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De zéro à héros : la production canadienne de masques médicaux

Doug Ford portant un masque et des gants tient une boîte en carton.

Le premier ministre Doug Ford reçoit une première commande de masques médicaux fabriqués en Ontario par le groupe Woodbridge.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Avant la crise sanitaire, le Canada ne produisait pratiquement pas de masques médicaux. Pour combler la forte demande, une entreprise ontarienne a réorganisé ses activités et s'apprête à livrer chaque semaine plus d'un million de masques fabriqués en sol canadien.

Le fabricant de pièces automobiles Woodbridge produit des masques de niveau 3, le plus haut niveau de protection selon les normes de l’ASTM, dans ses usines à Vaughan et à Kitchener, en Ontario.

Notre but, c’est de les mettre en marché en masse le plus vite possible.

Martin Mazza, vice-président du groupe Woodbridge

Ces masques pourront être utilisés par le personnel dans les hôpitaux et les cliniques, bien que les masques N95 soient préférables dans certains cas où le risque d’infection par le coronavirus est plus élevé.

L’entreprise a obtenu le feu vert de Santé Canada vendredi dernier et cherche maintenant à obtenir une certification de l’Institut national de santé et de sécurité au travail (NIOSH) des États-Unis.

Un homme enfile un masque gris.

Le vice-président du groupe Woodbridge, Martin Mazza, enfile un masque.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement de Doug Ford, de son côté, espère que ces masques seront désignés équivalents ou supérieurs aux masques N95 du producteur américain 3M.

Le vice-président du groupe Woodbridge, Martin Mazza, affirme que l’entreprise vendra ce nouveau produit au gouvernement ontarien de façon à couvrir ses coûts, sans toutefois les chiffrer. C’est un peu une cible mouvante. Les coûts varient d’heure en heure puisque certains matériaux viennent de l’étranger, explique-t-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Pourquoi le Canada ne produisait pas de masques médicaux

C’est avant tout une question de rentabilité, explique Yan Cimon, professeur de gestion à l’Université Laval. Avant la crise actuelle, un masque N95 pouvait se détailler autour de 60 à 85 cents américains. Maintenant, on parle de prix qui oscillent entre 7 $ et 7,50 $, dit-il.

Le coût de revient étant faible avant la crise, il aurait donc fallu des volumes très importants et le marché canadien en lui-même ne permet pas d’absorber ce type de coûts là.

Yan Cimon, professeur de gestion, Université Laval

Les faibles marges de profit et la possibilité d’importer ces produits de Chine ou des États-Unis réduisaient l’avantage des producteurs canadiens à faire concurrence dans ce marché, souligne-t-il.

Yan Cimon, professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval

Yan Cimon, professeur de gestion à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada

Réduire la demande de masques médicaux

Les ateliers de retouche de vêtements Stitch It comptent produire 78 000 masques artisanaux par semaine pour la population. Le propriétaire Alain Baird espère ainsi réduire l'achat en masse de masques médicaux par ceux qui n'en ont pas besoin.

En deux jours, nous avons reçu des commandes pour 5000 masques et aujourd'hui, c’est 15 000, affirme le propriétaire de la chaîne, qui compte 55 succursales au pays.

M. Baird attribue cette forte demande aux récentes communications des autorités de santé publique, qui recommandent maintenant à tous de porter un masque en public comme mesure de protection supplémentaire lorsque la distanciation physique est difficile.

Une femme fabrique un masque bleu devant sa machine à coudre.

Des employés de la chaîne Stitch It sont retournés au travail pour fabriquer des masques protecteurs non médicaux.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Le propriétaire de la chaîne Stitch It dit avoir reçu des commandes notamment de foyers de soins de longue durée, de refuges pour sans-abri et même de la chaîne d’épiceries torontoise Longo’s.

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