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Le nombre de victimes de la COVID-19 bondit en Suède

Le gouvernement social-démocrate, qui rejette jusqu'à nouvel ordre le confinement de sa population, a présenté lundi un projet de loi visant à renforcer ses pouvoirs pour lutter contre l'épidémie.

Des dizaines de personnes flânent sur un quai.

Dans la ville de Malmö, à l'extrémité sud-ouest de la Suède, les citoyens profitaient du soleil en grand nombre dimanche dernier.

Photo : Getty Images / AFP/TT News Agency/Johan Nilsson

Radio-Canada

Le nombre de victimes de la COVID-19 en Suède a fait un bond significatif mardi, relançant du coup le débat sur le bien-fondé des mesures de sécurité publique plus laxistes qu’ailleurs qui sont en vigueur.

L’Agence de santé publique nationale a rapporté 114 nouveaux décès attribuables à la maladie, ce qui porte à 591 le nombre de décès recensés dans ce pays de 10 millions d’habitants.

Il s’agit d’une mortalité nettement plus élevée que celle observée chez les voisins du royaume scandinave, qui recense en outre 7693 personnes infectées par le coronavirus.

La Norvège a enregistré par exemple 58 décès pour 5640 cas de la COVID-19, tandis que le Danemark rapporte 179 morts pour 4369 personnes contaminées.

L’agence suédoise précise que cette progression subite du nombre de décès s’explique par le fait que les chiffres publiés ces derniers jours ont été révisés.

La semaine dernière, Anders Tegnell, épidémiologiste à l'Agence de santé publique, avait déclaré que la Suède avait observé une courbe des contaminations relativement plate jusque-là, mais que celle-ci commençait à s'accentuer.

Cette déclaration a été faite alors même que les services de santé faisaient état d'un manque d'équipement et de personnel, comme cela est le cas dans de nombreux autres pays.

Mardi, l'épidémiologiste a rapporté une légère diminution du nombre de nouveaux cas quotidiens au cours des derniers jours, mais en précisant qu'il est encore trop tôt pour dire si la propagation du virus a atteint un pic.

Des gens profitent du temps ensoleillé à Djurgarden, à Stockholm, le 22 mars 2020, alors que le coronavirus continue de se propager.

En plus de garder les écoles primaires ouvertes, les autorités encouragent les enfants à poursuivre leurs activités sportives.

Photo : Reuters / TT News Agency

Le pari de la responsabilisation des citoyens

Dans le royaume scandinave, le confinement de la population n'est pas d'actualité comme dans d'autres pays européens pour endiguer l'épidémie, même si certaines mesures de distanciation sociale ont été adoptées.

Le gouvernement social-démocrate du premier ministre Stefan Löfven appelle plutôt chacun à prendre ses responsabilités et à suivre les recommandations des autorités sanitaires (lavage de mains, distanciation, etc.).

Si beaucoup de Suédois ont depuis opté pour le télétravail en raison de l’épidémie, les garderies, les écoles primaires et les commerces, y compris les bars et les restaurants, demeurent ouverts.

Parmi les mesures les plus strictes jusqu'à présent figurent l'interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes et celle des visites dans les maisons de retraite.

La manière dont le royaume gère la crise sanitaire soulève cependant des questions critiques tant au niveau national qu'à l'international, mais le gouvernement rejette tout procès en passivité.

Non, on ne fait pas comme si de rien n'était en Suède, s'était défendue la ministre de la Santé Lena Hallengren lors d'une réunion avec la presse internationale jeudi à Stockholm.

Des Suédois profitent du retour du printemps au parc Kungstradgarden, à Stockholm.

Des Suédois ne résistent pas à l'appel du printemps et des cerisiers en fleurs, comme ici au parc Kungstradgarden, à Stockholm.

Photo : Reuters / TT News Agency

Le gouvernement veut plus de pouvoirs

Le gouvernement suédois a tout de même présenté lundi un projet de loi visant à renforcer temporairement ses pouvoirs afin de lutter contre l'épidémie.

S’il devait être adopté, le gouvernement obtiendrait le pouvoir de limiter encore davantage les rassemblements publics et même de fermer des entreprises, sans l'approbation du Parlement, pour une période de trois mois.

La Suède et le monde entier font face à une situation grave causée par le coronavirus, a déclaré la ministre Hallengren, dans un communiqué.

Nous voyons la nécessité de pouvoir agir rapidement si la situation l'exige, il s'agit en fin de compte de protéger des vies humaines.

Le patron du Parti conservateur, Ulf Kristersson, a déclaré sur sa page Facebook que le projet manquait d'une définition claire sur la manière dont les pouvoirs supplémentaires pourraient être utilisés.

S'il reconnaît la nécessité de prendre des décisions rapides en temps de crise, M. Kristersson juge que les mesures doivent également avoir une légitimité démocratique.

Avec les informations de Agence France-Presse

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