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Avec une baisse de 97 % des vols, l'aéroport de Winnipeg est devenu « une ville fantôme »

Des bornes d'enregistrement inutilisées dans un aéroport.

L'aéroport de Winnipeg est vide.

Photo : Radio-Canada / Sam Samson

Radio-Canada

Un jour de semaine à midi, seule de la musique des années 1980 résonne dans la section des départs de l’aéroport de Winnipeg où à peine une dizaine de personnes sont présentes, y compris le personnel des compagnies aériennes.

C’est la nouvelle réalité de l’aéroport international James-Armstrong-Richardson, de la capitale manitobaine.

En temps normal, plus de 6000 passagers transitent par l’aéroport chaque jour, mais au cours des deux dernières semaines, un peu moins de 150 voyageurs passent par l’aéroport à cause de la pandémie de COVID-19, selon l’Autorité aéroportuaire de Winnipeg.

C’est une ville fantôme, dit Jeff Case, consultant dans le domaine des ascenseurs qui attendait un vol pour retourner à Calgary mardi.

Un homme dans un aéroport vide.

Jeff Case pose dans l'aéroport de Winnipeg, vide.

Photo : Radio-Canada / Sam Samson

L’homme se trouvait à Winnipeg pour le travail. Il fait habituellement l’aller-retour une fois par mois, mais son entreprise va espacer ses voyages, et il pense venir à Winnipeg une seule fois sur une période de plusieurs mois.

C'est un sentiment très étrange. Là où il y avait beaucoup de gens toujours dans les files d'attente, il n'y a plus rien, affirme-t-il avant de se diriger vers la zone de sécurité pratiquement vide.

Vols annulés, horaires constamment modifiés

La province déconseille tout voyage non essentiel en dehors du Manitoba, mais des passagers continuent de passer par l’aéroport tous les jours pour des déplacements liés au travail ou des urgences.

Megan Fournier, par exemple, est une infirmière qui voyage fréquemment du sud de l’Ontario vers le nord du Manitoba. Elle dit qu'elle n'est pas inquiète ou nerveuse de prendre l'avion, mais que l'achat d'un billet est difficile.

Les vols sont constamment annulés, et les horaires changent tout le temps. C’est difficile, dit-elle. Mon vol pour venir ici a dû changer à cinq reprises.

Lorsqu’elle voyage, Megan Fournier prend des précautions : elle se lave fréquemment les mains et ne se touche pas le visage.

Il suffit d’être responsable au quotidien quand on touche des choses et de se laver les mains et de prendre ses distances avec les autres, assure-t-elle.

Un dur rappel de la pandémie

L’Autorité aéroportuaire de Winnipeg a installé de nombreux panneaux pour rappeler les mesures en place aux passagers. D’immenses panneaux leur conseillant de se tenir à au moins 2 mètres des autres sont installés partout dans les zones des départs et des arrivées.

Même le fameux tapis des embrassades, où les passagers retrouvent souvent leurs proches à la descente de l’avion, a été enlevé et remplacé par une signalisation encourageant l'éloignement physique.

Un panneau avec un ours polaire qui se trouve entre un homme et une femme demande aux gens de respecter la distanciation physique de 2 mètres.

Le tapis des embrassades a été remplacé par une signalétique invitant les voyageurs à respecter la distanciation sociale.

Photo : Radio-Canada / Sam Samson

Il y a toutefois de moins en moins de personnes qui ont besoin de ces rappels. Le président-directeur général de l’aéroport, Barry Rempel, affirme que le nombre de vols est en baisse de 97 % comparativement à la même époque l’an dernier. Plusieurs avions sont garés sur le tarmac parce que les compagnies aériennes ne les utilisent plus.

La dernière fois que j’ai eu le même genre de sentiments que ceux que j’ai aujourd’hui, c’était après le 11-Septembre. En tant que passionné d’aviation, c’est vraiment une sensation lourde au creux de l’estomac.

L'aéroport fonctionne toujours, mais équilibrer le budget est un défi. Le PDG assure que l’Autorité aéroportuaire essaye d'être transparente avec son personnel sur l'avenir, mais celui-ci est incertain.

Barry Rempel devant l'aéroport de Winnipeg.

Barry Rempel est le PDG de l'Autorité aéroportuaire de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Sam Samson

Nous ne pourrions pas équilibrer le budget, même si nous licencions tout notre personnel, dit Barry Rempel.

Ce que nous essayons de déterminer en tant qu'employeur, c’est à quoi nous ressemblerons en 2021? Comment pouvons-nous travailler avec le gouvernement pour nous assurer d'avoir ce personnel et conserver ses compétences à long terme, explique-t-il

Il y a encore des vols de marchandises qui partent de Winnipeg et y arrivent, mais la pandémie a pratiquement réduit à néant le nombre de vols réguliers de passagers.

C'est un rappel très brutal, lorsqu'on parcourt l’aéroport, de l'impact qu’a ce virus particulier sur les déplacements dans notre communauté.

Selon un reportage de Sam Samson

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