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Commande de 30 000 masques protecteurs : Josée Néron précise sa démarche

Josée Néron en entrevue

La mairesse Josée Néron a dû préciser sa démarche parce que plusieurs maires du Québec se sont demandé comment elle a pu mettre la main sur autant de masques en contexte de pénurie.

Photo : Radio-Canada

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a donné son aval à une commande de 30 000 masques de protection N95 auprès d’une compagnie autre que 3M le 15 mars, jour de son retour de voyage au Mexique, alors qu’elle se trouvait en quarantaine chez elle.

Il ne restait alors que 300 masques destinés aux employés municipaux qui oeuvrent en service d’urgence dans le magasin du service des approvisionnements de la Ville.

Des fonctionnaires lui ont donc conseillé d’agir rapidement pour profiter d’un prix qui se trouvait en deçà du tarif régulier dans le but de regarnir les tablettes. Il n’était alors pas encore question de pénurie de masques à l’échelle planétaire, a insisté la mairesse, lorsqu’invitée à préciser le fil des événements par Radio-Canada mercredi.

Aux alentours du 12-13 mars, on a rapidement constitué une cellule de crise. On a procédé, entre autres, à l’inventaire de tout le matériel pour assurer la sécurité des employés que nous avions, dans nos magasins […]. C’est une suite d’événements. Je vous dirais que si quelqu’un avait eu une boule de cristal le 12 et 13 mars, on aurait peut-être pu voir ce qui allait se passer quelques semaines plus tard, mais ce n’était pas le cas. On voulait simplement s’assurer qu’on allait pouvoir avoir l’équipement adéquat, nécessaire pour nos employés et, en même temps, protéger la population, fait valoir Josée Néron.

Des maires incrédules

Peu après avoir annoncé, en conseil de ville lundi soir, qu’elle avait eu recours à un article de la Loi sur les cités et villes pour passer une commande de 335 000 dollars « en urgence », elle a dû diffuser un communiqué pour expliquer sa démarche. Plusieurs maires du Québec se sont demandé comment elle avait bien pu obtenir autant de masques en contexte de pénurie.

Trois personnes assises à une table.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, présidait le conseil de ville depuis l'hôtel de ville. Tous les autres conseillers y participaient par vidéoconférence.

Photo : Capture d'écran

La première magistrate assure que dans les jours qui ont suivi la commande, il est devenu très clair qu’une bonne quantité de ces équipements serait remise au Centre intégré universitaire de Santé et des Services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, même si elle n'a pas insisté sur cet élément lundi soir.

À un moment donné, on s’est bien rendu compte que ce genre de matériel devenait en pénurie. Quand le premier ministre a statué là-dessus, personne ne savait qu’on avait commandé. À ce moment-là, on a appelé le CIUSSS pour lui dire qu’on avait commandé quelque chose et qu’on allait mettre la portion dont on n’avait pas besoin à sa disposition.

Josée Néron, mairesse de Saguenay
Des masques N95 sont suspendus après décontamination.

Les masques N95 sont primordiaux pour les travailleurs du domaine de la santé.

Photo : Courtoisie / Duke Health / Shawn Rocco

Josée Néron ne peut mettre de chiffre précis sur le nombre de masques qui seront offerts au réseau régional de la santé, mais souligne qu’il s’agira d’une portion importante de la commande.

Normalement, par année, on a besoin d’une dizaine de milliers de masques. On va s’assurer d’avoir un certain nombre pendant un certain délai, mais on va faire comme tout le monde, on va s’assurer que l’approvisionnement soit constant et qu’on puisse avoir ce dont on a besoin au fur et à mesure que les besoins sont là, dit la mairesse.

Les masques ne sont pas encore arrivés. La Ville croyait les recevoir rapidement, mais près d’un mois plus tard, ils se trouvent, selon Josée Néron, « probablement quelque part à la frontière ».

La députée de Chicoutimi et ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest, a-t-elle appelé Josée Néron pour lui demander de remettre les masques?

Mme Laforest m’a appelée pour comprendre. Dès le lendemain (mardi), il y avait des appels. Les villes voulaient comprendre pourquoi on avait fait ça alors que c’était décrété que ça devait être la santé publique. J’ai tout simplement expliqué à Mme Laforest ce qu'il en était et elle a très bien compris. Elle a dit qu’il n’y avait aucun problème. Mais vous comprendrez que j’ai dit : "Là, Andrée, on va faire un communiqué" parce que ça partait dans tous les sens. Il fallait pouvoir donner les bonnes explications, conclut-elle.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Affaires municipales