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Enceintes pendant la pandémie

Des femmes de l’Abitibi-Témiscamingue ont accepté de nous raconter comment elles vivent cette période de changements.

Un bébé naissant dort sur la poitrine de sa mère.

La petite Agathe a vu le jour le 3 avril, en pleine pandémie.

Photo : gracieuseté

Se préparer à la naissance d’un enfant pendant la pandémie de COVID-19, c’est penser aux nombreuses restrictions dans les hôpitaux et cliniques, trouver les objets nécessaires pour garnir la chambre du bébé alors que de nombreux magasins sont fermés et surtout, se préparer à repousser les présentations à la maison entre le nouveau-né et la famille.

Julie Dugré attend son troisième enfant. À 36 semaines de grossesse, elle sait qu’elle devra attendre avant de réunir sa famille. Ses deux filles n’habitent plus dans la maison familiale et l’une d’entre elles habite à Montréal. Je trouve ça un peu plus bouleversant de ne pas pouvoir avoir mon clan autour de moi, de ne pas pouvoir rassembler une famille immédiate autour de moi rapidement après l’accouchement, je trouve ça un petit peu plus difficile, mais en même temps on fait ça pour la santé de bébé et des autres membres de la famille, assure-t-elle.

Elle essaie de voir les bons côtés de la situation et apprécie le temps qu’elle a avec son conjoint, qui ne travaille pas ces jours-ci. On aura le temps d’apprivoiser cet enfant-là et notre rôle de parent ensemble dans une bulle plus étanche qu’à la normale.

Une femme enceinte sourit à la caméra, soutenant son ventre.

Julie Dugré attend son troisième enfant.

Photo : gracieuseté

Elle attend encore des pyjamas pour nouveau-né qui doivent arriver par la poste. On s’est aussi dit, on vit avec et ce sera une anecdote de la pandémie, la naissance de notre fille dans le contexte de la COVID-19, elle sera habillée un petit peu grand à sa sortie d’hôpital et c’est bien correct, raconte Julie Dugré en riant.

Trouver et acheter les articles manquants est aussi difficile pour Kathy Tremblay. Le 1er mars, la famille et les amis des futurs parents se sont réunis pour leur offrir des cadeaux et célébrer la venue de leur premier enfant. Cette journée n’aurait pas été possible quelques jours plus tard.

J’essaie de me dire que je ne peux pas contrôler grand-chose en ce moment, affirme Kathy Tremblay.

Elle s’attend à ce que des mesures restrictives soient encore en place lors de sa date prévue d’accouchement à la fin du mois de mai. C’est sûr que ma famille vient du Lac-Saint-Jean et ma mère était supposée venir tout de suite après l’accouchement et là avec les frontières, si je peux m’exprimer comme ça, qui sont coupées, elle ne pourra pas venir tout de suite à moins que ça change. C’est dommage, déplore-t-elle.

Amélie Barbe est aussi enceinte de son premier enfant, un petit garçon prévu pour le début du mois de juin.

Un couple pose dans un parc l'hiver, l'homme derrière la femme, tous deux tenant son ventre de femme enceinte.

Amélie Barbe et Rémi Dion attendent leur premier enfant au début du mois de juin.

Photo : gracieuseté

Toutes les premières étapes me stressent un peu, dit-elle. On s’était fait un plan avec les cours prénataux, avec l'accompagnement à la naissance et là on se rend compte que tout est en train de prendre le bord un peu. C’est sûr qu’on essaie de trouver des ressources à gauche à droite et en ligne. Actuellement, on n’a plus de cours prénataux, les rendez-vous avec le médecin se font par téléphone et heureusement, on a encore un suivi de grossesse, dit-elle.

Pour l’instant, les futurs parents ont peu de matériel pour garnir la chambre de leur bébé. Avec son conjoint, elle hésite à acheter des choses usagées. On a pensé mettre le matériel en quarantaine en attendant. Ce sont des choses auxquelles on a beaucoup réfléchi, mais on n’est pas tout à fait à l’aise avec le concept. On attend que les commerces rouvrent pour pouvoir au moins acheter le matériel neuf. Sinon on devra s’arranger ou peut-être demander à des amies nouvellement maman qui ont du matériel qui pourrait nous aider, que ça nous stresse un peu moins de prendre leur matériel, par exemple.

Amélie Barbe pense aussi que l’accompagnement de la famille fait une grande différence lors de l’arrivée d’un enfant. C’est sûr que mon père me dit tout le temps “ J’aimerais ça pouvoir être là pour les derniers moments, j’aimerais ça vous aider.” Bien ce sera une prochaine fois papa, on se reprendra, raconte-t-elle. Au lieu de faire un shower, au lieu de faire un accompagnement comme ça en début de nouvelle vie, on fera un party “Bienvenue bébé” quand ce sera le temps!

Présence d’une personne significative à l’accouchement

La directrice des services professionnels et de l’enseignement universitaire du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT), Dre Annie Léger, a confirmé jeudi dernier qu’une personne significative est autorisée à assister aux accouchements dans les hôpitaux de la région.

Les femmes à qui nous avons parlé s’attendent à ce que le père de leur enfant puisse y assister, mais craignent d’autres restrictions d’ici là.

Une femme tient son ventre de femme enceinte, souriant à la caméra.

Kathy Tremblay commence sa 33e semaine de grossesse.

Photo : gracieuseté

Nous on respecte les mesures gouvernementales. On aimerait que tout le monde le fasse. Le gouvernement a dit cette semaine que les conjoints pourront être présents, mais on ne voudrait pas que ça change. Tout peut changer d’ici la fin mai, affirme Kathy Tremblay, qui devrait accoucher à la fin du mois de mai.

Il y a des journées où c’est moins facile que d’autres, où je suis plus émotive et où je trouve ça plus stressant. Par exemple, quand mon conjoint doit sortir, j’ai toujours peur qu’il puisse attraper le virus et que ça ait des conséquences sur sa présence à mon accouchement ou même sur moi, affirme Julie Dugré.

Marie-Pier Dupuis et son conjoint ont pu rencontrer leur petite Agathe le 3 avril. Les mesures mises en place à l’hôpital ont rassuré le couple. À leur arrivée, ils ont dû répondre à plusieurs questions en lien avec le coronavirus. La deuxième journée, il y avait une nouvelle mesure, les infirmières enceintes devaient se protéger quand elles venaient dans notre chambre avec le masque, la chemise, les gants et tout ça. C’est la seule chose qu’on a vue, mais en maternité, c’était assez facile de vivre comme si de rien n’était.

Une femme tient son fils d'un bras, son bébé de l'autre, assise avec un coussin d'allaitement, pendant que le grand frère tient le biberon de sa petite soeur.

Marie-Pier Dupuis a donné naissance à sa fille Agathe le 3 avril.

Photo : gracieuseté

Lors de ses derniers suivis de grossesse avant l’accouchement, elle devait se rendre seule à la clinique. Elle se compte chanceuse d’avoir pu être accompagnée du père de son enfant pour les rendez-vous précédents, dont les échographies. C’est certain que ça aurait été un peu crève-coeur que mon conjoint ne puisse pas être là pour voir l’évolution du bébé, dit-elle.

Ils avaient déjà un fils et ce sont les parents de Marie-Pier qui se sont occupés de lui pendant le séjour à l’hôpital. Vu que ma mère a été en contact avec mon fils, elle est revenue à la maison et elle va passer une semaine avec nous sans sortir. Nous on est vraiment cloîtrés à la maison, les seules sorties qu’on fait c’est pour les urgences comme aller à la pharmacie, décrit-elle.

Pour respecter les mesures de distanciation sociale, sa soeur a rencontré le nouveau-né à travers une vitre. Ce sont les sacrifices qu’il faut faire pour enrayer [le virus] le plus rapidement possible, conclut Marie-Pier Dupuis.

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Abitibi–Témiscamingue

Santé publique