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16 aînés morts dans un foyer en Ontario avant que les malades soient isolés

Le centre Pinecrest Nursing Home, à Bobcaygeon, en Ontario, le 30 mars 2020.

Plusieurs résidents et une bénévole du centre Pinecrest sont morts de la COVID-19.

Photo : Evan Tsuyoshi Mitsui/CBC

Radio-Canada

Seize résidents du centre de soins de longue durée Pinecrest, à Bobcaygeon, en Ontario, sont morts de la COVID-19 avant que les bénéficiaires malades soient séparés des autres, a appris CBC.

En date de mardi, 27 résidents du foyer pour aînés, situé à 150 km au nord-est de Toronto, étaient décédés à cause de l'éclosion de COVID-19, soit plus du tiers du nombre total de bénéficiaires.

Le décès d'une bénévole de l'établissement et épouse de l'un des résidents a aussi été attribué au coronavirus.

Dans un communiqué remontant au 20 mars du Bureau de santé publique de la région de Kawartha faisant état de l'éclosion, la gestionnaire du foyer Pinecrest, Mary Carr, affirmait que les résidents malades avaient été isolés.

Pourtant, dans un autre communiqué publié près d'une semaine plus tard, la santé publique indiquait que les bénéficiaires avaient été isolés « dans la mesure du possible dans le petit établissement ».

CBC a appris que Mme Carr a envoyé un courriel le 3 avril aux employés et aux proches des résidents pour les assurer que des changements avaient été faits dans les trois jours précédents et que les bénéficiaires avaient été « isolés dans des sections séparées » de l'immeuble.

Tous les malades ont été déménagés dans une partie de l'établissement éloignée des autres résidents.

Toutefois, à ce moment-là, 16 résidents du foyer étaient déjà morts.

La direction de Pinecrest n'a pas voulu répondre aux questions de CBC. Toutefois, dans un communiqué diffusé mardi, Mme Carr cite des « circonstances sans précédent ».

La gravité de la COVID-19 a présenté des défis uniques pour notre personnel et notre établissement.

Mary Carr, administratrice du foyer Pinecrest

Mme Carr assure que les protocoles contre les infections mis en place au début de l'éclosion ont été suivis, y compris l'isolement des résidents symptomatiques. Elle affirme toutefois que le foyer subissait des contraintes liées à la taille de l'immeuble et à la capacité limitée de son personnel de première ligne.

La gestionnaire ajoute que l'établissement a toujours collaboré avec la santé publique et le ministère de la Santé. Nombre de nouvelles directives de soins pour les foyers données par la province au cours des dernières semaines sont le fruit de la situation à Pinecrest, dit-elle.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Séparés par des rideaux

Une infirmière de l'établissement, Sarah Gardiner, raconte que le foyer n'avait pas d'espace au début de l'éclosion pour isoler les malades. L'établissement a quelques chambres individuelles. La majorité des chambres sont à occupation double ou quadruple.

Or, la résidence était pleine au départ.

C'est parce qu'on a perdu des résidents qu'on a, tristement, de l'espace maintenant [pour isoler les malades].

Sarah Gardiner, infirmière à Pinecrest

Elle ne pense pas que des vies auraient pu être sauvées si l'isolement des bénéficiaires malades avait eu lieu plus tôt.

À cause de l'aménagement des lieux, il aurait été très difficile de faire tous ces changements lorsque le foyer était plein, affirme-t-elle.

Avant le récent déménagement des malades, seulement un rideau séparait les lits des malades dans les chambres à occupation multiple, selon l'infirmière Gardiner. Ça ne pouvait pas continuer comme ça, dit-elle.

Au moins une vingtaine d'employés du foyer ont eux aussi contracté la COVID-19. À leur retour au travail après la période de quarantaine, ces employés ont été déployés strictement dans l'aile des résidents malades, alors que les employés qui n'avaient pas été infectés s'occupent des bénéficiaires en santé, selon Mme Gardiner.

Des inconnues

Pour sa part, le Dr Stephen Oldridge, l'un des deux médecins traitants à Pinecrest et ex-directeur médical du foyer, admet qu'avec le recul, l'établissement aurait dû en faire plus pour séparer les malades des résidents asymptomatiques.

Cela dit, il souligne qu'il y avait beaucoup de variables inconnues au sujet du coronavirus au début de l'éclosion en mars et que la séparation des bénéficiaires ne faisait pas partie des procédures habituelles pour la plupart des maladies.

Ce n'est pas la façon dont on traitait d'autres virus et c'est peut-être là que le bât blesse. On fait face à un tout autre monstre.

Stephen Oldridge, médecin traitant à Pinecrest

Ian Hanscomb, dont le père Bill est un bénéficiaire à Pinecrest, ne jette pas la pierre au foyer ni à son petit groupe d'employés.

Je comprends pourquoi le personnel n'a pas voulu déménager tout le monde, dit-il, alors que la priorité était de soigner les résidents malades.

Selon lui, il est facile maintenant de remettre en question les mesures prises : Est-ce qu'on aurait pu? Est-ce qu'on aurait dû? Le personnel était dans une situation très difficile.

Avec les informations de CBC News

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