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COVID-19 : un plateau prévu « autour » du 18 avril au Québec

La santé publique entrevoit qu'au plus fort de la crise, au moins 1400 personnes seront hospitalisées.

Le Dr Massé en conférence de presse.

L'ex-directeur national de santé publique Richard Massé a été réembauché à titre de conseiller médical stratégique par le Dr Horacio Arruda.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Direction de la santé publique a dévoilé mardi les scénarios sur lesquels elle se fonde pour prévoir l’évolution de la pandémie de COVID-19 au Québec. Les experts anticipent de 1263 à 8860 décès d’ici la fin du mois, mais s'attendent aussi à une stabilisation du nombre d’hospitalisations peu après la mi-avril, après quoi une décroissance devrait être observée.

Le Portugal et l’Allemagne ont été retenus pour établir un scénario plus optimiste (scénario A). Le scénario pessimiste a été fait en comparaison avec l’Italie, où la maladie a fait des ravages considérables (scénario B).

Dans le scénario A, au 30 avril, le Québec atteindrait les 29 000 cas cumulés positifs de COVID-19, avec près de 1300 morts. Le sommet des hospitalisations serait atteint autour du 22 avril avec 1400 malades sur civière, dont près 500 aux soins intensifs.

Dans le scénario B, au 30 avril, près de 60 000 personnes auraient été infectées par le coronavirus; parmi elles, 8860 en seraient décédées. À la mi-avril, on compterait plus de 3000 hospitalisations, dont 1000 aux soins intensifs. Cette situation serait problématique, puisqu'à l'heure actuelle, le Québec ne dispose que de 633 lits pour traiter ce genre de cas.

Le scénario B – qui serait extrêmement difficile, [voire] pénible, selon le conseiller médical stratégique de la Direction nationale de santé publique, Richard Massé – semble toutefois exclu pour le moment.

La comparaison avec les scénarios optimistes, c'est quand les gens interviennent rapidement. Ça, c'est le premier facteur. Et on est intervenus très rapidement.

Richard Massé, conseiller médical stratégique

Le cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, affirme par ailleurs que le système de santé pourrait s'adapter sans problème aux besoins advenant que le nombre de lits actuellement disponibles aux soins intensifs ne soit pas suffisant pour répondre à la demande.

Le pic dans une ou deux semaines

Bien qu'il soit extrêmement difficile – selon les termes employés par le Dr Massé – de déterminer précisément quelle sera la situation future, un croisement des scénarios A et B permet aux experts d'entrevoir l'atteinte d'un plateau des hospitalisations « autour » du 18 avril au Québec.

Une fois ce plateau franchi, il sera possible de songer à un éventuel relâchement des mesures de confinement, admet-il.

Mais il faudra procéder progressivement, tant du point de vue social que du point de vue économique, rappelle le Dr Massé, en soulignant que les Québécois devront faire preuve d'une grande discipline, sans quoi la courbe de contamination pourrait remonter.

On ne fera plus les choses comme avant, prévient-il. Dans certains secteurs, dans certaines activités, il va falloir que la notion de distanciation soit présente.

Détaillé plus tôt dans l'après-midi, le bilan de la COVID-19 au Québec fait état de 9340 cas recensés, dont 150 décès. À l'heure actuelle, 583 personnes sont hospitalisées, dont 164 aux soins intensifs.

COVID-19 : les projections de Québec

François Legault absent

Le premier ministre François Legault avait dit, lors de son point de presse quotidien, qu’il ne prendrait pas part à la présentation des projections, en expliquant qu'il ne souhaitait pas s'ingérer de manière politique dans des scénarios basés sur la science.

Conscient que la présentation d’un scénario pessimiste peut être « inquiétante », il avait toutefois demandé à la population et aux médias de ne pas s'alarmer en voyant le nombre de décès dans ces projections.

Le gouvernement Legault subissait de plus en plus de pression pour publier des prévisions, après la publication des données de l'Ontario.

Lundi, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, avait fait part des réticences de ses propres chercheurs, tandis que M. Legault avait insisté sur le fait que son devoir, en tant que chef de gouvernement, était de pousser les experts à donner un maximum d’information.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec

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