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Pourquoi la propagation du coronavirus est-elle plus lente au Bas-Saint-Laurent?

Deux personnes marchent seules au centre-ville de Rimouski.

30 cas de coronavirus ont été déclarés au Bas-Saint-Laurent depuis le début de la pandémie. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

« Aplatir la courbe », c'est ce que martèle chaque jour le directeur national de la Santé publique du Québec, Horacio Arruda, depuis le début de la pandémie de coronavirus. Au Bas-Saint-Laurent, si la courbe poursuit sa progression depuis plus de trois semaines, elle le fait très lentement. Qu'est-ce qui explique que le nombre de cas soit peu élevé chez nous?

Depuis le début des mesures annoncées par Québec pour protéger la population contre le coronavirus, 30 cas ont été détectés au Bas-Saint-Laurent.

La maladie progresse à raison de quelques cas de plus par jour, à un rythme plutôt lent par rapport aux autres régions du Québec.

Tableau montrant la courbe des trois régions. La plus élevée étant celle de la Côte-Nord, la plus basse celle du Bas-Saint-Laurent.

Les régions de l'Est-du-Québec sont parmi les moins touchées par la pandémie, même si le nombre de cas continue de progresser.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Rochette-Bériau

Qui plus est, le Bas-Saint-Laurent demeure en quatrième place des régions les moins touchées dans la province, derrière le Nord-du-Québec, le Nunavik et les Terres-Cries-de-la-Baie-James. Ces trois régions ont d’ailleurs une très faible densité de population, elles comptent moins de 74 000 habitants... et plus de 1,2 million de kilomètres carrés de territoire.

La Gaspésie et la Côte-Nord suivent de près le Bas-Saint-Laurent, étant les 5e et 6e régions où le plus faible nombre de cas ont été enregistrés jusqu'à maintenant.

D'être étendus sur un vaste territoire, ça nous aide, soutient le directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc. Toutefois, selon lui, cette bonne performance s'explique en grande partie par le respect des consignes d'isolement et de distanciation physique.

[Il y a] un effort collectif, un respect des consignes partout dans la région, qu'on qualifierait d'élevé à très élevé. [...] Ça nous protège.

Dr Sylvain Leduc, directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent

Le contrôle des déplacements entre les régions, instauré le 28 mars dernier, a aussi joué un rôle important pour freiner la propagation de la COVID-19 chez nous, selon le Dr Leduc.

À partir du moment où on a instauré des points de contrôle très rapidement, ç'a diminué d'environ 80 % les transports et les échanges entre les populations, précise-t-il.

Le directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc.

Le directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc (Archives)

Photo : Radio-Canada

Il ajoute que les personnes infectées par la COVID-19 dans la région ont très bien collaboré avec les autorités en leur fournissant rapidement les coordonnées des personnes avec qui elles ont été en contact.

Le fait d'avoir eu un lien de confiance avec tous les premiers cas avec qui on a travaillé, ça nous a beaucoup aidés à contenir la diffusion qui aurait pu découler des premiers cas.

Dr Sylvain Leduc

Dans une région où le quart de la population est âgée de 65 ans et plus, c'est également une chance que les résidences pour aînés aient été épargnées jusqu'à maintenant, contrairement à la Gaspésie, où des dizaines de personnes ont été infectées par le coronavirus, et deux en sont mortes, dans une résidence de Maria.

Transmission communautaire

Il y a trois jours, la Direction nationale de la santé publique annonçait que la transmission communautaire du virus était maintenant présente dans toutes les régions du Québec.

Sans préciser depuis quand exactement, Dr Leduc indique que c'est le cas chez nous depuis peu.

Pour les premiers cas, on était toujours capables de dire : "cette personne-là a fait un voyage, cette personne-là a rencontré quelqu'un qui a fait un voyage". Maintenant, les enquêtes épidémiologiques sont plus compliquées.

On commence, même au Bas-Saint-Laurent, à avoir quelques cas où, à l'enquête, c'est difficile de retracer le fil, [de savoir] qui a été la première personne à avoir le virus.

Dr Sylvain Leduc

Même si la région du Bas-Saint-Laurent est relativement épargnée jusqu'à maintenant par la COVID-19, une personne en est morte et quatre autres ont été hospitalisées depuis le début de la crise.

Ça va bien, mais ça nous prend encore les efforts de tout le monde, affirme Sylvain Leduc.

Avec la collaboration de Michaële Perron-Langlais

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