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Données sur la COVID-19 : comment s'y retrouver?

Le docteur désigne un graphique avec des statistiques sur le coronavirus.

Le Dr Bruce Aylward fait le point sur la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), le 25 février 2020 à Genève, en Suisse.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Les données peuvent-elles nous aider à prédire comment se terminera la pandémie? Quelles données sont les plus importantes pour bien suivre son évolution?

Nombre de cas par jour ou nombre total?

Depuis le début de cette crise, le nombre total de nouveaux cas est souvent annoncé et médiatisé. Mais voir ce nombre augmenter de jour en jour peut créer un sentiment d’anxiété et ne montre pas si la situation se stabilise ou se détériore.

C’est pourquoi il faut le prendre avec un grain de sel et considérer plusieurs autres données pour mieux comprendre l’évolution de la pandémie.

En fait, comparer le nombre de nouveaux cas par jour aide à mieux cerner la progression dans le temps. Avec ce nombre, les autorités peuvent voir si leurs mesures de restrictions commencent à avoir un effet sur le rythme de propagation.

Selon Statistique Canada, depuis le 1er mars, le nombre de cas rapportés double tous les trois à cinq jours.

Par ailleurs, lorsqu’on compare le nombre de cas par pays ou par province, il est plus juste de comparer le taux d’infection et de mortalité pour 100 000 ou pour 1 000 000 personnes. Bien sûr, un pays comme les États-Unis, avec plus de 327 millions de personnes, aura un nombre total de cas beaucoup plus élevé que le Canada. Mais ils ne sont pas pour l'instant en tête du nombre de cas par habitant.

Ainsi, on peut également voir que le Québec est en tête lorsqu'on compare les provinces avec le nombre de cas pour 100 000 habitants.

Cas détectés et cas réels

Il faut également préciser que l’Imperial College de Londres estime que le nombre d’infections est probablement beaucoup plus élevé que ce qui est rapporté, et ce, partout dans le monde.

Pourquoi? Le taux de dépistage n’est pas nécessairement le même d’un endroit à un autre (par manque de tests, de personnel, ou pour des raisons politiques) et certaines personnes infectées qui ont des symptômes très légers ne se font pas nécessairement tester.

De plus, il n’existe pas de définition universelle de ce qu'est un cas confirmé. D’ailleurs, au début de la crise, plusieurs provinces canadiennes émettaient des données de cas probables (1 test positif) et de cas confirmés (2 tests confirmés). Par ailleurs, certaines autorités de santé publique ont modifié leur façon de comptabiliser les nouveaux cas.

Hospitalisations

Une donnée encore plus importante à surveiller est l'évolution du nombre d’hospitalisations, y compris le nombre de personnes en soins intensifs. 

On le répète sans cesse : on impose des mesures de distanciation physique pour éviter une surcharge du réseau de la santé. Avec le nombre de personnes hospitalisées, on peut voir si le réseau de la santé est à bout de souffle.

Rétablis ou pas?

En regardant seulement le nombre total de cas, on peut oublier que des milliers de personnes sont maintenant guéries de la COVID-19.

À travers le monde, en date du 9 avril, plus de 346 000 personnes sur 1,45 million de personnes infectées sont rétablies, soit 21,5 % des cas. 

Le nombre de personnes rétablies au Canada est encore très bas, puisque la pandémie a frappé plus tard qu’en Asie et dans certains pays européens. On voit que la proportion de cas de personnes rétablies est plus élevée en Colombie-Britannique, puisque cette province a été la première à connaître une éclosion.

Par contre, il faut aussi savoir que la définition de « rétabli » varie de pays en pays, et même de province en province. Les consignes des autorités de santé publique ont également changé au fil du temps.

Nombre de tests

Au fur et à mesure que la pandémie progresse, certains gouvernements testent davantage de personnes, causant parfois une hausse soudaine du nombre de cas totaux ou de cas par jour. D'autres ne testent pas assez, ce qui pourrait fausser le nombre de cas recensés. Le premier ministre ontarien Doug Ford a d'ailleurs qualifié le nombre de tests quotidiennement effectués « d'inacceptable ».

Les autorités ont aussi changé les critères d’admissibilité aux tests, en priorisant certains groupes en raison d’une quantité limitée de tests disponibles. 

C’était le cas au Québec : d’abord seuls les voyageurs étaient testés et maintenant on priorise les travailleurs du réseau de la santé.

Et comme il est important de calculer le nombre de cas en proportion de la population, il est important de le faire également pour le nombre de tests faits.

Par exemple, le président des États-Unis, Donald Trump, affirme souvent que son pays fait le plus de tests au monde. S’il est vrai que les États-Unis ont fait près de 1,5 million de tests en date du 8 avril, ils font beaucoup moins bonne figure lorsqu’on regarde le nombre de tests pour 1 million de personnes. Les États-Unis se retrouvent loin derrière plusieurs pays. 

Fait intéressant, l’Islande, qui a le plus haut taux de tests de dépistage effectués, a découvert que plus de 50 % des cas sont asymptomatiques au moment du dépistage.

Il est intéressant aussi de regarder le pourcentage de tests qui s’avèrent positifs. Au Canada, ce chiffre est d’environ 2,5 %.

Données par âge et par sexe

Enfin, les autorités canadiennes commencent à brosser un portrait un peu plus précis de l’âge et du sexe des personnes infectées. Ces données ne permettent pas de suivre la progression de la pandémie, mais elles peuvent aider à mieux comprendre l’effet du virus sur la population. 

La plus grande proportion des cas sont parmi les individus de 40 à 59 ans (35 %), suivis des individus âgés de 20 à 39 ans (28 %), puis de ceux âgés de 60 à 79 ans (24 %). Moins de 5 % de cas ont été rapportés chez les personnes de 19 ans et moins. Les hommes et les femmes sont infectés dans la même proportion.

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