•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Non, ce chercheur n’a pas vendu le coronavirus à la Chine

Une théorie conspirationniste prétend qu’un chercheur de Harvard, arrêté en janvier dernier, aurait « fabriqué et vendu » le coronavirus à la Chine. En réalité, son arrestation n’a aucun lien avec le virus.

Un montage d’une photo de Charles Lieber avec le résumé de la théorie conspirationniste, ainsi qu’un article d’un site web qui porte sur cette théorie. Le mot « FAUX » apparaît sur l’image.

Une théorie conspirationniste prétend que le chercheur américain Charles Lieber aurait « fabriqué et vendu » le coronavirus à la Chine.

Photo :  Capture d’écran

Une publication virale sur les réseaux sociaux montre une photo du chercheur américain Charles Lieber, de l’Université Harvard, accompagnée de la phrase : « Voici l’homme qui a fabriqué et vendu le VIRUS du CORONA à la CHINE [sic] ».

On prétend que M. Lieber, ancien directeur du département de chimie et de biologie chimique de l’université, aurait été arrêté pour cette raison. C’est faux.

Le chercheur a en fait été arrêté, le 28 janvier dernier, pour avoir omis de divulguer aux autorités américaines qu’il était payé par l’État chinois. Selon l’annonce du département américain de la Justice (Nouvelle fenêtre), au moment de son arrestation, Charles Lieber était accusé d’avoir fait une déclaration « fausse, fictive et frauduleuse ».

En effet, le chercheur renommé de l’Université Harvard (Nouvelle fenêtre) recevait, à l’insu des autorités américaines, des fonds de la Chine, dans le cadre d’un programme intitulé « Thousand Talents ».

Selon le département américain de la Justice, ce programme « vise à attirer des experts étrangers » et « les récompense pour le vol d’informations protégées ».

Puisque le chercheur était aussi financé par le gouvernement américain pour ses travaux à Harvard, il était tenu de divulguer tout intérêt financier étranger, ce qu’il a omis de faire. Le chercheur recevait 50 000 $ US par mois de la Chine, en plus de 158 000 $ US pour ses frais de subsistance et de 1,5 million de dollars américains pour la mise sur pied d’un centre de recherche à Wuhan, en Chine.

La source de cette théorie du complot vient du fait que le professeur Charles Lieber était en partie rémunéré par l’université de technologie de Wuhan — ville épicentre de la pandémie — en tant que « scientifique stratégique ».

Pourtant, les travaux du chercheur ne portaient aucunement sur l’étude de virus. Il dirigeait plutôt un centre de recherche spécialisé en nanotechnologie (Nouvelle fenêtre).

Un reportage détourné 

Les adeptes de cette théorie conspirationniste ont partagé sur YouTube un reportage de la chaîne américaine ABC à Boston, en l’affublant du titre « L’ARRESTATION DE CHARLES LIEBER LE CONCEPTEUR DU COVID-19 [sic] ».

Le procureur américain Andrew Lelling parle à la caméra, devant le logo du département américain de la Justice. La bande-titre dit : « Harvard Dept. Chair, BU Researcher charged with concealing ties to China ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un reportage de la chaîne ABC sur l’arrestation de Charles Lieber a été détourné pour affirmer que le chercheur aurait créé le coronavirus.

Photo :  Capture d’écran - YouTube

Pourtant, lorsqu'on écoute le reportage en question, on se rend compte qu'il n’est aucunement question du coronavirus.

On entend plutôt le procureur américain Andrew Lelling expliquer que M. Lieber a été accusé d’avoir caché ses liens avec la Chine et on aborde la question de l’espionnage économique.

Le chercheur de 60 ans s’expose à cinq ans de prison pour avoir menti sur ses liens financiers avec la Chine.

Deux citoyens chinois ont été arrêtés en même temps que Charles Lieber.

L’un d’entre eux, Yanqinq Ye, un membre de l’armée chinoise, avait prétendu être un étudiant afin d’obtenir un visa pour étudier à l’Université de Boston et ainsi obtenir de l’information militaire des États-Unis.

L’autre, Zaosong Zheng, qui travaillait dans un centre de recherche médicale à Boston, est accusé d’avoir volé des fioles contenant des cellules cancéreuses.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Fausses nouvelles

Société