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COVID-19 : réfléchir à l'insécurité alimentaire

Une femme tient un panier de fruits et légumes dans une épicerie.

Le temps est venu de revoir les modes de production et de distribution de nourriture au pays, notamment en favorisant une distribution locale, dit le Réseau pour une alimentation durable.

Photo : iStock

La crise de la COVID-19 est l’occasion de revoir les modes de production et de distribution de la nourriture au Canada, croit le Réseau pour une alimentation durable, qui publiait une lettre ouverte dans le journal britanno-colombien The Province la semaine dernière pour que soit prise en charge l’insécurité alimentaire au pays.

Cette crise met en lumière des disparités économiques qui empêchent certaines personnes d'avoir accès à des aliments locaux et nutritifs, fait valoir l'organisme.

On avait des banques alimentaires bien avant la COVID-19, déplore-t-elle. Cela reflète des inégalités structurelles : qui a accès aux ressources et qui n’y a pas accès, dit Gisèle Yasmeen, directrice générale du Réseau pour une alimentation durable.

Gisèle Yasmeen souligne notamment que les enfants dans le besoin ont plus difficilement accès à une alimentation saine offerte aux enfants dans le réseau scolaire.

La Coalition pour une saine alimentation scolaire essaie de trouver des façons de livrer des repas aux enfants qui ne sont pas sur les bancs de l’école actuellement.

Toutefois, l'accès à une alimentation saine a besoin d'être consolidé pour les enfants au-delà de la crise, souligne Mme Yasmeen.

Un programme à la grandeur du pays avait été promis dans le budget fédéral de mars 2019, évoque-t-elle, sans toutefois de fonds précis alloués à ce programme.

Les provinces et le gouvernement fédéral sont en train de se parler pour une fois, dit-elle, une bonne nouvelle pour faire des avancées sur la question.

Revoir les structures de distribution

Du côté de la production et de la distribution, les effets se font également sentir durant la pandémie.

L’organisme à but non lucratif FarmFolk CityFolk a pris le pouls de ses membres dans un sondage afin de connaître leurs plus grandes craintes liées à la crise de la COVID-19.

Sur les 96 fermiers qui y ont répondu en date du 18 mars 2020, c’est la perte de revenus qui ressort comme une préoccupation majeure.

Photo portrait de Gisele Yasmeen  devant une oeuvre d'art autochtone en bois avec des couleurs rouge et noir.

Gisèle Yasmeen, directrice générale du Réseau pour une alimentation durable

Photo : Radio-Canada / Saïda Ouchaou

Face à la perte d’un marché important pour une grosse partie des agriculteurs — les restaurants, les hôtels et les boulangeries de grande surface ont fermé leurs portes ou réduit leur production — les fermiers qui détenaient déjà un système de distribution locale à petite échelle sont ceux qui s’en tirent le mieux, note le sondage.

Il faudrait revoir les ressources et l’accès aux infrastructures contrôlés par les gros joueurs [de l’agroalimentaire] par rapport aux micros, petites et moyennes entreprises qui sont nombreuses, mais qui n’ont pas le [même] accès, affirme Gisèle Yasmeen.

La crise actuelle est une occasion à saisir pour revoir les rouages du système agricole, selon elle.

On voit une ouverture pour pouvoir changer notre approvisionnement pour un approvisionnement davantage national, sain, et, dans la mesure du possible, local, précise-t-elle.

Des initiatives comme celles de la Ville de Victoria, qui souhaite distribuer des pousses pour que ses habitants les plantent dans leur potager, sont un pas dans la bonne direction, selon elle.

Pour le conseiller municipal de la capitale britanno-colombienne Ben Isitt, la crise démontre la fragilité de systèmes laissés entre les mains du secteur privé.

Nous devons donner une plus grande place aux gouvernements et moins au secteur privé dans toutes nos communautés, affirme-t-il.

Le ministère de l’Agriculture de la Colombie-Britannique insiste pour dire qu’il est en contact régulier avec les associations de fermiers et les agences fédérales et provinciales qui œuvrent dans le domaine de la gestion de crise, de quelque nature qu’elle soit, afin de s’assurer que les fermiers de la province aient ce dont ils ont besoin.

Il donne en exemple une quantité suffisante de semences et de nourriture pour élever le bétail.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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