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Scénarios de propagation : « Il faut faire très attention aux modèles mathématiques »

Un homme en habit de protection nettoie un coussin près d'une ambulance à l'urgence de l’Hôpital Notre-Dame, à Montréal.

Il y a un grand écart entre les scénarios pessimiste et optimiste, et de nombreux facteurs peuvent influencer la suite des choses, soutiennent des experts.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les scénarios épidémiologiques de la COVID-19 pour le Québec présentés mardi ont suscité plusieurs réactions, mais tous semblent s'entendre sur une chose : cet exercice, prospectif par essence, permet de donner une idée de la capacité du système à soigner la population.

En entrevue à l’émission En direct avec Patrice Roy, l’épidémiologiste Nimâ Machouf a expliqué la raison pour laquelle la Direction de la santé publique n'avait pas voulu donner de chiffres jusqu'à maintenant. Il y a trop d’imprécisions. Il y a un énorme écart entre le meilleur scénario et le pire des scénarios, a-t-elle souligné.

Mme Machouf estime cependant que la santé publique a raison de dire qu’on s’approche beaucoup plus du scénario du Portugal que du pire des scénarios [celui de l’Italie, NDLR].

L’épidémiologiste croit qu’il pourrait y avoir plus de décès au Québec qu'au Portugal, en raison de la concentration de la propagation chez les personnes âgées.

On a une augmentation de cas dans les centres de personnes âgées. On a une concentration. Une partie de l’épidémie va se concentrer dans la population qui est plus âgée. Forcément, on va observer plus de décès qu’ailleurs.

Nimâ Machouf, épidémiologiste

L’important est de savoir vers quoi on s’en va, quand on va avoir atteint le pic et quand ça va commencer à se calmer, dit Mme Machouf.

Les experts de la santé publique anticipent de 1263 à 8860 décès des suites de la COVID-19 d’ici la fin du mois, mais s'attendent aussi à une stabilisation du nombre d’hospitalisations peu après la mi-avril, après quoi une décroissance devrait être observée.

COVID-19 : les projections de Québec

Beaucoup de facteurs pour un seul modèle

Pour sa part, le Dr Karl Weiss, président de l’Association des médecins microbiologistes-infectiologues du Québec, prend les scénarios présentés avec des pincettes.

Il faut faire très attention aux modèles mathématiques, car ils ont une chose en commun : ils vont toujours se tromper un petit peu. Il y a eu une course aux modèles mathématiques, a-t-il dit à l’émission En direct avec Patrice Roy.

Coronavirus : le Dr Weiss répond à vos questions

Le Dr Weiss explique que les modèles mathématiques ne peuvent pas tout calculer, dont l’impact de la distanciation sociale, le lavage des mains, le port du masque, la densité de la population.

Il ajoute qu’il y a tellement de facteurs que c’est impossible de les mettre dans un modèle.

Un graphique montrant les deux courbes projetées.

Graphique montrant la situation au Québec en comparaison avec des scénarios optimistes et pessimistes.

Photo : Radio-Canada

Le microbiologiste-infectiologue souligne que les modèles présentés par la Direction de la santé publique mardi sont une estimation potentielle de ce qui pourrait se passer au Québec. C’est un modèle qui a ses faiblesses et ses forces.

Cependant, le Dr Weiss affirme que ce modèle montre ce qu’on est obligé de faire pour voir combien on va utiliser de lits, combien on va utiliser de respirateurs.

Pour illustrer ses propos au sujet des modèles mathématiques, le Dr Weiss a donné l’exemple des États-Unis qui ont revu leurs estimations à la baisse mardi.

Selon lui, ce modèle montre que notre capacité de soins intensifs au Québec est loin d’être débordée.

Le PQ ni rassuré ni inquiété

Dans le registre politique, Pascal Bérubé, le chef intérimaire de l’aile parlementaire du Parti québécois, a indiqué que ce qui l’intéressait en tant que député au sujet de ces « projections », c'est l’organisation des soins de santé […] c’est de s’assurer qu’il y a une équation entre les personnes hospitalisées et le personnel disponible dans nos centres hospitaliers.

M. Bérubé dit qu’il n’a été ni rassuré ni inquiété par les données de la santé publique.

J’en prends acte, a-t-il lancé.

Dans une série de tweets publiés en début de soirée, le député libéral et médecin Gaétan Barrette a apporté un éclairage à propos des scénarios présentés mardi par la santé publique.

Tout d'abord, il a indiqué que les scénarios de la santé publique ne sont pas des prévisions « modélisées », mais des calques.

Raisonnable? Oui. Circonstanciellement. Mais surtout, ça peut changer. Pourquoi? À cause de tout ça! Densité, socio-économie, etc. etc. C'est bon, mais rationnellement, c'est un "work in progress". Continuons! a précisé le député libéral.

Un bémol émis par M. Barrette concerne la ville de Lisbonne, qui est différente de Montréal. Lisbonne et son agglomération comptent environ deux millions d'habitants, tandis que Montréal en compte quatre millions. Le tissu socio-économique et démographique est différent de celui de Montréal, a-t-il précisé. Tous des éléments, et autres, qui influent un modèle prédictif.

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