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Le masque non médical est-il nécessaire?

Une image d'Ana Bedard, la fondatrice de l'atelier bibliomode, un masque artisanal à la main.

Ana Bedard, la fondatrice de l'atelier Bibliomode situé à Moncton, créée des masques artisanaux.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Trois semaines après l’accélération de la crise de coronavirus au pays, l’Agence de la santé publique du Canada suggère maintenant à tous de porter un masque non médical.

L’Agence précise toutefois que cette recommandation n’est qu’une mesure additionnelle et qu'elle ne remplace en aucun cas les autres mesures préventives. Le port du masque n’a pas comme fonction de protéger celui qui le porte, mais plutôt de protéger son entourage.

Le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada, soutient qu’il ne faut pas donner un faux sens de sécurité aux gens, il ne faut pas que les gens se disent : “Ah, si je porte un masque, ce n’est pas nécessaire de pratiquer l’éloignement physique, de se laver les mains et tout ça.”

Pictogrammes représentant : vérifier la température corporelle, ne pas se mettre les doigts dans le visage, se laver les mains, aérer les pièces, éviter les foules.

Respectez les mesures de distanciation physique, ne vous mettez pas les doigts dans le visage, lavez vos mains, toussez dans votre coude, surveillez l'arrivée des symptômes (toux, fièvre, difficultés respiratoires), évitez les déplacements non essentiels.

Photo : Iconfinder

Il est aussi important pour les citoyens de faire la distinction entre le masque artisanal et le masque médical. La Dre Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, rappelle que les masques chirurgicaux doivent impérativement être réservés au personnel soignant ou exposés aux malades. Ayant vu dans une épicerie et une pharmacie des citoyens porter le masque médical, elle s’est dite très inquiète que les gens commencent par des moyens X, Y, Z à se procurer des masques qui devraient être réservés aux travailleurs de la santé.

Des mises en garde en Atlantique

Les médecins hygiénistes en chef des quatre provinces atlantiques ont eux aussi tenu à rappeler qu'il s'agit seulement d'une mesure additionnelle de protection qui ne remplace pas l'éloignement physique.

Selon la médecin hygiéniste en chef de l'Île-du-Prince-Édouard, la Dre Heather Morrison, porter un masque a le même effet que de tousser dans son coude.

La Dre Janice Fitzgerald à Terre-Neuve-et-Labrador a aussi précisé mardi que la province n’oblige pas le port du masque. Nous n’obligeons pas les gens de le faire, mais les gens peuvent le faire s’ils veulent être proactifs et veulent protéger les gens autour d’eux, explique-t-elle.

Le Dr Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, suggère que le port d’un masque non médical est une bonne mesure de sécurité supplémentaire quand la distanciation physique est difficile, parce qu’il est prouvé qu’il peut réduire le risque de propagation des gouttelettes.

Au Nouveau-Brunswick, la médecin hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, mentionne elle aussi qu’il s’agit d’une petite mesure parmi tant d’autres qui vise à protéger les autres.

C’est pour les gens asymptomatiques ou pour ceux qui ne sont pas encore au courant [qu'ils sont] infectés, expose-t-elle.

Pourquoi maintenant et pas avant?

Comme l’information liée au virus est en constante évolution, les mesures préventives s’y rattachant peuvent aussi accroître. De plus en plus, il y a des articles scientifiques qui nous disent que le virus, le coronavirus se répand en aérosol aussi. Donc une fois qu’il sort du corps ou de la bouche de la personne infectée il peut être jusqu’à trois heures dans l’air. Jusque-là, on [disait] qu'on peut l’expulser en toussant, en crachant ou en éternuant, donc c’est pour ça qu’on voulait que les gens respectent une certaine distance de un à deux mètres et maintenant, on dit qu’il reste dans l’air aussi, explique Nima Machouf, épidémiologiste et chargée d'enseignement de clinique à l'École de santé publique.

un masque médical.

Les masques médicaux sont réservés aux personnels soignants.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Il est à noter qu’on peut transmettre le virus avant de le développer et que les individus asymptomatiques peuvent tout de même contaminer autrui. Dans tous les cas, le masque empêche d’expulser les sécrétions buccales.

Pour ceux qui souhaitent fabriquer leur propre masque, énormément de patrons sont disponibles en ligne. Le site de l’Agence santé canadienne donne d'ailleurs plusieurs indications sur cette nouvelle mesure.

Quelques conseils pour la fabrication de masque artisanaux

  • Essayer de faire un ajustement facial très serré.
  • Privilégier les tissus qui ne gardent pas l’humidité, comme le coton.
  • S'assurer que le matériel utilisé est épais.
  • Coudre un filtre à café à l’intérieur pour une protection supplémentaire.
  • Le masque doit vous permettre de respirer librement.
  • Le masque doit être lavable.

Le port du masque non médical est recommandé dans les transports en commun, à l’épicerie et au travail, si l’on est un travailleur essentiel.

Avec les informations de Rose St-Pierre

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