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Divulgation des cas de COVID-19 aux Îles : statu quo malgré une pétition

Vue des berges de Cap-aux-Meules et de l’hôpital.

Le nombre de personnes infectées par la COVID-19 aux Îles-de-la-Madeleine demeure inconnu car le bilan régional est fusionné avec celui de la Gaspésie. (archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad

Bien que plus 4200 personnes aient signé une pétition pour demander deux bilans distincts des cas positifs de COVID-19 en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, la Direction régionale de santé publique de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine reste sur sa position.

Les milliers de signataires de la pétition virtuelle, à l’instar des élus madelinots, demandent de ventiler le bilan régional en deux sous-régions, dans le but d'avoir une meilleure idée de la propagation du virus en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, deux territoires géographiquement distincts.

La Madelinienne Tania Cyr, résidente de Havre-aux-Maisons, est l'une des instigatrices de la pétition lancée le 31 mars.

Photo de Tania Cyr

Tania Cyr, 27 ans, a lancé la pétition en ligne en collaboration avec deux autres Madeliniennes.

Photo : Avec l'autorisation de Tania Cyr

On fait partie de la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, note Mme Cyr, sauf qu'en réalité, on reste sur une île! Il n'y a aucun d'accès direct avec la Gaspésie, il y a un fleuve qui nous sépare, donc on trouve que les cas aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie n'auraient pas lieu d'être mis ensemble, on voudrait que la réalité soit reflétée ici.

On veut savoir c’est quoi la crise aux Îles. On veut savoir on en est rendus où ici dans cette pandémie parce qu’on n'a aucun contact avec la grande terre.

Tania Cyr, instigatrice de la pétition

Tania Cyr précise que, contrairement à d’autres demandes et pétitions qui circulent, sa volonté n’est pas d’obtenir des chiffres par MRC ou par municipalités.

On veut seulement savoir le nombre de cas global aux Îles-de-la-Madeleine, note-t-elle. On ne veut pas savoir par village ou par adresse pour sortir les gens de l’anonymat. On veut juste avoir l’heure juste, un portrait réaliste de la situation pour les Îles.

Selon elle, l’exercice ne vise pas à relâcher la vigilance des Madelinots, dans l’optique où peu de cas seraient confirmés, mais plutôt d’apaiser les craintes de certaines personnes et d’avoir une meilleure idée de l’efficacité des mesures de distanciation physique dans l’archipel.

Si on a beaucoup de cas, ajoute Tania Cyr, peut-être que certaines personnes vont davantage réfléchir et d’arrêter d’aller visiter en cachette certaines personnes. Je pense qu’on a plus de bienfaits à avoir l’heure juste, que le contraire.

Le directeur régional persiste et signe

Cette mobilisation ne change pas l’avis du directeur régional de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Dr Yv Bonnier-Viger. Depuis le début de la pandémie, il refuse de ventiler les données en sous-régions pour éviter que les personnes atteintes ne soient identifiées et stigmatisées.

Je comprends la demande des Madelinots, répond Dr Bonnier-Viger, mais les Îles-de-la-Madeleine représentent l’une des sous-régions les moins peuplées. Le même phénomène de rupture de confidentialité risque d’arriver si, à chaque fois qu’il y a un nouveau cas, on départage entre la Gaspésie et les Îles.

Je ne comprends toujours pas, moi, personnellement qu’est-ce que ça va donner de plus? La population sait qu’il y a de la COVID-19 aux Îles et applique les mesures de distanciation sociale. Qu’est-ce que ça ferait de plus de savoir que le prochain cas est aux Îles ou d’ailleurs?

Dr Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de la Santé publique, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de la santé publique, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada

Je n’arrive pas à comprendre personnellement, répète Dr Bonnier-Viger. Le jour où quelqu’un pourra bien me l’expliquer, peut-être que je pèserai la balance entre une rupture de confidentialité possible avec les dommages qu'on connaît et qu’on a déjà vus, et cette possibilité.

Pour l’instant, la Direction de la santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a seulement confirmé trois cas positifs à la COVID-19 dans l’archipel madelinot, puisqu’il s’agissait de membres d’une même famille.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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