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Pas de « hausse spectaculaire » de la consommation d’alcool malgré le confinement

Verre de whisky avec des glaçons.

La grande majorité des Québécois n'a pas augmenté sa consommation d'alcool, selon un sondage de la firme CROP.

Photo : iStock

Les mesures de confinement imposées à la population pour freiner la propagation de la COVID-19 n’ont pas entraîné de changement extrême dans les habitudes de consommation d’alcool des Québécois jusqu’ici.

C’est du moins ce que suggèrent les résultats d’un sondage réalisé par la firme CROP pour le compte d’Éduc’alcool. L'enquête révèle que la grande majorité des répondants québécois (82 %) n’a pas augmenté ou a même réduit sa consommation d’alcool.

Ces résultats réjouissent le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, qui avait anticipé une hausse beaucoup plus marquée, comme cela a été le cas en Australie, aux États-Unis et dans certains pays européens.

Nous nous attendions à une augmentation spectaculaire de la consommation d’alcool et on a constaté qu’on s’était vraiment trompés dans notre évaluation, confie M. Sacy en entrevue à Radio-Canada.

Les résultats du sondage, administré par CROP, reposent sur 1412 réponses recueillies les 4 et 5 avril 2020. Les répondants ont été recrutés par le biais d’un panel web. Le questionnaire comprenait une quinzaine de variables.

Source : Éduc’alcool

Hubert Sacy en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool

Photo : Radio-Canada

Près d’un répondant sur cinq (18 %) affirme néanmoins avoir consommé davantage d’alcool depuis le début du confinement : 15 %, un peu plus, et 3 %, beaucoup plus.

Consommation à faible risque

Cette statistique ne permet toutefois pas, à elle seule, d’évaluer les effets de la pandémie sur les habitudes de consommation, précise Hubert Sacy. Il faut tenir compte de la proportion de Québécois qui respectent les niveaux de consommation d’alcool à faible risque.

Si quelqu’un prenait un verre par semaine et qu’il en prend deux, il a beau avoir doublé sa consommation, ça n’a aucune espèce d’importance. À l’inverse, quelqu’un qui en buvait 50 et qui en boit 40, bien ça reste quand même excessif.

Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

Les résultats du sondage démontrent que le respect des recommandations de consommation à faible risque est demeuré le même par rapport à la précédente enquête, réalisée en février.

Ça n’a pas bronché. Quand ç’a changé, ç’a changé à un point de pourcentage et comme vous le savez, dans tous les sondages, un point de pourcentage, c'est dans la marge d’erreur. Ça veut dire qu’il n’y a pas eu de changement, explique Hubert Sacy.

Des verres de vin et de bières sur une table.

Éduc’alcool invite les Québécois à respecter les limites recommandées, même en temps de pandémie, soit : deux verres par jour pour les femmes et trois pour les hommes, avec deux jours sans alcool par semaine.

Photo : Radio-Canada

Des habitudes modifiées

Qu’est-ce qui explique que certains Québécois ont diminué leur consommation d’alcool, alors que d’autres l’ont augmentée? Les raisons sont multiples.

Tout d'abord, les personnes qui boivent généralement de l’alcool dans les bars et les restaurants ne peuvent plus s’y rendre, jusqu’à nouvel ordre. Il y a également ceux que Hubert Sacy appelle les buveurs sociaux, qui n’ont plus l’occasion de se rassembler avec leurs amis et leurs proches.

Vous avez également une catégorie de gens qui n’ont plus d’alcool à la maison et qui ne veulent pas ou ne peuvent pas sortir pour s’en procurer, ajoute-t-il.

Parmi ceux qui ont augmenté leur consommation, on retrouve principalement des personnes âgées de moins de 35 ans et des gens aisés, qui ont les moyens de stocker davantage.

L’alcool n’est pas un médicament

Le désir de diminuer le stress et l’angoisse est le principal facteur cité par les répondants au sondage pour expliquer la hausse de leur consommation. Hubert Sacy rappelle qu’utiliser l’alcool à des fins médicales est une très mauvaise idée.

Quand on est stressé, quand on est angoissé, il faut appeler des amis, il faut sortir de son isolement, il ne faut pas sentir la solitude. C’est fondamental et c’est essentiel.

L’alcool n’est pas un médicament et les magasins de la Société des alcools ne sont pas des pharmacies.

Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool
Profil en noir d'un homme assis sur une chaise et qui a le front appuyé dans sa main.

Le stress et l'angoisse peuvent amener des personnes à augmenter leur consommation d'alcool.

Photo : iStock

Il incite fortement les gros consommateurs réguliers d’alcool à revoir leurs habitudes, spécialement dans un contexte de pandémie. L’alcool, fait-il remarquer, affaiblit le système immunitaire.

Même en temps de pandémie et de confinement, la modération a toujours bien meilleur goût. Ça, ça ne changera jamais, insiste Hubert Sacy.

Malgré les résultats encourageants du premier coup de sonde réalisé depuis le début de la pandémie, Éduc’alcool entend continuer de marteler son message et ses conseils.

C’est un travail continu qu’il faut faire, parce que la prévention et l’éducation, c’est un peu comme faire du vélo, si on arrête de pédaler, on tombe, résume-t-il.

Cinq conseils à suivre en matière de consommation d’alcool en temps de confinement

1. Compter ses verres
2. Respecter les limites recommandées (deux verres par jour pour les femmes et trois pour les hommes) avec deux jours sans alcool par semaine
3. Alterner boissons alcoolisées et boissons non alcoolisées
4. Ne pas se servir de l’alcool à des fins d’automédication pour soigner son stress ou son sentiment d’isolement, mais avoir des interactions avec les autres et demander de l’aide si nécessaire
5. L’abus régulier d’alcool affaiblissant le système immunitaire, réduire sa consommation si l’on est un gros buveur

Source : Éduc’alcool

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