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Importantes pertes d'emplois attendues dans les PME malgré l'aide d'Ottawa 

Un homme tient dans sa main des pièces de monnaie.

Seulement 30 % des petites et des moyennes entreprises du pays affirment que la subvention salariale d’urgence d’Ottawa ne leur permettra pas d’empêcher des pertes d’emplois, selon un sondage.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Seulement 30 % des petites et des moyennes entreprises canadiennes qui ont répondu à un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) affirment qu’elles pourront éviter des mises à pied ou des licenciements grâce à la Subvention salariale d’urgence annoncée par Ottawa.

Une proportion plus importante des chefs des PME du pays qui ont participé au sondage, soit 36 %, estiment pour leur part que l’aide financière du fédéral ne leur sera pas utile pour empêcher des pertes d’emploi au sein de leur entreprise, alors que 21 % des répondants sont toujours incertains de ce qui attend leurs employés.

Seulement 13 % des répondants ne prévoient aucune mise à pied, certains parce que leur entreprise n'a pas d'employés.

Présentement, seules les entreprises qui perdent au moins 30 % de leurs revenus en raison de la crise actuelle sont admissibles à la Subvention. L'aide d’urgence du gouvernement fédéral, qui est rétroactive au 15 mars 2020, couvrira 75 % des salaires dans ces entreprises durant une période de trois mois.

Les statistiques compilées dans le sondage suggèrent également que la principale préoccupation des chefs d’entreprise est un problème de liquidités pour payer les hypothèques, les fournisseurs et les employés, notamment. Suivent des inquiétudes au sujet de la situation financière de l’entreprise à long terme.

Incertitudes autour des prêts d'urgence sans intérêts

Le sondage traite également de la question de l’accessibilité au Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, un programme de prêt sans intérêts qui peut atteindre 40 000 $ afin d’aider les entreprises et les organismes à but non lucratif à couvrir leurs coûts d’exploitation lorsqu'ils se retrouvent en précaire et que leurs revenus sont réduits.

Or, une PME sur cinq qui a répondu au sondage a l’intention de faire une demande à Ottawa pour bénéficier du programme, même si elle ne pense pas pouvoir l’obtenir en raison des critères jugés trop restrictifs.

Les propriétaires d’entreprise ne sont pas tous admissibles aux programmes de soutien financier, et plusieurs mesures mises en place reposent essentiellement sur des reports ou des prêts. Tout cela s’ajoute à la crainte de se retrouver, au sortir de la crise, avec une montagne de dettes difficiles ou impossibles à rembourser. La situation est très inquiétante, note le vice-président des affaires nationales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Jasmin Guénette.

Méthodologie

La FCEI a mené un sondage en ligne pour son propre compte entre le 3 avril 2020 et le 6 avril 2020 auprès de 10 550 chefs de petites et de moyennes entreprises de partout au Canada.

Une marge d’erreur ne peut être calculée sur un sondage non probabiliste comme celui-ci.

Des ajustements demandés à Ottawa

À la lumière des diverses réponses obtenues, la FCEI est d’avis que plusieurs mesures doivent être prises afin d’aider les PME à garder la tête hors de l’eau pendant et après la pandémie.

L’organisation recommande entre autres à Ottawa de s’assurer que les prêts du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes seront disponibles le plus rapidement possible, mais aussi d’éliminer le critère de la masse salariale.

Elle souhaite aussi que le fédéral autorise les propriétaires d’entreprises et les travailleurs autonomes à accéder à la Prestation canadienne d’urgence même s’ils n’ont pas perdu tous leurs revenus en raison de la COVID-19.

Les provinces sont aussi sollicitées

La FCEI estime aussi que les provinces ont leur rôle à jouer pour aider les entreprises à gérer les répercussions de la crise. D’ailleurs, 32 % des répondants au sondage considèrent que leur gouvernement provincial respectif n’en fait pas assez pour les aider.

L’organisation pense que les provinces canadiennes devraient offrir aux entreprises des subventions qui leur permettraient de couvrir leurs coûts fixes, recommandant du même coup des subventions provinciales de 5000 $ par mois à celles qui sont forcées de fermer leurs portes complètement ou pour une période précise durant la pandémie.

Finalement, la FCEI considère que les provinces devraient également réduire immédiatement de 25 % l’impôt foncier commercial en exigeant que cet allègement soit transmis aux locataires commerciaux.

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