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Des travailleurs de la santé se déplacent encore d'un CHSLD à l'autre

Des résidents d'un CHSLD se déplaçant dans le corridor.

Des résidents d'un CHSLD se déplaçant dans le corridor.

Photo : Radio-Canada / Claudie Simard

« Il ne faut pas que les gens se promènent d’un établissement à l’autre », répète depuis plusieurs jours la ministre de la Santé, Danielle McCann. Toutefois, dans la grande région de Québec, des travailleurs de la santé continueraient d'offrir des soins dans plusieurs CHSLD et résidences pour aînés.

Des préposés aux bénéficiaires, infirmières et infirmières auxiliaires dans des CHSLD de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches ont confié à Radio-Canada qu’ils sont inquiets face à cette situation.

Ils ont tous demandé de rester anonymes craignant des représailles de la part de leur employeur.

Une préposée aux bénéficiaires du CIUSSS de la Capitale-Nationale raconte qu’en début de semaine, elle a partagé son quart de travail dans un CHSLD avec une infirmière auxiliaire qui soigne des patients dans plusieurs établissements de la région.

Il faut qu’on arrête de se promener. Est-ce qu’on peut passer à travers cette crise-là sans qu’il y ait trop de dégâts?

Une citation de :Une préposée aux bénéficiaires au CIUSSS de la Capitale-Nationale

Cette préposée dit pourtant avoir vu des collègues demander à leur gestionnaire de les faire travailler toujours au même endroit en cette période de pandémie.

Une préposée aux bénéficiaires au travail dans un CHSLD.

Une préposée aux bénéficiaires au travail dans un CHSLD.

Photo : Radio-Canada / Claudie Simard

Les gestionnaires font des efforts, mais ils n’y arrivent pas on dirait. On tarde à les mettre en place, les solutions, s’impatiente-t-elle, voyant ce qui se passe présentement dans la région de Montréal.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on dit être très conscient de la nécessité de stabiliser les équipes en limitant les mouvements de personnel entre établissements et la direction assure qu'on y travaille présentement.

Par contre, on admet que cela représente un défi dans ce contexte de pandémie où plusieurs employés sont en isolement volontaire ou obligatoire. En attendant, de nombreuses mesures sont appliquées afin d'éviter toute infection ou contamination dans les milieux de soins.

Citons à ce titre le port du masque de procédure en tout temps par le personnel soignant dédié aux personnes âgées, mentionne le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) par courriel.

Sur la Rive-Sud aussi

Dans Chaudière-Appalaches, des travailleurs de la santé disent avoir soulevé cette préoccupation il y a plusieurs jours, mais qu’ils n’ont pas été pris au sérieux par l’employeur.

Un préposé aux bénéficiaires affirme qu’encore dans les derniers jours, des collègues ont été appelés à travailler dans des résidences privées où il y a des cas de COVID-19.

On demande aux gens qui sont en contact avec des personnes qui ont la COVID de ne pas se promener, de rester deux semaines à la maison, lance-t-il.

Ça n’a pas de sens de prendre des employés d’un centre pour les envoyer dans un autre centre où il y a de la COVID et après les ramener sur leur quart de travail normal, soit la même journée ou quelques jours après.

Une citation de :Un préposé aux bénéficiaires au CISSS de Chaudière-Appalaches
Chariot chargé de serviettes devant des bénéficiaires anonymes en arrière-plan

Un chariot chargé de serviettes dans le corridor d'un CHSLD.

Photo : Radio-Canada

On m’a appelée pour que j’aille travailler de jour au Manoir Liverpool où il y a des cas de COVID en plus de mon quart de soir régulier dans un CHSLD, témoigne justement une préposée aux bénéficiaires. D’autres travailleurs de la santé disent s’être retrouvés dans la même situation.

Une autre préposée mentionne pour sa part qu’elle a encore des quarts de travail prévus dans deux CHSLD et mentionne qu’on l’appelle aussi pour prêter main forte dans un troisième établissement.

Trop peu, trop tard

Est-ce que le mal est déjà fait?, se demande Carl Reinhardt, conseiller syndical pour le Syndicat québécois des employés de services (SQEES) du CISSS de Chaudière-Appalaches.

Est-ce que c’est trop peu, trop tard, je l’espère vraiment pas parce qu’on l’avait déjà décrié bien avant ça.

Une citation de :Carl Reinhardt, conseiller au Syndicat québécois des employés de services (SQEES) du CISSS de Chaudière-Appalaches
Un homme portant un chandail bleu devant son écran d'ordinateur

Carl Reinhardt, conseiller au Syndicat québécois des employés de services (SQEES) du CISSS de Chaudière-Appalaches

Photo : Radio-Canada

Ce dernier affirme que le CISSS de Chaudière-Appalaches s’active à stabiliser les équipes plus sérieusement depuis lundi. Il espère qu’on n’a pas de bombe nulle part et qu’il n’y a rien qui va déclarer d'ici à ce que toutes les mesures soient déployées. Mais il faut les mettre en place rapidement ces mesures-là pour qu'on s’en tire bien parce que dans nos CHSDL présentement, on n’a pas de COVID déclaré, ajoute M. Reinhardt.

Le syndicat des infirmières ne veut pas commenter pour l’instant, confirmant seulement que le CISSS de Chaudière-Appalaches a manifesté sa volonté de stabiliser les professionnels dans les CHSLD à la suite de consigne ministérielle.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches dit déployer tous les efforts afin d’éviter, dans la mesure du possible, tout mouvement de personnel entre nos installations.

C’est un travail qui demande une analyse et une planification souvent au "cas par cas" pour éviter par exemple qu’une personne qui avait l’habitude de travailler à plus d’un endroit soit maintenant attitrée à un seul, précise l'organisation.

Considérant que la moitié des 175 personnes décédées à cause de la COVID-19 au Québec étaient hébergées dans des CHSLD, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a annoncé mercredi le déploiement massif de ressources médicales dans ces établissements et dans les résidences privées pour aînés.

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