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Les pêcheurs de homards de la Gaspésie veulent commencer leur saison plus tard

La distanciation physique est presque impossible sur les bateaux.

Des bouées sont accrochées sur chacun des casiers à homards empilés sur un quai.

Casiers à homards

Photo : Radio-Canada

La frénésie qui commence à gagner les ports de pêche de Sainte-Thérèse ou de L'Anse-à-Beaufils à ce temps-ci de l'année normalement laisse place ce printemps à l'inquiétude et à l'attente. Devant la pandémie de COVID-19 et l'absence de marché, les pêcheurs de homard gaspésiens demandent à Ottawa de repousser de deux semaines le début de la pêche.

C'est notre responsabilité sociale, tranche le directeur général du Regroupement des pêcheurs du sud de la Gaspésie O'Neil Cloutier.

Vue la taille des bateaux, la distanciation physique est un concept qui risque de demeurer bien théorique. Dans la vraie vie, en mer, O'Neil Cloutier est persuadé que les 160 pêcheurs de la Gaspésie ne pourront respecter la fameuse règle du deux mètres.

Les homardiers sont beaucoup plus petits que les crabiers, par exemple, puisqu'il s'agit surtout d'une pêche côtière.

De plus, le report du lancement de la pêche soulagerait les travailleurs d'usines qui pourraient reprendre le boulot plus tard, quand la crise sera moins aiguë.

Le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie en appelle donc à la cohérence du gouvernement fédéral qui martèle des directives de distanciations sociales.

On a une responsabilité morale et sociale, on l'a répété [mardi] matin à Pêches et Océans [Canada], on a raison d'avoir peur.

O'Neil Cloutier, directeur général, Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie

Aux Îles-de-la-Madeleine, les 325 pêcheurs de homard regardent au large avec la même appréhension.

Même si dans leur cas la pêche doit commencer le 9 mai, la possibilité de la repousser est de plus en plus étudiée.

Casiers à homard aux Îles-de-la-Madeleine

Casiers à homard aux Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Il faut dire que le marché du homard est nul actuellement. En fait, les homardiers se demandent bien à qui ils pourront vendre leur précieuse cargaison à part dans le marché montréalais déjà très au ralenti et les poissonneries régionales.

Le pêcheur madelinot Mario Deraspe affirme sans détour que la crise actuelle est la plus grave en 40 ans de métier.

Non, pas de frénésie cette année. S'il y a une pêche, ce sera une pêche minimale qui ne sera pas rentable.

Mario Deraspe, président, Association des pêcheurs propriétaires des Îles-de-la-Madeleine

Mais la date d'ouverture de la pêche au homard ne pourra pas être repoussée de plusieurs semaines, soutien Mario Deraspe.

Faut pas aller trop loin dans le mois de juillet quand le homard vient à muer ça pourrait être dangereux pour la ressource, précise-t-il.

Les pêcheurs attendent donc avec impatience la réponse de Pêches et Océans Canada.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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