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COVID-19 : beaucoup d’incertitudes pour le tourisme en plein air

Des personnes dans un grand canot d'écorce.

La pandémie de la COVID-19 aura un impact important sur la saison touristique dans le Nord de l'Ontario, même si la crise se termine d'ici le début de l'été.

Photo : Courtoisie/Voyageurs Wilderness Programme

Plusieurs entrepreneurs du milieu touristique nord-ontarien, notamment ceux qui offrent des activités extérieures comme la pêche ou des tours de voilier, vivent dans l’inconnu concernant leur prochaine saison.

Les inquiétudes persistent même dans le scénario optimiste d’une fin de crise d’ici le début de l’été.

Les touristes en provenance des États-Unis représentent normalement une partie importante de la clientèle des entreprises touristiques de la région.

Marla Tremblay, spécialiste en tourisme francophone pour Destination Nord de l’Ontario, explique qu'une grande proportion des touristes qui visitent le Nord de l'Ontario proviennent du Michigan. La situation n'est pas près de se résoudre dans cet État américain.

On espère que ça va se résoudre rapidement.

Marla Tremblay, spécialiste en tourisme francophone pour Destination Nord de l’Ontario

C’est un défi à surmonter, ajoute Mme Tremblay.

Sail Superior, à Thunder Bay, offre des excursions en voilier sur le lac Supérieur. Un peu plus de 50 % des clients proviennent de l’extérieur du pays, précise le propriétaire et capitaine de voilier, Greg Heroux.

Il croit toutefois que l’entreprise pourrait sauver sa saison grâce à la clientèle locale, si les Américains et les Européens ne sont pas au rendez-vous une fois la crise terminée.

Deux voiliers sur l'eau.

La voile est une activité très populaire à Thunder Bay.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Michelle Savoie, propriétaire de Voyageurs Wilderness Programme, à Atikokan, à l’ouest de Thunder Bay, rapporte plusieurs annulations, dont une par une société japonaise.

Son entreprise offre entre autres des randonnées et des promenades en canot dans le parc Quetico, près d’Atikokan. La crise va avoir un impact sur le tourisme, c’est certain.

Mme Tremblay affirme que les propriétaires d’entreprises touristiques qui engrangent la majorité de leurs revenus pendant l’été ou l’automne n’ont pas baissé les bras.

Ils ne disent pas qu’ils n’auront rien. Ils sont encore prêts, idéalement, à accepter des gens.

Marla Tremblay, spécialiste en tourisme francophone pour Destination Nord de l’Ontario

Évidemment, la priorité pour eux c’est la santé, que ce soit pour leur client ou leurs employés, nuance Mme Tremblay.

Ils ne feront rien si ce n’est pas sécuritaire, assure-t-elle.

À la recherche de solutions

Mme Tremblay espère que les entreprises touristiques pourront obtenir de l’aide financière si la saison touristique est écourtée ou annulée. Elle explique que les entreprises voudront, à tout le moins, éviter de devoir faire des mises à pied.

La spécialiste en tourisme francophone souligne toutefois que certaines entreprises pourraient avoir de la difficulté à prouver qu’ils ont perdu au moins 30 % de leurs revenus, une des conditions nécessaires pour obtenir une subvention salariale, car leurs revenus sont concentrés pendant l’été.

Marla Tremblay pose devant les bureaux de Tourisme North Bay, en extérieur.

La consultante en marketing Marla Tremblay travaille depuis Nipissing Ouest, dans le Nord-Est de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Sophie Houle-Drapeau

Si les revenus habituellement commencent en mai ou juin, ça va créer un retard [pour obtenir une subvention], à moins que [les règles] changent.

M. Heroux rappelle pour sa part que les entreprises ont des dépenses pendant toute l’année, et pas seulement pendant la saison touristique.

Il compte sur les dépôts payés en mars ou avril, par ceux qui réservent une excursion qui aura lieu pendant l'été, pour avoir les fonds nécessaires pour ses dépenses courantes, comme la publicité.

Gerry Cariou, le directeur général de la Sunset Country Tourism Association, basée à Kenora, explique que le printemps est habituellement une période où les entreprises touristiques font le plus de promotion.

Les personnes qui nous financent nous ont dit d’arrêter — ou de réduire considérablement — le marketing. Nous avons donc dû arrêter une grande partie de la promotion que nous faisons normalement.

Gerry Cariou, directeur général de la Sunset Country Tourism Association

Greg Heroux encourage les gens qui le peuvent à réserver des forfaits pour plus tard cet été ou pendant l’automne, pour soutenir l’économie locale.Ça peut aussi être des cartes-cadeaux, ajoute-t-il.

Marla Tremblay croit que les entrepreneurs devront commencer à réfléchir à des solutions pour permettre la survie de leurs entreprises. On commence juste à être proactif. Comme tout le monde, ça fait quand même quelques semaines qu’on essaye de s’adapter. Il va falloir qu’on aille du réactif au proactif.

Un esprit de résilience

Michelle Savoie, à Atikokan, se dit optimiste et a remarqué beaucoup de solidarité depuis le début de la pandémie. Ce que je vois, c'est qu'on a toujours eu un esprit de communauté.

Mme Savoie raconte que Voyageurs Wilderness Programme, une entreprise familiale, a été fondé en 1960 et qu’elle a pu survivre à plusieurs moments difficiles au fil des années.

On a vu des hauts et des bas, comme mes parents aussi avant moi. Je veux encourager les gens [en leur disant] qu'on a survécu à bien des choses auparavant.

Michelle Savoie, propriétaire de Voyageurs Wilderness Programme

Elle croit que l’industrie touristique régionale pourra se remettre de la crise actuelle, même si plusieurs mettront du temps à le faire.

Michelle Savoie dans un canot avec un chien.

Michelle Savoie croit que les grands espaces du Nord de l'Ontario seront particulièrement populaires.

Photo : Courtoisie

Mme Savoie croit aussi que la région a beaucoup d’atouts, et note que les activités offertes dans la région sont propices à la distanciation physique, grâce aux grands espaces.

Elle rappelle toutefois que la santé doit demeurer la priorité numéro un de tous.

Avec les informations de CBC

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