•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Face à la crise, Airbnb demande des allègements fiscaux au Canada

Le gouvernement Trudeau ne semble pas disposé à répondre favorablement aux demandes de la plateforme américaine.

Le logo d'Airbnb.

Les dirigeants d'Airbnb Canada ont écrit à la vice-première ministre Chrystia Freeland, afin d'obtenir une série d'aides financières pour leurs hôtes.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Selon Airbnb Canada, qui a rendu publique une lettre envoyée à Chrystia Freeland et à plusieurs autres ministres du gouvernement Trudeau, l’impact de cette pandémie serait « comparable aux tragiques événements du 11 septembre ou pire » que ceux-ci pour l’industrie touristique.

Airbnb peut jouer un rôle vital en mettant à disposition des logements sécuritaires et propres à ceux qui ont besoin d’un logement temporaire, écrit, en anglais, la responsable des politiques publiques d’Airbnb Canada, Alex Dagg.

Cette dernière, dans cette correspondance datée du 17 mars, énumère une série de « recommandations » et d'allègements fiscaux qui pourraient aider les hôtes canadiens, alors que 170 000 logements sont proposés sur cette plateforme au pays.

La majorité [des hôtes] dépendent des revenus mensuels générés par l'entremise d'Airbnb.

Alex Dagg, responsable des politiques publiques d’Airbnb Canada

À l'heure actuelle, les personnes louant sur Airbnb doivent payer la TPS et la TVH sur leurs revenus dépassant 30 000 $. L’entreprise sollicite le gouvernement Trudeau pour suspendre « temporairement » cette exigence, tout en laissant la possibilité aux hôtes de bénéficier de crédits d’impôt.

Le nombre de personnes qui pourraient être concernées par cette proposition n'est cependant pas précisé. L'an passé, une enquête de CBC/Radio-Canada avait d’ailleurs dévoilé que des multinationales étaient à l'origine de centaines d'annonces et se faisaient passer, dans certains cas, pour de simples citoyens, avec, parfois, de faux profils.

L’entreprise américaine, qui perçoit une commission d’environ 15 % sur chaque transaction, demande également une réduction du taux d’imposition, un report d’un an du paiement de la taxe fédérale et un élargissement de l’accès à l’assurance-emploi pour les « travailleurs non traditionnels », comme les hôtes Airbnb.

Des mesures prises par Airbnb

Ces dernières semaines, Airbnb, qui avait prévu avant la présente crise faire son entrée en Bourse cette année, a déjà mis en place plusieurs mesures à l'intention des hôtes et des locataires. Les réservations dont la date d’arrivée est comprise entre le 14 mars et le 31 mai peuvent par exemple être remboursées, indique l'entreprise sur son site internet. Un crédit de voyage du même montant peut aussi être émis, est-il précisé. Airbnb a également annoncé qu'elle versera aux hôtes 25 % de la somme qu’ils auraient dû toucher durant cette période.

Pas de réponse du gouvernement Trudeau

Qu’en pense l’équipe de Justin Trudeau? Aucune réponse n’a été officiellement envoyée à Airbnb, indique-t-on au cabinet de la vice-première ministre Chrystia Freeland. Cette dernière n’a cependant pas souhaité réagir, tout comme la ministre du Tourisme, Mélanie Joly, qui a reçu une copie conforme de la lettre.

Le gouvernement reconnaît que certains secteurs ont été touchés de manière disproportionnée par la pandémie de COVID-19 et continuera de surveiller attentivement tous les développements et de prendre de nouvelles mesures à court terme, a de son côté mentionné Maéva Proteau, porte-parole du ministre des Finances, Bill Morneau, en faisant référence aux différentes mesures déjà mises en place.

Le gouvernement du Canada continuera de travailler sans arrêt pour s'assurer que tous les Canadiens et les entreprises obtiennent le soutien dont ils ont besoin pour surmonter cette crise.

Maéva Proteau, attachée de presse du ministre Bill Morneau

Sur son compte Twitter, le secrétaire parlementaire du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Adam Vaughan, a quant à lui été plus direct. Non, a-t-il simplement écrit, en évoquant ces demandes.

Le meilleur moyen de soutenir l'économie est d’aider les gens, a-t-il ajouté, en faisant référence aux besoins de logements, de nourriture et de médicaments.

Le conseiller municipal montréalais Richard Ryan, président de la commission sur le développement économique et l'habitation, n’a quant à lui pas mâché ses mots. Un p'tit chausson aux pommes avec ça?, a-t-il lancé sur sa page Facebook.

Des réservations interdites au Québec et en Ontario

L’organisme Leadnow, qui affirme défendre des causes justes et équitables, a quant à lui dénoncé une blague de la part d’un super-lobbyiste, alors que notre gouvernement se démène pour aider les plus touchés par la COVID-19, peut-on lire sur son site Internet.

Leadnow, qui a lancé une pétition en ligne, déplore également qu’Airbnb accueille sur sa plateforme des entreprises multimillionnaires, qui comptabilisent de nombreuses annonces.

À l’heure actuelle, les réservations au moyen d'Airbnb ne sont plus permises au Québec ni en Ontario, puisque ces gouvernements provinciaux ont décidé temporairement d’interdire la location touristique, dans des chalets par exemple.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !