à prendre nos distances, alors que dans nos habitudes africaines, ce n’est pas ainsi, dit-il.

Jean-Pierre Rukundo produit, depuis son domicile, un programme sur Facebook appelé LIMO TV. Il s'exprime en français, en anglais et en kirundi. Il aborde depuis quelque temps de nombreux sujets liés au coronavirus. Il souligne que la peur s’empare des gens au Burundi aussi et déplore le manque d’information fiable sur place.

Un peu d’espoir

Yvon Makadiama est un médecin urgentiste d’origine congolaise. Il a passé huit ans en Colombie-Britannique avant de suivre depuis quelques mois une spécialisation à Winnipeg.

Ce médecin n’oublie pas son pays d’origine pour autant. Il souhaite offrir à la République du Congo ses compétences et celles de concitoyens appartenant au corps médical ou de la recherche médicale, travaillant comme lui dans des pays occidentaux.

Un groupe de soignants avec chacun une feuille dans les mains pour afficher le message : we are here at work for you. Please stay at home for us.

Le Dr Yvon Makadiama (debout) a lancé un appel aux professionnels de la santé de la diaspora congolaise pour soutenir la République du Congo face à la propagation du coronavirus sur place.

Photo : Yvon Makadiama

Il a lancé, avec quelques amis, un appel dans ses réseaux pour « formuler des propositions de lutte adaptées contre le COVID-19 et préparer une équipe d’assistance qui pourra se rendre sur place pour aider ».

Le Dr Makadiama souligne que les déplacements ne peuvent se faire sans l’autorisation du gouvernement congolais, mais qu’il est toujours possible de soutenir à distance les médecins et les intervenants de la santé en leur parlant et en répondant à leurs questions.

Wanda Jemly, une artiste de Vancouver, garde pour sa part bon espoir que le continent africain aura la capacité de faire face à l’épidémie de COVID-19 et de s'en relever.

Elle rappelle que l’Afrique connaît beaucoup d’épidémies et de maladies, comme le paludisme, le choléra ou le virus Ebola, qui tuent énormément maintenant.

Si ces maladies n’ont pas fait en sorte que l’Afrique soit bannie complètement de ce monde, ce n’est pas la COVID-19 qui le fera.

Wanda Jemly, artiste, Vancouver

Selon Jean-Pierre Rukundu, il est essentiel que les personnes en Afrique partagent davantage les denrées alimentaires pour s’entraider et tenir à travers cette crise. Il espère que le fait que la population est principalement constituée de jeunes sur le continent africain sera un atout et permettra d'éviter une multiplication de cas.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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Colombie-Britannique et Yukon

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