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Distanciation physique : les chauffeurs d’autobus de la STM inquiets

Des autobus de la STM.

Le syndicat des chauffeurs d'autobus de la STM déplore qu'on compte plus de 15 passagers dans les bus, ce qui ne correspond pas à une distance de deux mètres entre chaque individu.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Les chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Montréal (STM) réclament l’adoption de mesures pour faire connaître et respecter la consigne de distanciation physique de deux mètres entre les passagers en ces temps de pandémie.

Un autobus doit transporter un maximum de 15 personnes à la fois pour respecter la règle du deux mètres entre chaque client, selon la direction du transporteur public.

Le président du Syndicat des chauffeurs d'autobus et opérateurs de métro de la STM, Renato Carlone, demande à la STM de lancer une campagne publicitaire pour bien faire connaître cette règle non écrite.

La STM doit informer la population par tous les moyens possible. Dans les journaux, les radios, la télé, les médias sociaux, des affiches dans les bus, dans le métro, des affiches avec un message qui est sérieux, qui est clair. Une fois pour toutes, dire à la population que se tenir à l’intérieur de deux mètres porte de grands risques de propagation du virus, déclare-t-il.

Renato Carlone estime que si des affiches étaient posées dans les bus, les chauffeurs sentiraient qu’ils ont l’appui des passagers à l’intérieur du véhicule et ils seraient plus enclins de dire aux clients aux arrêts qui veulent entrer de rester dehors et d’attendre le prochain autobus, car celui-ci a atteint sa capacité maximum pour respecter la consigne de distanciation sociale.

Si on veut se tenir à deux mètres, il faut respecter cette consigne. Pour la respecter, il faut sensibiliser la population.

Renato Carlone, président du Syndicat des chauffeurs d'autobus et opérateurs de métro de la STM

Le président du syndicat considère que ce n’est pas aux chauffeurs à interdire l’accès.

Le chauffeur ne peut pas faire la police. Il ne peut pas dire : "OK pour cinq, toi, le sixième, tu n’embarques pas." Il ne peut pas dire ça, parce que ça va causer des arguments, des altercations, des agressions. On ne veut pas ça, explique-t-il.

M. Carlone admet que le transporteur public enregistre une baisse substantielle de clientèle en raison de la fermeture des écoles et des commerces non essentiels qui découlent des mesures de confinement.

Cependant, il persiste : certains circuits d’autobus demeurent très achalandés et ne respectent pas la limite de 15 passagers par voyage. Conséquemment, des mesures s’imposent.

Le transporteur public se défend

Le directeur général de la STM, Luc Tremblay, assure que la distanciation sociale demeure sa « principale préoccupation ». Néanmoins, il rejette pour l'instant l’idée d’une campagne massive de sensibilisation, ne jugeant cela pas nécessaire en ce moment.

On n’est pas contre l’idée de pouvoir afficher cela dans les autobus, mais on n’est pas là encore. Il y a tellement de choses à faire pour s’ajuster, affirme-t-il.

Il souligne au passage que, dans le métro, des messages sonores rappellent aux passagers l’importance des mesures de distanciation physique dans les stations et à bord des trains.

Ils marchent dans un garage avec en arrière-plan un autobus suspendu.

Le directeur général de la STM, Luc Tremblay, en compagnie de la mairesse de Montréal, Valérie Plante

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Luc Tremblay refuse d’interdire l’entrée dans l’autobus à qui que ce soit en ces temps difficiles. Il explique que parmi les clients qui attendent le bus à l’arrêt, il y a plusieurs employés du réseau de la santé.

On ne veut pas aller là. Je rappelle qu'on est un service essentiel. On déplace beaucoup de monde de la santé en ce moment qui va sauver des vies. Je me verrais mal dire aux gens : "vous faites un travail essentiel, mais je ne peux pas vous déplacer", soutient-il.

Le directeur général reconnaît toutefois que des cas problématiques existent sur certains trajets et il précise que la STM ajoutera des bus pour les désengorger.

On ne dit pas qu’il n’y a pas d’enjeu à certains endroits. En fait, il y a peut-être quelques lignes sur nos 223 qui sont problématiques et c’est là qu’on fait du renfort, qu’on fait du monitorage et qu’on s’assure de corriger le tir au fur et à mesure, a-t-il déclaré.

Respecter la moyenne

Luc Tremblay mentionne que la STM effectue 17 000 voyages de bus par jour et que 95 % de ceux-ci ont moins de 15 passagers à bord ces temps-ci. Il ajoute que 50 % des voyages sont effectués avec moins de cinq personnes. D'ordinaire, la société de transport planifie son service d’autobus avec 55 passagers à bord, alors que la moyenne est maintenant autour de 15 clients.

Malgré une baisse d’achalandage de 85 % dans les autobus, on a coupé le service de seulement 20 %, ce qui est beaucoup moins que plusieurs sociétés de transport.

Luc Tremblay, directeur général de la STM

M. Tremblay reconnaît que la situation évolue rapidement et assure que la STM la suit de près.

Il mentionne que diverses mesures ont été prises pour protéger la santé et la sécurité des chauffeurs : fin de la perception à l’entrée, clients pénètrent dans le bus par la porte arrière, zone de protection aménagée près du conducteur, sièges à proximité des chauffeurs condamnés.

De plus, note-t-il, la STM connaît un taux d’absentéisme de 20-25 % en raison de la pandémie. Normalement, ce taux se situe à 8 %. Le transporteur public compte 11 000 employés.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine

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