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La Gaspésie et les Îles encore relativement épargnées par la COVID-19

La municipalité de Grande-Vallée dans le secteur de l'Estran, en Gaspésie.

La municipalité de Grande-Vallée dans le secteur de l'Estran, en Gaspésie (archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

La Gaspésie comptait, le mardi 7 avril, 66 cas de personnes infectées par le coronavirus et arrivait au 5e rang des régions où l'on compte le moins de cas de COVID-19 au Québec.

Si le feu de la pandémie s’étend rapidement un peu partout, la région semble relativement épargnée par des hausses importantes de cas de COVID-19.

Une courbe ascendante sur un graphique

La courbe du nombre de cas déclarés positifs à la COVID-19 en Gaspésie et aux Îles dénote un fort accroissement à la fin mars et un autre une semaine plus tard.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Le directeur de la santé publique de la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier-Viger, attribue principalement cette bonne performance à la faible densité de la population.

Les gens sont dispersés tout le long de la côte et cette distanciation géographique ne favorise pas la propagation du virus.

Le médecin émet l’hypothèse que moins de gens que dans d’autres régions ont voyagé à l’étranger lors du congé de la relâche scolaire.

Enfin, il croit que les messages sur les consignes à suivre sont arrivés assez tôt dans le processus de propagation et que les gens ont respecté les directives.

Dr Bonnier-Viger souligne que plusieurs mesures, dont les restrictions sur les déplacements interrégionaux, ont été mises en place afin de retarder la transmission communautaire.

Cette diminution de la circulation entre les régions plus au sud du Québec et les régions de l’Est-du-Québec a aussi, selon le responsable de la santé publique, un facteur important.

Les deux premiers cas dans la région ont été signalés le 21 mars. Au cours des 10 jours suivants, le nombre de cas a lentement grimpé pour s’établir à 13, le 30 mars.

Un foyer d'infection qui s'étend

La contamination d'une personne, détectée le 29 mars dernier, a généré à elle seule les deux tiers des cas de COVID-19 actuellement confirmés en Gaspésie.

La courbe de l’évolution des cas dénombrés dans la région permet de constater que le bilan est passé le 31 mars, de 13 à 37 cas. Une semaine plus tard, le 5 avril, 11 nouveaux cas se sont ajoutés pour un total de 54 personnes infectées.

Au total, au 7 avril, sur les 66 personnes déclarées positives à la COVID-19 dans la région, 39 sont liées à celui du Manoir du Havre, à Maria.

Tableau montrant la courbe des trois régions. La plus élevée étant celle de la Côte-Nord, la plus basse celle du Bas-Saint-Laurent.

Les régions de l'Est-du-Québec sont parmi les moins touchées par la pandémie, même si le nombre de cas continue de progresser.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Rochette-Bériau

D’après le Dr Bonnier-Viger, les enquêtes épidémiologiques qui ont suivi cette éclosion de cas déclarés positifs à la COVID-19 en sont, 10 jours après la confirmation du premier cas, à la troisième génération de transmission.

Selon le responsable de la santé publique, à chaque génération le nombre de nouveaux cas diminue.

Comme la période d’incubation du virus peut s’étendre jusqu’à 14 jours, le Dr Bonnier-Viger estime qu’il faudra environ 28 jours avant que ne s’éteigne la propagation à partir de cet unique malade. Cela dit, la santé publique ajoute qu’elle surveille le tout très attentivement pour ne pas échapper de cas.

Même si la Gaspésie est peu densément peuplée, des milieux de travail, des immeubles à logements ou d’autres résidences pour personnes âgées peuvent devenir de nouveaux foyers d’infection.

Sans cette principale source de contamination, la progression du nombre de cas dans la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine pourrait se comparer à celle du Bas-Saint-Laurent, qui ne compte présentement que 30 cas.

Pas de transmission communautaire, mais...

La source de contamination des 27 cas non rattachés au cas index de Maria a aussi été repérée, indique le directeur de la santé publique, le Dr Yv Bonnier-Viger. Tous nos cas sont importés si on les prend à la tête. On n’a pas de cas de transmission communautaire, répète le directeur régional de la santé publique depuis plusieurs jours.

Effectivement, quand il n’est plus possible de repérer le cas premier d’une contamination et donc d’isoler tous les contacts, les cas et le nombre d’hospitalisations se multiplient. Pour le moment, la région compte cinq personnes hospitalisées.

Le Dr Bonnier-Viger explique que la progression du coronavirus en Gaspésie reste en décalage par rapport aux autres régions qui ne font pas partie des huit premières soumises à l’arrêté ministériel sur les déplacements interrégionaux.

Le médecin voudrait bien que la transmission communautaire demeure faible, voire inexistante, dans la région.

Rien n’est moins certain. Si on y arrive, on aura été très chanceux, indique-t-il. Ce serait vraiment exceptionnel si on n’en avait pas.

Environ 250 personnes sont en isolement actuellement en Gaspésie.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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