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Violence conjugale : les refuges s'inquiètent d'une baisse de la demande

Une jeune femme vit une grande détresse, dans une pièce peu éclairée.

Les refuges pour victimes de violence conjugale du Manitoba reçoivent moins d'appels de femmes cherchant un lieu sûr depuis que le premier cas de COVID-19 est apparu.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Les refuges pour victimes de violence conjugale du Manitoba reçoivent moins d'appels de femmes cherchant un lieu sûr depuis que le premier cas de COVID-19 est apparu dans la province, mais les travailleurs de première ligne affirment que le problème ne disparaîtra pas, malgré les mesures d'éloignement social.

L'Association des refuges pour femmes du Manitoba (Manitoba Association of Women's Shelters) constate cette tendance à l'échelle de la province, alors qu’il s’agit d’un secteur plus habitué à connaître un manque de places généralisé.

C'est difficile pour ces femmes et ces hommes, pour quiconque subit des violences, parce qu'ils sont isolés avec leur agresseur. Donc, ils peuvent même ne pas être autorisés à utiliser le téléphone, et s'ils font un appel, ils sont probablement surveillés, affirme Deena Brock, coordonnatrice provinciale de l’association.

Nous craignons simplement qu'il y ait moins d'appels et que nous ayons des espaces vacants.

En date du 21 mars, selon Deena Brock, de nombreux refuges étaient pleins, soit un peu plus d’une semaine après que les premiers cas de COVID-19 eurent été recensés au Manitoba, suivis par des appels croissants de responsables gouvernementaux à rester chez soi pour limiter la propagation du nouveau coronavirus.

Aujourd'hui, de nombreux abris contre la violence domestique - qui fournissent de la nourriture, un logement et un soutien en cas de crise pendant plusieurs semaines - ont plus de places libres qu'auparavant, affirme Deena Brock.

Une baisse dans tous les refuges

La capacité des victimes à saisir cette minute de temps libre qui peut leur permettre de passer un coup de téléphone peut être perdue, car elles n’ont plus de moment où elles sont seules, dit Kim Fontaine, directrice générale d'Ikwe Widdjiitiwin, un refuge pour femmes et familles autochtones victimes de violence domestique.

Ikwe dispose généralement de 8 chambres, soit 35 places au total. Avant les recommandations d'éloignement physique, plusieurs chambres pouvaient accueillir une famille.

Mardi, deux chambres familiales et une chambre pour une personne étaient libres, ce qui, selon Kim Fontaine, n'est pas courant.

Elle suppose que les messages de la santé publique exhortant les gens à rester à la maison sont entendus dans les familles qui vivent des situations de violence domestique.

C'est évidemment préoccupant, car nous sommes pleinement conscients que cela n'a pas cessé, dit-elle. La possibilité de passer cet appel téléphonique n'existe peut-être plus.

Les refuges s'attendent à une forte hausse des appels après la crise

Au refuge Willow Place, à Winnipeg, 9 des 17 chambres sont libres.

Ça fait des années que cela n’est pas arrivé, assure Marcie Wood, la directrice générale. Nous sommes pleins habituellement, la plupart du temps.

La situation est la même à l’extérieur de la capitale manitobaine. À Winkler, Genesis House a vu une baisse de la demande de 20 %, selon la directrice générale, Angela Braun.

Cette dernière ajoute qu'il n'est pas rare que le refuge ait une ou deux chambres libres, mais trois chambres étaient inoccupées ces dernières semaines. Le nombre d'appels s'est également effondré.

Tous les refuges s’attendent à une forte hausse des appels dès que les mesures de distanciation sociale seront assouplies.

Mardi matin, des représentants de groupes communautaires et de refuges ont participé à un appel avec des responsables du programme provincial de prévention de la violence familiale et du ministère de la Condition féminine.

Tous ont convenu qu'il était urgent de faire passer le mot et d'informer les personnes dans le besoin que les abris sont toujours ouverts, selon Deena Brock.

Les gens ont besoin d'entendre ce message parce que, une fois que les mesures de distanciation sociale commenceront à se relâcher un peu, ils chercheront de l'aide.

Avec des informations de Bryce Hoye

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