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Acheter gaspésien : il y a un réveil et il faut en profiter, selon le chef Yannick Ouellet

Trois bouteilles de sirop d'érable remplies.

Sirop d'érable de l'Érablière Escuminac située en Gaspésie

Photo : Facebook: Érablière Escuminac

La crise de la COVID-19 provoque un engouement inespéré pour l'achat local en Gaspésie. De l’avis du chef et entrepreneur Yannick Ouellet, il faut profiter de cette impulsion pour consolider le marché local de façon solide et durable. 

Habituellement pointé du doigt comme obstacle au commerce local, l'achat en ligne devient un allié des producteurs locaux en cette période de confinement. Le gouvernement Legault lançait avec succès la semaine dernière le Panier bleu, qui regroupe les entreprises québécoises et invite le public à acheter québécois.

L’organisme Baie des saveurs, qui regroupe des producteurs locaux dans la Baie-des-Chaleurs, disait avoir connu sa meilleure journée de ventes en 21 ans, jeudi dernier.

Des carottes, des betteraves, des patates douces et des panais.

Pour manger local actuellement, il faut choisir les légumes racines qui sont encore bien conservés.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Bouchard

Jusqu'à tout récemment Carl Pelletier, de Couleur Chocolat de Sainte-Anne-des-Monts, croyait rester avec de grandes quantités de chocolat de Pâques sur les bras. Tout à coup, son commerce est en pleine effervescence.

Trois cocos en chocolats.

Chef d’œuf, Couleur Chocolat

Photo : Courtoisie

Je produis du chocolat aujourd’hui et ce n’était pas du tout dans mes plans clients, s’étonne-t-il. J’ai mes clients  gaspésiens, mais j’ai plein de commandes de Montréal, Québec, Gatineau! J’ai l’impression que tout le monde qui est venu nous visiter l’été passé veut notre chocolat pour Pâques.

Cet élan fait germer diverses initiatives visant à stimuler l’achat local. Par exemple, la Traversée de la Gaspésie (TDLG) invite le public à une TDLG virtuelle où des personnalités donnent leurs recettes intégrant des produits gaspésiens.

Coquilles Saint-Jacques.

La nutritionniste Hélène Laurendeau propose sa recette de coquilles Saint-Jacques avec des pétoncles gaspésiens

Photo : page Facebook TDLG

Inspirée par la Bolduc, l’artiste Sylvie Gallant a composé un hymne au commerce local. Dans le cadre d’un concours, elle invite les gens du public à se filmer en turlutant.

Le vieux rêve d’une Gaspésie autosuffisante

Cette crise a réveillé le Québec et j’en suis très heureux, affirme Yannick Ouellet de Sainte-Anne-des-Monts, qui est aussi propriétaire de la boutique en ligne Croquez la Gaspésie. Il dit tenir ce discours depuis 20 ans. Il se réjouit de voir cette occasion de réaliser ce vieux rêve d’une Gaspésie autosuffisante, le plus possible du moins.

Il y a un réveil qui se fait et ça va exactement dans le sens que j'espérais depuis longtemps, confie-t-il. Je ne vends pas juste des produits, je vends de la fierté!

Il explique qu’il y a beaucoup d’initiatives et de créativité qui se déploient actuellement, mais qu’il faut être vigilants.Tout le monde se lance sur le web et veut en profiter, remarque-t-il. Mais il faudra voir ce qui va ressortir, ce qui va durer.

Le chef Yannick Ouellet

Le chef Yannick Ouellet

Photo : Radio-Canada

Là, le créatif du Québécois sort, observe-t-il. Il va y avoir une période un peu brouillonne et après, ça va se raffiner. Si on veut plus d’autonomie alimentaire pour la Gaspésie, pour le Québec, on va être obligés de faire du maillage avec les autres régions.

Il va falloir travailler en équipe et abattre les frontières entre les régions pour devenir un Québec gourmand plutôt que juste des régions séparées.

Yannick Ouellet, chef et propriétaire de boutiques de produits alimentaires

Les bonnes vieilles méthodes 

Des cornichons de kombu et des épices à base d'algues servent de condiment dans un steak tartare.

Les algues de la Baie-des-Chaleurs servent à préparer des condiments originaux comme une relish ou encore des épices à tartare.

Photo : Radio-Canada

Yannick Ouellet prône un certain retour aux méthodes traditionnelles pour augmenter l'autonomie alimentaire.

Si on avait développé (ou conservé) notre instinct d’acheter local, il y aurait des caveaux pleins de patates, de navets, de carottes et d'oignons comme tout le monde avait avant, estime-t-il. Baie des saveurs, c’est tout à fait ça. C’est l’exemple à suivre.

On ne devrait pas revenir à l'ancienne, mais prendre le modèle ancestral et le mettre au goût du jour, être autonomes chez nous et produire ce qu’on est capables de faire.

Yannick Ouellet, chef et propriétaire de boutiques de produits alimentaires

Yannick Ouellet se dit fier d’avoir pu garder son commerce ouvert en temps de crise, en tant que service essentiel, et d’avoir pu garder tout son personnel au travail. On s'est organisés, dit-il. 

Sylvie Gallant

Sylvie Gallant

Photo : Courtoisie: Sylvie Gallant

La turlutte de Sylvie Gallant va tout à fait dans le même sens. Elle partage l'enthousiasme de Yannick Ouellet. Je prie, je clame depuis une trentaine d’années pour l'achat local, dit-elle. La mondialisation m’a toujours fait peur, surtout pour l’alimentaire. Il va sortir du très bon de la crise, la créativité des gens surtout.

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