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Le Dr Richard Garceau répond à vos questions

Un homme dans un studio parle à un micro.

Le Dr Richard Garceau est microbiologiste-infectiologue au CHU Dumont. (Archive).

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Radio-Canada

Plusieurs téléspectateurs et internautes ont communiqué avec le Téléjournal Acadie leurs questions sur la COVID-19. Le Dr Richard Garceau, infectiologue et microbiologiste au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton, a répondu à quelques-unes d'entre elles, mardi après-midi.

Les personnes qui ont contracté la COVID-19 peuvent-elles attraper le virus de nouveau?

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Actuellement, nous n'avons pas la réponse à cette question, mais beaucoup de gens tentent d’y répondre. Les ministères, les organisations et les pays aimeraient tous savoir si les gens qui l’ont déjà eu [le virus] seront protégés lors de la deuxième vague. On aimerait aussi connaître la réponse pour savoir si les travailleurs de la santé qui ont contracté la COVID-19 seront à risque de la transmettre s’ils attrapent et guérissent du virus une deuxième fois. On en saura plus dans les prochains mois.

Les complications engendrées par la COVID-19 sont-elles dues à une réaction inadaptée de notre système immunitaire, à notre âge avancé ou au fait d’être atteint d’autres maladies?

Illustration du système respiratoire humain.

Le système respiratoire humain. (Archive).

Photo : iStock

C’est un peu tout ça. Les gens en moins bonne santé ont tendance à moins bien réagir aux infections virales respiratoires comme l’influenza.

Quand le virus va dans les poumons, il cause beaucoup d’inflammation, ce qui peut rendre les gens très malades et les obliger à recevoir de l’oxygène à l’hôpital ou à être mis sur des respirateurs artificiels.

C’est en partie l’infection virale sur le poumon qui cause cette réaction-là, mais c’est en partie aussi un dérèglement qui pose une réaction très intense chez quelques personnes. Cela leur cause des difficultés à respirer ou à subvenir à leur besoin d’oxygène.

Cette réaction a tendance à survenir après 5 à 10 jours d’infection.

Combien de temps dure la contagion après le diagnostic ? Lorsqu’une famille complète doit être en quarantaine (parents et enfants) est-ce que 14 jours sont suffisants?

Photo d'une adulte qui tient la main d'un enfant.

La situation déjà difficile de certaines familles est encore pire ces jours-ci, en raison de la crise de la COVID-19. (Archive).

Photo : iStock

Quatorze jours, c’est ce qui a été déterminé comme étant suffisant par les autorités de santé au Canada. Certaines provinces vont avoir des durées plus courtes, mais il n’y en a pas de plus longues dans le pays.

En 14 jours, il n’y a plus de virus dans les sécrétions respiratoires, ou s’il y en a, le virus n’est plus infectieux.

Il faut savoir que nos tests ne nous permettent pas de distinguer un résultat positif d’un patient qui a un virus qui pourrait infecter une autre personne d’un résultat positif d’une personne qui n’est plus contagieuse.

Qu’est-ce qu’on sait maintenant sur la transmission de la COVID-19 sans symptômes?

Symptômes les plus fréquents de la COVID-19.

Symptômes les plus fréquents de la COVID-19. (Archive).

Photo : Radio-Canada

On pense que les gens pourraient être contagieux de deux à trois jours avant le début des symptômes. Il y a aussi des gens atteints de la COVID-19 qui ont des symptômes très, très légers (mal de gorge, petite fièvre, diarrhée, petite toux) qui n’évolueront jamais vers quelque chose de sévère.

Il semble qu’il y a des infections qui soient transmises chez des gens qui n’ont aucun symptôme. Ce n’est pas facile à mettre en évidence, car ceux qu’on teste, ce sont ceux qui ont des symptômes. Comme on n’a pas un accès illimité aux tests, on ne peut pas tester tous les gens qui seraient à risque.

Qu’est-ce qui fait que le SRAS a fini par disparaître, mais l’influenza revient chaque année? Quel modèle suivra la COVID-19 ?

Le coronavirus du SRAS vu sous un microscope.

Le coronavirus du SRAS vu sous un microscope.

Photo : AFP/British Health Protection Agency

Personne ne le sait. On ne sait pas si ce sera une infection saisonnière ou si elle va disparaître comme le SRAS.

J’ignore pourquoi le SRAS a disparu. Je crois qu’en général, les gens l’ignorent. On a tendance à penser que c’est tout ce qui a été fait pour isoler les patients atteints du SRAS. À bien les identifier et à bien les mettre en quarantaine, ça a sûrement contribué, mais il faut dire qu’en Chine, le SRAS est apparu par un animal intermédiaire, un genre de petite belette. Après l’épidémie de SRAS, elles ont été exterminées. Il n’y a donc plus d’intermédiaire ou pas beaucoup.

Pour ici, on ne connaît pas l’autre intermédiaire qui a transmis la COVID-19 aux humains. Il y a eu plusieurs d’hypothèses...

C’est difficile à dire si ce sera une épidémie circonscrite dans le temps qui va disparaître d’elle-même ou si ça va devenir un phénomène saisonnier. C’est le temps qui va nous le dire.

Cette entrevue menée par Karine Godin a été éditée à des fins de clarté et de brièveté.

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