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Les municipalités prendront « au moins un an » à se rétablir de la pandémie

La ville de Québec le soir.

Les villes prendront un an, probablement plus, à se remettre des conséquences de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Si les municipalités ont dû sprinter pour appliquer les mesures d'urgence annoncées par le gouvernement afin de limiter la propagation de la COVID-19, il leur faudra s'engager dans un marathon d'au moins un an pour s'en remettre.

Selon la spécialiste en résilience urbaine Julie-Maude Normandin, de l'École nationale d'administration publique (ENAP), le rétablissement fait figure de parent pauvre en sécurité civile au Québec.

Longue et ardue, cette phase pourtant cruciale ne suscite pas le même intérêt au sein des administrations publiques que la phase d'intervention, qui consiste à déployer et à coordonner des mesures d'urgence quand le malheur frappe.

La phase d'intervention est plus sexy et plus glamour, explique-t-elle. Déploiement de moyens extraordinaires, sentiment d'urgence : elle génère normalement une mobilisation importante. Mais après une intervention, on n'a pas tendance à vouloir mobiliser à nouveau des ressources humaines, fait remarquer l'experte.

De façon générale, le rétablissement est souvent très peu planifié dans l'ensemble des municipalités et des organisations au Québec.

Julie-Maude Normandin, chercheuse à l'École nationale d'administration publique (ENAP)

Il est pourtant essentiel de le faire, selon elle, puisque les villes seront bientôt engagées dans un marathon lorsque la crise de la COVID-19 va se résorber.

Les dirigeants devront par exemple choisir quels employés rappeler ou quels services relancer en priorité. Sans compter qu'il faudra soutenir le rétablissement de la collectivité, qui passe par la relance économique et le soutien aux organismes communautaires, qui va être majeur pour les personnes plus vulnérables.

Photo de Julie-Maude Normandin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julie-Maude Normandin, chercheuse à l'ENAP

Photo : Daria Marchenko

Toutes ces étapes prendront du temps. C'est sûr que ça va durer un an au minimum, et plus d'un an pour certains secteurs, prévient-elle. C'est essoufflant. Un épuisement des ressources est d'ailleurs généralement observé après une crise.

Sur le qui-vive

Contrairement à une inondation et à d'autres types de crises, la pandémie a la particularité de garder tout le monde sur le qui-vive, poursuit Mme Normandin.

Dans le cas d'une inondation, le rétablissement commence quand l'eau se retire. Dans le cas de [la tuerie] à la mosquée de Québec, ça a commencé tout de suite après l'événement, compare-t-elle.

Or la crise du coronavirus est particulière de par sa durée. Et elle pourrait revenir par vagues, comme l'ont souvent expliqué les autorités de santé publique.

Cette adaptation, on ne peut pas bien la réfléchir si on n'y a pas pensé d'avance.

Julie-Maude Normandin, chercheuse à l'École nationale d'administration publique

Les municipalités, dépendantes des mesures imposées par les gouvernements, seront en constante adaptation, prévoit-elle. Quand les mesures vont être partiellement relâchées, on va partiellement commencer le rétablissement. On va retourner en intervention en cas de vagues.

À son avis, c'est l'une des premières fois que le Québec vivra un tel cycle. On sera en constante adaptation.

François Legault, Horacio Arruda et Danielle McCann en conférence de presse.

Les consignes du gouvernement, changeantes et en constante évolution, ont des répercussions majeures sur les municipalités et leur capacité d'adaptation.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Québec, ville modèle

Sans égard à l'actuelle pandémie, l'Association de la sécurité civile du Québec (ASCQ) planchait sur un renforcement des plans de rétablissement au Québec depuis déjà quelques années.

L'Association avait été mandatée par le ministère de la Sécurité publique pour renforcer les pratiques en matière de sécurité civile des municipalités après les inondations de 2017.

En collaboration avec l'équipe de Mme Normandin, elle a fait le choix de se concentrer sur cette faiblesse. L'ASCQ a produit un premier modèle de base, communiqué aux municipalités en février dernier.

Un heureux hasard, tout juste avant le déferlement du SRAS-CoV-2 en Amérique du Nord.

La Ville de Québec a été la première à adapter ce modèle à la pandémie de COVID-19. Elle fera part de son expérience au reste de la province.

Le plan servira de modèle générique pour que d'autres municipalités puissent s'en inspirer et l'adapter à [leur] réalité, explique Marc Guay, vice-président de l'ASCQ. Le plan a été rendu public par l'Association mardi.

Un webinaire est proposé aux municipalités qui voudront le mettre en place. En moins de 24 heures, plus de 400 villes se sont inscrites.

La COVID-19 dans la grande région de Québec

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