•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une famille jonquiéroise amarrée en Guadeloupe

La famille Gagné-Tremblay de Jonquière est confinée sur son bateau en Guadeloupe, mais trouve tout de même le moyen d'avoir du plaisir.

Photo :  courtoisie

Radio-Canada

En levant les voiles en juillet dernier, la famille Gagné-Tremblay, de Jonquière, a choisi de vivre le confinement à l’année. Ses membres ne se doutaient pas, toutefois, qu’une crise planétaire les empêcherait carrément de toucher la terre ferme.

La famille, qui compte trois enfants d’âge scolaire et un chien, a dû jeter l’ancre dans les Antilles lorsque les frontières ont été fermées.

Le voilier des Gagné-Tremblay est amarré en Guadeloupe depuis trois semaines. S’il y a pire endroit pour vivre une situation de confinement, la clan doit tout de même passer tout son temps à bord.

Notre routine reste quand même la même. C’est vraiment l’école le matin, l’après-midi c’est les temps libres comme la baignade, les dessins, l’écriture. Tout ce que ça change, c’est qu’on ne peut pas aller au sol, on ne peut pas aller visiter les beautés de la Guadeloupe. Mais on continue à passer du temps sur le bateau. On s’amuse, raconte Simon Gagné au cours d’une entrevue accordée par l’entremise d’Internet depuis le Segue III.

Nécessairement, la famille vivait déjà une situation de confinement volontaire et ses membres se sont habitués à vivre côte à côte dans un espace restreint.

Des enfants et des ballons d'anniversaire.

Maélie a célébré son 13e anniversaire à bord du navire en septembre.

Photo :  courtoisie

Ça fait partie de l’aventure, on s’adapte. C’est toujours plus facile d’accepter ce qui nous arrive que de le refuser. De toute manière, on n’est pas mal pris, on est dans un super bel endroit. Et on se rendait compte qu’un an, c’est tellement court, note Marie-Lou Tremblay.

On est chanceux parce qu’on était déjà habitués à ce mode de vie. Si ça continue, on va faire avec. C’est peut-être pour ça qu’on le prend aussi bien. On était adaptés à ce mode de vie.

Simon Gagné, père de famille et voyageur

Le vent a tourné

Quand l’équipage a levé les voiles au quai de La Baie en juillet dernier pour un périple d'un an en mer, il ne s’attendait pas à ce que le vent tourne au bout de quelques mois.

Les deux premières semaines ont été plus dures parce qu’on n’avait pas d’Internet. On n’avait accès à rien. On aurait aimé avoir un peu plus d’information […]. Et avec le retour d’Internet, ça nous a rentré dedans. On a vu l’ampleur que ça a. On se considère chanceux. On est dans une belle place pour le vivre, philosophe Marie-Lou Tremblay.

Le Segue III amarré dans un port.

Le Segue III a quitté La Baie en juillet dernier pour un périple d'un an.

Photo :  courtoisie

Tous sont dans le même bateau, au sens propre comme au sens figuré, et doivent vivre cette situation en groupe, même si le couple trouve parfois difficile d’être tenu loin de ses proches.

On comptait les semaines parce qu’on savait qu’on allait voir nos proches bientôt. Ça a changé et c’est plus difficile à accepter, mais quand on pense à ceux qui sont atteints et à l’hôpital, on se console. C’est surtout depuis le retour de l’Internet qu’on a eu un peu un choc médiatique. Ça nous a rentré dedans parce qu’on était vraiment déconnectés, poursuit le père de famille.

C’est un inversement des rôles. Depuis le début de notre voyage, nos parents étaient inquiets pour nous. Avec cette histoire-là, c’est nous qui étions plus inquiets pour eux.

Marie-Lou Tremblay, mère de famille et voyageuse

En date du 6 avril, la Guadeloupe comptait 139 cas et sept décès attribuables au coronavirus.

Simon Gagné n’est autorisé à terre qu’une ou deux fois par semaine pour ravitailler la famille. Le petit cocon qui s’est formé sur le voilier se sent tout de même à l’abri des intempéries.

Une maman qui fait l'école à ses deux enfants.

Les apprentissages se poursuivent à bord du bateau.

Photo :  courtoisie

Le fait que les écoles du Québec soient fermées au moins jusqu’au 4 mai fournit encore plus d’espoir aux trois moussaillons et à leurs capitaines. Les apprentissages se poursuivent à bord. Les enfants maintiennent le cap et continuent d’assimiler leur programme scolaire.

Maëlie, qui a célébré son 13e anniversaire en septembre, et ses frères Thomas, 12 ans, et Olivier, 10 ans, échangent parfois avec leurs amis, cousins et cousines qui se trouvent au Québec. Les conversations demeurent cependant éparses en raison de la rareté des moyens de communication

C’est en partie pour cette raison que les Tremblay-Gagné ont créé une page Facebook. Elle leur permet de garder proches et amis informés des hauts et des bas de la vie sur le Segue III, où la débrouillardise et l’imaginaire sont sollicités en cette période de confinement.

Marie-Lou Tremblay et Simon Gagné ont d’ailleurs recommandé à leur progéniture de tenir un journal de bord et de consigner leur quotidien dans des cahiers.

Alors que la perspective d’une pause estivale au Québec semble aujourd’hui partir à la dérive, les aventuriers voient maintenant poindre, à l’horizon, une deuxième année en mer.

D'après le reportage de Catherine Paradis

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Saguenay–Lac-St-Jean

Voyage