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Des respirateurs pour animaux prêts à être envoyés dans les hôpitaux du Québec

Le gouvernement envisage de faire appel aux vétérinaires pour intervenir auprès des malades de la COVID-19 si le personnel médical est surchargé.

Un chien branché sur un respirateur.

Le ministère de la Santé du Québec a demandé à l'Ordre des vétérinaires une liste d'équipements, produits et compétences utiles contre la COVID-19.

Photo : Hospital Veterinari Balmes

À la demande du ministère de la Santé du Québec, l'Ordre des médecins-vétérinaires dresse une liste d'équipements, de produits et de compétences qui pourraient être réquisitionnés si la crise s'aggravait, a appris Radio-Canada.

Les vétérinaires du Québec sont prêts à aider les humains et ils ont même déjà commencé. Le laboratoire en santé animale du ministère de l’Agriculture, à Saint-Hyacinthe, dépiste la COVID-19 depuis une semaine. Environ 1000 échantillons sont testés chaque jour.

À la demande du gouvernement, plusieurs centres vétérinaires de la province dressent en ce moment des listes d'équipements qu'ils peuvent prêter aux hôpitaux : blouses, gants, masques, mais aussi les fameux respirateurs, essentiels aux soins intensifs.

On est volontaires pour partager. Ce sont des équipements très similaires à ce qui est utilisé dans la médecine humaine, explique la doyenne de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, Christine Theoret.

Le Centre hospitalier universitaire vétérinaire de la Faculté est déjà sollicité par des hôpitaux depuis plusieurs semaines. Il a recensé, dans ses locaux, 17 respirateurs qu'il pourrait leur prêter. Même si certains servent pour des chevaux ou des bovins, ils peuvent être adaptés aux humains avec des modifications mineures.

Tant et aussi longtemps qu’ils ne sont pas réquisitionnés pour la santé humaine, on les utilise. Mais au moment où on devra faire des choix, le choix va être assez simple [en faveur des humains].

Dre Marie-Claude Bélanger, vice-doyenne aux affaires cliniques et à la formation professionnelle, Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal

Une quinzaine d'autres respirateurs adaptables aux humains sont disponibles dans de grandes cliniques vétérinaires du Québec.

Le ministère de la Santé du Québec confirme évaluer actuellement l'offre de matériel en provenance des cliniques vétérinaires, mais nie que les respirateurs en fassent partie, ce qui contredit tous les intervenants auxquels nous avons parlé.

On a assez de respirateurs, a affirmé le premier ministre François Legault, lundi. Mais il y a un défi d'opérer les respirateurs, d'avoir des inhalothérapeutes.

Des vétérinaires pour appuyer les inhalothérapeutes?

Des anesthésistes vétérinaires opèrent un animal.

La présidente de l'Ordre des vétérinaires affirme que certains de ses membres pourraient être rapidement formés pour prêter main-forte auprès de patients humains.

Photo : Cornell University/College of Veterinary Medicine

Le Collège des médecins est en discussion avec l'Ordre des vétérinaires au sujet de la main-d'oeuvre disponible et des besoins de formation complémentaire.

J’ai été consultée par le ministère de la Santé pour dresser un portrait des compétences des médecins vétérinaires qui pourraient être utiles dans l’éventualité où le système de soins de santé et son personnel deviendraient surchargés, confirme la présidente de l'Ordre, Caroline Kilsdonk.

Elle affirme que plusieurs de ses membres spécialisés dans les soins avancés sont familiers avec les ventilateurs, les intubations ou les anesthésies gazeuses et pourraient être rapidement formés pour prêter main-forte auprès de patients humains.

Lundi, le premier ministre François Legault a confirmé que l'appel aux vétérinaires est envisagé pour pallier un éventuel manque de personnel médical, si la crise s'aggrave.

Un vétérinaire, il ne peut pas soigner un patient, mais il peut faire fonctionner un respirateur, a affirmé le premier ministre.

On est très créatifs actuellement pour être prêts au pire.

François Legault, premier ministre du Québec, lundi

Dans le reste du Canada, l’Association canadienne des médecins vétérinaires confirme que des provinces ont fait des demandes similaires pour recenser les équipements et compétences utiles.

Approvisionnement contingenté de certains médicaments

Le propofol est un anesthésique.

Comme pour les humains, le propofol sert à endormir les animaux au moment de l'intubation.

Photo : iStock / digicomphoto

Jeudi, la France a publié un décret pour autoriser les services de réanimation à utiliser des médicaments destinés aux animaux en cas de pénurie.

Au Québec, le ministère de la Santé n'en est pas rendu à ce point. Toutefois, l'approvisionnement de certains médicaments a été contingenté pour les vétérinaires, nous ont confirmé l'Ordre professionnel et la Faculté de médecine vétérinaire.

C'est le cas du propofol, qui, comme chez les humains, sert à endormir les animaux avant leur intubation. Radio-Canada révélait vendredi que ce produit est à risque de pénurie dans le système de santé.

On n'a pas encore de problème avec le propofol vétérinaire, mais j’anticipe que ça va survenir bientôt, affirme la Dre Marie-Claude Bélanger, vice-doyenne aux affaires cliniques et à la formation professionnelle à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal.

S'ils devaient se départir de leurs stocks, les vétérinaires réfléchissent à des solutions de rechange pour continuer de prendre soin des animaux.

Les vétérinaires ont été déclarés services essentiels et ils poursuivent leurs activités. Ils demandent toutefois à leurs clients de ne les solliciter que pour les urgences.

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