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Comment des funérailles ont pu infecter 75 % des Terre-Neuviens atteints de la COVID-19

La maison funéraire Caul sur la rue Lemarchant à St-Jean.

Près de 75 % des cas de la COVID-19 à Terre-Neuve-et-Labrador sont dus à un seul foyer d'éclosion.

Photo : Radio-Canada

Marie-Isabelle Rochon

À Terre-Neuve-et-Labrador, au moins 167 personnes ont été déclarées positives à la COVID-19 en raison d’un seul foyer d’éclosion.

Alors que le pasteur Paul Lundrigan célébrait des funérailles à la maison funéraire Caul le 16 mars dernier, jamais il n’aurait pu se douter des événements qui allaient s’ensuivre.

Travaillant quotidiennement avec des personnes âgées et plus vulnérables, le pasteur prenait déjà des mesures de distanciation sociale et évitait tout contact physique depuis le début de la pandémie.

Cette journée-là, une cinquantaine de personnes assistaient à la cérémonie, la limite imposée par le gouvernement à ce moment. Les membres de la famille se sont assis l’un à côté de l’autre, mais toutes les autres personnes ont pris des distances, les gens avaient pris conscience des mesures en place, explique-t-il.

Portrait du pasteur Paul Lundrigan.

Paul Lundrigan est pasteur pour les églises des villages de Torbay, Pouch Cove et Flat Rock près de Saint-jean.

Photo : Radio-Canada

Même si la plupart des personnes présentes ont respecté les mesures de distanciations physiques, certaines personnes n’ont pu faire autrement, selon les observations de Paul Lundrigan. Malheureusement, des funérailles sont des moments chargés d’émotions. Il est très difficile de ne pas enlacer quelqu’un, c’est instinctif, admet-il.

Une semaine plus tard, le pasteur Paul Lundrigan et plusieurs autres personnes recevaient un appel de la Santé publique leur demandant de s’isoler pendant 14 jours puisqu’ils avaient pu être en contact avec une personne infectée ayant fréquenté la maison funéraire entre le 15 et le 17 mars.

La propagation

Au fil des jours, les cas de COVID-19 liés à la maison funéraire Caul n’ont cessé d’augmenter. Plus de 167 personnes ont été déclarées positives à cause de ce foyer d’éclosion et un homme en est décédé.

Familles, amis et collègues de ceux qui ont visité la maison funéraire ont aussi été affectés. C’est ce qui a particulièrement inquiété Craig Dyer, qui a visité l'établissement avec 12 autres collègues de Postes Canada. Ses collègues et lui ont dû s’isoler pendant 14 jours. C’était un moment stressant, j’ai une femme et trois enfants, je me demandais ce que cela voulait dire pour moi, mais aussi pour mes amis et collègues, raconte M. Dyer.

Le bureau principal de Postes Canada sur la route Kenmount à Saint-Jean a d’ailleurs dû fermer ses portes pendant une semaine après qu’un employé ayant fréquenté la maison funéraire Caul a été déclaré positif à la COVID-19. Un total de sept employés des postes ont contracté le virus.

Portrait de Craig Dyer.

Craig Dyer travaille chez Poste Canada. Contrairement à plusieurs de ses collègues, il n'a pas contracté la COVID-19 après être allé à la maison funéraire Caul mais il s'est isolé pendant 14 jours

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Craig Dyer, qui est aussi représentant syndical du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes, est désormais de retour au travail, mais cette période a suscité chez lui beaucoup d’anxiété. On a des masques, du désinfectant, des gants [...] on change la manière de livrer les colis et les lettres, explique-t-il.

Des données partielles

Les cas de COVID-19 liés directement ou indirectement à la maison funéraire Caul représentent 75 % du total des cas dans la province.

Le ministre de la Santé, John Haggie, soutient qu’il est pour le moment difficile d'établir un scénario réaliste de la propagation de la COVID-19 dans la province, puisqu’une très grande concentration de cas est due au même foyer d’éclosion.

Une affirmation que défend aussi le professeur en épidémiologie, James Valcour. Les cas viennent majoritairement d'un seul événement qui s'est déroulé avant les mesures d'isolement actuelles, explique-t-il. Nous sommes la seconde province avec le nombre de cas le plus élevé par 100 000 habitants, mais la comparaison n’est pas la plus juste, souligne-t-il. Il est encore difficile de comprendre à quel point la transmission communautaire est importante ou non.

Selon James Valcour, le cas du foyer d’éclosion de la maison funéraire Caul est aussi un parfait exemple de l’importance des mesures d’isolement et de distanciations sociales qui sont mises en place présentement. Une seule personne ou un très petit nombre d’individus ont enclenché ce très gros foyer d’infection, explique-t-il.

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