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Bonnie Henry : eau, savon et distanciation sociale

Une femme peint une image de Bonnie Henry sur une plaque de bois recouvrant une vitrine de boutique fermée dans le quartier Gastown.

La Dre Bonnie Henry est devenue populaire à la suite de ses multiples points de presse pour faire le point sur la COVID-19 en Colombie-Britannique.

Photo : Maggie MacPherson

Les apparitions quasi quotidiennes de la Dre Bonnie Henry pour exposer en point de presse les derniers développements liés à l’épidémie de COVID-19 l’ont fait connaître d’à peu près tous les Britanno-Colombiens.

Mais qui est au courant que la médecin hygiéniste en chef de la province, en poste depuis février 2018, était au tout premier plan de la lutte contre le SRAS à Toronto en 2003 ou encore qu’elle est l’autrice d’un ouvrage de vulgarisation sur l’épidémiologie?

Je n’aurais jamais, jamais pensé qu’un jour j’aurais à faire ce que je fais maintenant, dit la Dre Henry dans la nouvelle préface, écrite en mars, de son livre Soap and Water & Common Sense (Savon, eau et bon sens, disponible seulement en anglais), publié en 2009 chez House of Anansi.

Déclarer l’état d’urgence sanitaire (le 17 mars), ordonner la fermeture des restaurants, interdire les grands rassemblements, etc. : depuis la découverte du premier cas de coronavirus en Colombie-Britannique, le 28 janvier dernier, la responsable de la santé publique assume un rôle majeur dans la crise.

Et l’une de ses tâches est d’informer, sans les faire paniquer, mais en leur faisant comprendre la gravité de la situation, les Britanno-Colombiens.

Presque quotidiennement, dans un rituel un peu sinistre, la Dre Bonnie Henry leur communique le nombre de personnes nouvellement contaminées par le coronavirus et le nombre de morts provoquées par la COVID-19, cette maladie qui cause des perturbations inimaginables dans le monde entier.

Inimaginables? Pas pour tout le monde.

Pour l’épidémiologiste originaire de l’Île-du-Prince-Édouard, qui en a vu d’autres, cette pandémie n’est pas complètement une surprise.

Incursion dans le monde des microbes

Dans Soap and Water & Common Sense, Bonnie Henry décrit comment l’Ebola, le SRAS et la grippe porcine (H1N1), entre autres, se sont tous frayés un chemin jusqu’à nous, profitant souvent des failles et des faiblesses de nos sociétés plus connectées que jamais.

Bienvenue dans le monde impressionnant de Microbe inc., une entreprise multinationale qui domine notre planète depuis 3 milliards d’années, écrit la docteure au début du livre, qui peint à grands traits l’histoire de l’épidémiologie et de la santé publique, et dresse un portrait des défis posés aujourd’hui par toutes sortes de différents micro-organismes.

Bactéries, parasites, champignons… Ce sont toutes des divisions importantes au sein de Microbe inc.

Mais une place de choix, dans ce conglomérat, appartient aux virus, les plus petits, mais souvent les plus mortels des microbes.

Plan rapproché de Bonnie Henry en conférence de presse.

La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, lors d'un de ses points de presse quotidiens.

Photo : Mike McArthur/CBC

Retraçant brièvement l’histoire de certains virus tristement célèbres – variole, grippe, VIH, Ebola – le livre s’attarde en particulier sur le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui a touché Toronto de plein fouet en 2003, causant la mort de 44 personnes.

La Dre Henry était alors responsable des opérations enclenchées en réponse à l’éclosion de cette maladie à coronavirus particulièrement dangereuse dont le taux de létalité d’environ 10 % était plus élevé que celui de la COVID-19.

Elle dédicace son livre à la mémoire de la Dre Sheela Basrur, alors directrice de la santé publique à Toronto, sa mentore, amie, et partenaire en santé publique.

Depuis les marchés de Guanzhou, le virus s’est propagé à Hong Kong, et, avec l’aide de voyageurs, a continué à se propager dans des villes partout dans le monde. L’histoire du SRAS est réellement un reflet de notre société moderne et mobile, écrit Bonnie Henry en 2009.

L’une des différences majeures entre la lutte contre le SRAS et celle contre la COVID-19, c’est qu’au déclenchement de la crise au Canada en février 2003, les autorités sanitaires ne savaient pas à quoi elles avaient affaire, puisque le régime chinois, aux prises avec une épidémie dans le sud du pays depuis le mois de novembre 2002, avait caché au reste du monde la gravité de la situation.

La santé publique et le personnel de la santé travaillaient désespérément, mais à l’aveugle, rappelle la Dre Henry dans son livre. Ils ne savaient pas si ce microbe était une bactérie ou un virus, comment il se transmettait entre les gens.

Cette fois, la séquence génétique du SRAS-CoV-2 – le virus responsable de la pandémie actuelle – a été rendue publique en janvier par la Chine.

Une tempête parfaite

Mais si ce dernier est moins mortel que son cousin du début du millénaire, maintenant endigué, il constitue, selon la Dre Henry, un microbe parfait. Malheureusement pour nous, ses nouveaux hôtes.

La COVID-19 a toutes les qualités d’une “tempête parfaite” : elle est beaucoup plus infectieuse que le SRAS et beaucoup plus mortelle que la grippe, explique-t-elle dans la préface.

De savoir qu’on peut devenir malade juste par l’acte simple, mais nécessaire, de la respiration – quelque chose qui est vrai pour la COVID-19, mais pas pour le sida et l’Ebola – signifie bien sûr que nous avons peur, reconnaît-elle.

Et comme le suggère le titre de son livre, en attendant un remède, le lavage des mains au savon et à l’eau reste probablement, pour le moment, l’une des meilleures armes que l’on possède contre ce nouveau coronavirus.

Ça et la distanciation sociale, nous rappellerait la Dre Bonnie Henry en point de presse.

Soap and Water & distanciation sociale : le titre d’une prochaine réédition?

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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