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L’école à la maison, comment ça se passe pour vous?

Les parents tentent tant bien que mal d’organiser la vie scolaire de leurs enfants avec un suivi des professeurs à géométrie très variable. Témoignages recueillis entre le 31 mars et le 2 avril.

Les deux garçons sont en train de lire, assis à table.

Les enfants de Shanti L-Larochelle, Vincent-Olivier et Charles-Antoine, pendant la période de lecture.

Photo : Courtoisie de Shanti L-Larochelle

Danielle Beaudoin

Shanti L-Larochelle, son conjoint et leurs trois garçons sont confinés à la maison, dans Mercier-Est, à Montréal, depuis leur retour de la semaine de relâche à l’étranger. « Étant donné qu'ils ont quitté l'école avant que ça ferme, on a décidé de leur imposer une petite routine pour qu'ils ne sentent pas qu'il y a des jeux vidéo toute la journée. »

Chaque matin de la semaine, après le déjeuner, les garçons de 8, 12 et 16 ans suivent le programme établi par leurs parents : un moment de lecture, suivi d’exercices souvent tirés des sites Alloprof et Pearson ERPI, de la calligraphie et la conjugaison des verbes. Ensuite, ils vont jouer dehors. Une fois que tout ça est fait, ils ont droit aux jeux vidéo. C’est sûr que d’habitude, il n’y en a pas la semaine, mais c'est un contexte totalement différent, remarque Shanti.

Vous réussissez à maintenir la discipline scolaire? Ça fait trois semaines facilement qu'on est à la maison; ils ont compris que là-dessus, il n'y avait pas à négocier.

On n’a pas le choix, lance la mère de famille, qui travaille comme employée de bureau. Elle et son conjoint sont en télétravail, comme bien d’autres, à cause de la pandémie de coronavirus. Des fois, on est au téléphone. “Maman, je ne comprends pas.” “Attends, ça ne sera pas long”, raconte Shanti.

On fait avec ce qu'on a, avec les moyens qu'on a. Il y a du monde qui ont la chance d'avoir plus de temps pour faire l'école à la maison. Ou la patience. Moi, je n’en ai pas! s'exclame-t-elle.

Shanti n’a peut-être pas de patience, mais elle a beaucoup de courage, comme tous les parents à qui j’ai parlé.

Les deux garçons lisent côte à côte sur le divan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Charles-Antoine et Vincent-Olivier, au temps du coronavirus.

Photo : Courtoisie de Shanti L-Larochelle

Avez-vous de l’aide des professeurs? Shanti, dont les enfants vont à l’école publique, raconte que les enseignants ont écrit aux enfants, leur suggérant quelques activités. Mais rien d’obligatoire. Et cela convient à Shanti pour le moment.

Les enfants ne font pas l’école de 8 h à 15 h, mais ils apprennent tellement d’autres choses aussi. Elle raconte que la semaine dernière, l'aîné a montré à son petit frère comment faire du vélo. Le petit était ravi, et ça a été gratifiant pour le plus grand, qui a aussi appris la patience, lance la maman en éclatant de rire.

Un meilleur suivi des professeurs

Pas facile de travailler tout en essayant de faire l’école à la maison. Maïna L’Heveder en sait quelque chose. Cette professeure de l’Université de Montréal donne des cours en ligne depuis le 21 mars. Elle a trois filles, une en 3e secondaire, une en 1re secondaire et la plus jeune en maternelle.

J'ai une chance quelque part, c'est que mes enfants sont en garde partagée, raconte-t-elle. Quand elles sont chez papa, je travaille, je fais de grosses grosses journées vraiment ou j'essaie d'avancer le plus possible. Puis quand elles sont ici, je travaille, mais moins.

Pour Maïna, un des défis, c’est de maintenir la motivation de ses deux ados. Avec ma petite et mes cours en ligne, je n'ai pas forcément le temps de m'asseoir avec mes grandes pour faire l'école. Elle leur demande donc de réviser la matière qu’elles ont vue depuis le début de l’année. Les filles doivent faire deux heures de travail dans la journée au moment de leur choix. 

Maïna déplore qu’il n’y ait pas un meilleur suivi des professeurs.

C'est juste de sentir qu'il y a un lien. Le professeur les connaît. Son année est planifiée; il sait où il s'est arrêté, il sait ce qu'il reste à faire. C'est juste de dire : “OK, vous allez réviser tel chapitre”, ou bien d'envoyer quelques exercices. Selon moi, rien de trop compliqué.

Maïna L’Heveder

Parce que ça se fait dans le privé, ajoute Maïna. J'ai des amis qui ont des enfants au privé, et eux ils ont repris depuis déjà un certain nombre de jours, ils reçoivent beaucoup de travail à faire.

Je ne peux pas remplacer l’école!

Caroline Duranleau a elle aussi trois enfants, dont un au cégep. Elle vit à Shawinigan, et elle est en ce moment en télétravail avec ses deux plus jeunes, de 10 et 13 ans. Elle est professionnelle de recherche au Département d’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

La maman et ses deux garçons sourient à l'objectif. Un des enfants tient un lapin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Caroline Duranleau, en compagnie d'Olivier et Charles-Antoine.

Photo : Courtoisie de Caroline Duranleau

Comment ça se passe pour vous? J'ai regardé un peu ce qui se faisait au niveau de l'école à la maison, où c'est suggéré de faire à peu près deux heures de travail par jour, puis de compléter avec des activités qui vont être dans l'informel, comme cuisiner avec les enfants, faire des projets de préparer un jardin, des trucs comme ça, explique-t-elle.

J'ai vraiment de super-garçons; ça va bien de ce côté-là. Ils ne se chicanent pas. Ils n'ont pas refusé complètement de faire du travail, mais c'est sûr qu'il faut que je sois à côté d'eux. Si je leur dis : “J'aimerais ça que vous fassiez tel exercice pendant que je travaille”, ça va durer 10 minutes et ça va être terminé là. Surtout que son plus jeune a des difficultés d’apprentissage. 

Je suis monoparentale aussi. Donc, on fait ce qu'on peut. Mais j'ai lâché prise sur le résultat en me disant que tout ce qu'on fait, c'est un plus. Mais je ne peux pas remplacer l'école à moi toute seule pour deux enfants!

Caroline Duranleau
Caroline et ses enfants, devant un sac de terre, des boîtes à oeufs et des sachets de graines de légumes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Caroline, Olivier (G) et Charles-Antoine poursuivent la planification de leur jardin : la recherche sur les étapes, la germination, les types de légumes.

Photo : Courtoisie de Caroline Duranleau

Avez-vous eu des nouvelles des professeurs? Pour le plus jeune, j'ai eu un contact avec son enseignante à deux reprises, parce qu'il a des difficultés d'apprentissage. Je crois qu'à partir de la semaine prochaine, je devrais avoir un contact hebdomadaire avec elle pour vraiment les activités plus spécifiques, savoir sur quoi travailler avec lui, explique Caroline. 

Pour le plus vieux, son professeur titulaire a envoyé un courriel général la semaine dernière, après que le premier ministre ait demandé aux enseignants de faire un suivi avec leurs élèves. Mais pour l'instant, c'est tout ce qu'on a eu, poursuit-elle.

Anne Le Beller n’a que de bons mots pour la professeure de son garçon de 10 ans. Elle s’est organisée pour nous donner un programme hebdomadaire avec des notions à voir et les devoirs correspondants, explique cette mère de deux jeunes enfants, qui travaille pour la Croix-Rouge et qui vit à Ville-Émard. 

Elle applaudit les initiatives de l’enseignante de son fils. D'un point de vue organisation, elle s'est super bien débrouillée. Elle nous a donc donné accès à tous les manuels scolaires. Tout est en ligne! lance Anne. Les leçons, les exercices et les corrigés.

L’enseignante de sa fille de première année a aussi appelé chaque élève et a donné des ressources aux parents, ajoute Anne. Mais il s’agit bien là, précise-t-elle, d’initiatives personnelles des professeurs.

Les trois ont un air espiègle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Anne Le Beller, avec ses deux enfants, Maxime et Juliette.

Photo : Courtoisie d’Anne Le Beller

Si on compare avec les suivis des élèves au privé? Si moi, je mettais 6000 $ par année, j'attendrais vraiment beaucoup de choses, ça c’est sûr!, lance-t-elle en boutade. Plus sérieusement, elle poursuit en faisant valoir qu’elle n’a pas senti que le ministère de l’Éducation ait fait quoi que ce soit. C’était très vague, dit-elle.

Il n'y a pas eu une gestion de la scolarité à distance. Ça, c'est vraiment un gros gros raté.

Anne Le Beller

Du côté des enseignants, un gros flou

Anne Sophie Aubry est enseignante en troisième année à l'école Louis-Hippolyte-Lafontaine, sur Le Plateau-Mont-Royal, à Montréal.

Si certains enseignants s’en sont tenus au minimum, Anne Sophie a pris l’initiative de faire un suivi avec ses élèves et leurs parents. Elle communique avec eux par l’entremise de l’application ClassDojo. Elle leur suggère des activités ou des exercices en ligne. 

Ça fonctionne très bien. Je leur ai envoyé une petite vidéo personnalisée, explique-t-elle. Les parents et les élèves lui écrivent, et elle réussit, dit-elle, à maintenir un lien avec certains de ses élèves. 

Elle déplore que les enseignants n’aient pas reçu de consignes claires. C’est un peu du chacun pour soi, note-t-elle. 

Je dois avouer qu'il y a un gros flou. En tout cas, à la CSDM [Commission scolaire de Montréal], on n'a pas de consignes particulières. On nous a suggéré d'être en contact, mais je pense qu'il aurait pu y avoir un peu plus de clarté pour les consignes.

Anne Sophie Aubry avec son chat.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« N'ayant pas d'enfant, je passe beaucoup de temps avec mon chat! », dit l'enseignante Anne Sophie Aubry.

Photo : Courtoisie d’Anne Sophie Aubry

Anne Sophie et ses collègues ont tout de même été invités mardi dernier par leur direction à prendre contact avec les élèves une fois par semaine. Mais encore là, rien d’obligatoire, souligne Anne Sophie. Donc ça devient, c'est toujours un peu flou.

Pour l'instant, on envoie des suggestions d'activités. La plupart des professeurs vont justement insister sur l'importance de continuer à lire, de continuer à écrire régulièrement, de continuer à s'entraîner et à utiliser son cerveau malgré tout.

Anne Sophie Aubry, enseignante de 3e année

De l’utilité de la plateforme L’école ouverte

Maïna L’Heveder, comme tant d'autres, attendait avec espoir la fameuse plateforme web L’école ouverte, lancée par le gouvernement québécois le 30 mars. Elle a été un peu déçue. 

Je reconnais le travail qui a été fait. C'est très bien fait, il y a de belles couleurs, c'est clair, on peut se promener dedans, par niveau, par matière tout ça. Mais là où j'ai été déçue, c'est que dans le fond, c'est juste un répertoire de sites Internet qu'on connaît déjà, comme Alloprof ou des choses comme ça.

Je m'attendais à autre chose. Je m'attendais à un outil que mes enfants allaient pouvoir utiliser de façon autonome, et honnêtement, quand je leur ai montré, ça ne les a pas motivées.

Maïna L’Heveder

J'ai eu l'impression que cette plateforme-là, c'était comme mettre une crème sur un bobo, mais ce n'est pas la bonne crème!, observe-t-elle encore. C'est comme une solution un peu dernière minute. Je pense qu'ils ont senti que les parents étaient inquiets aussi. C'est comme si on a fait quelque chose parce qu'il fallait faire quelque chose.

D’autres parents à qui j’ai parlé y trouvent leur compte. Parmi ceux-ci, Annie McClure, graphiste et mère de deux jeunes enfants, qui vit à Rawdon. C'est quand même un bon répertoire. Il y a beaucoup d'information, dit-elle, tout en soulignant que les parents qui ne sont pas habitués à fouiller en ligne peuvent vite s’y perdre.

La mère et l'enfant sont devant plusieurs écrans d'ordi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Annie et son fils, Gabi, regardent le portail L’école ouverte.

Photo : Courtoisie d’Annie McClure

Elle y a notamment découvert un outil qui lui a beaucoup plu : Geniepublication. Ce qui est intéressant, c'est que ça nous permet vraiment de focusser sur ce qu'on a besoin de travailler avec notre enfant, étant donné qu'on ne peut pas s'inventer prof en français, math, anglais. Mais ce site n’est pas facile à trouver, constate Annie. 

Si j'avais fait un répertoire dans le genre, j'aurais mis les outils d'évaluation en premier, pour que les parents puissent évaluer où sont rendus leurs enfants, et après ça, proposer des activités en lien avec les difficultés des enfants. Au lieu de faire comme un gros répertoire, et bon, amuse-toi là-dedans et cherche ce dont tu as besoin.

Annie McClure
Le père et son enfant devant des planches de bois. Le petit mesure une planche.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le matin, Gabi fait ses leçons avec maman, et l’après-midi, il apprend le calcul avec son papa, David.

Photo : Courtoisie d’Annie McClure

Cynthia Dubé, travailleuse autonome et mère de deux enfants, vit à Brownsburg-Chatham, près de Lachute. Elle trouve que la plateforme L’école ouverte est très utile. 

Et je suis contente de voir qu'il y a des choses qui sortent des outils pédagogiques traditionnels. Ça montre qu'on peut les stimuler autrement, pis qu'on n'a pas besoin d'une formation d'enseignant pour continuer à les stimuler à la maison.

À quoi faites-vous référence? Les capsules sur l’art ou encore les activités au Centre des sciences, répond Cynthia.

La mère et son fils sont devant l'ordinateur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cynthia Dubé et son fils Jules.

Photo :  Photo prise par Mario Chabot

Cynthia Dubé se désole que la fameuse plateforme ne soit pas accessible à tous. Dans notre coin, l'Internet haute vitesse ne se rend pas partout. Donc, tout ce qui est vidéo, tout ce qui est interactions, ces personnes-là n'y auront pas accès.

Caroline Duranleau trouve elle aussi que pour un répertoire monté aussi rapidement, c’est très bien fait et assez complet. Ça peut toutefois devenir étourdissant pour certains parents. Qu'est-ce qu'on choisit? Vers quoi on dirige notre enfant?

Caroline note que l’horaire proposé aux élèves ne convient pas à tout le monde. Le gouvernement a mis un horaire qui est vraiment super, bien réfléchi, bien fait sur leur site Internet, mais on ne peut pas suivre cet horaire-là et travailler en même temps. Ce n'est pas réaliste pour moi.

C’est aussi ce qu’a entendu Anne Sophie, l’enseignante de 3e année, venant de parents qui ont expérimenté la plateforme. Ils trouvent que l’horaire par niveau est difficile à gérer, et qu’il faut être avec son enfant à temps plein pour pouvoir le suivre.

Anne Sophie a exploré la plateforme. Elle constate qu’il y a beaucoup beaucoup de choses et que c’est très diversifié. Par contre, il n’y a rien de nouveau; ce sont des ressources déjà existantes, note-t-elle. En parlant de ce portail avec d’autres enseignantes, elle remarque que le mot chaotique est revenu à plusieurs reprises. 

Anne Sophie raconte qu’une de ses collègues qui a un enfant au secondaire a fouillé la plateforme et a remarqué qu’il y avait peu des ressources en chimie par exemple. 

Il faut quand même chercher énormément pour trouver quelque chose d'efficace. Pour un parent du primaire qui est en télétravail par exemple, il va avoir besoin de chercher beaucoup avec l'enfant, et il va avoir besoin d'être là pour le soutenir. Donc, ça ne facilite pas nécessairement l'autonomie pour un enfant, ajoute Anne Sophie.

Être adolescent au temps du coronavirus

Juliette Décarie a 15 ans. Elle étudie en 4e secondaire à l’école Jacques-Rousseau, à Longueuil. Elle a deux soeurs, une en 2e secondaire, et l’autre au cégep. 

Juliette, un crayon à la main.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Juliette en train de faire ses devoirs.

Photo : Courtoisie de Juliette Décarie

D’une voix calme et douce, elle me raconte comment elle passe le temps en cette curieuse époque. Je fais un peu de devoirs, je prends des marches dans mon quartier, je fais de la musique. Elle compose, joue de plusieurs instruments et chante. 

Et ensuite? On fait du ménage aussi, répond-elle en ricanant un peu. T'ennuies-tu de tes amis? Ben, on trouve des façons de communiquer en s'écrivant, en s'appelant en vidéo. Et l’école te manque? Ça va.

Il n’y a pas de pression du tout, ni des professeurs, ni de ses parents. Nos profs nous envoient plein de documents, mais ce n'est pas obligatoire, explique-t-elle. Elle travaille tout de même environ deux heures par jour, surtout le matin, pour garder la forme scolaire.

Tu es une bonne élève? Ben j’ai des bonnes notes, dit-elle avec modestie.

Trois mots pour décrire cette période de ta vie? Elle prend quelques instants pour y penser. 

Déboussolée : On ne sait pas trop à quoi s’attendre.

Autonomie : Parce que l’école nous envoie plein de travaux. Ils nous ont appelés pour s'assurer que tout se passe bien chez nous, mais on est très autonomes. Il y a du travail à faire, et on n'a pas d'horaire fixe

Mon troisième mot, ce serait spécial. Parce que c'est un peu spécial comme situation. C'est aussi les examens du ministère qu'on n'aura pas. On nous prépare pour ça depuis le secondaire 1, pis on arrive, pis on n’en a pas. C'est spécial!

Dur de se concentrer à la maison

Simon Côté a 17 ans. Il est en 5e secondaire au collège privé Durocher, à Saint-Lambert. Il a un frère de 21 ans et une soeur plus jeune. Comment ça va? Il trouve ça un peu bizarre de faire l’école à la maison. « Je suis un gars qui travaille à l'énergie de l'école », explique-t-il. 

Le fait que l'école soit rendue à la maison, ça amène un problème. J'en discutais avec mes amis, ajoute le jeune homme. Sans l’énergie de l’école, c’est plus difficile de se mettre au travail directement. C'est plus complexe. On a comme moins de concentration, parce que j'ai comme assimilé que ma maison, c'était un lieu de relaxation.

Le jeune homme est devant l'ordi avec ses devoirs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Simon Côté en train de faire ses travaux scolaires.

Photo : Courtoisie de Simon Côté

Simon consacre une vingtaine d'heures par semaine à ses devoirs et travaux. Il fait de la révision, mais reçoit aussi du nouveau matériel pédagogique. Les professeurs envoient les cours sous forme de capsules vidéo, explique le jeune homme.  

On regarde les vidéos, on recopie les vidéos dans notre cahier de notes de cours. Si les élèves ont des questions, ils peuvent les poser au professeur par la suite sur la plateforme Teams ou encore par courriel. Une fois que tu as terminé le cours, ils vont te donner des devoirs.

Simon pense que son collège s’est très bien organisé pour ce qui est de l’école à la maison. Mais il trouve qu’il y a trop de canaux de communication : des courriels à Teams, en passant par la plateforme du collège, Moodle. 

On a trop de plateformes différentes sur lesquelles les professeurs peuvent communiquer avec nous. Ça fait en sorte qu'on ne sait pas sur quelle plateforme les informations les plus récentes ont été communiquées.

Une fois qu’il s’est démêlé, ça se passe bien. Pour être franc, mon école, je m'attendais à ce qu'il y ait de gros devoirs comme ça, et je me dis que c'est juste assez.

Ça nous permet de poursuivre les cours, continuer avec la matière qu'on a vue, garder une certaine stabilité entre l'éducation et le loisir.

Simon Côté

Trois mots pour décrire cette période de ta vie? C’est une bonne question… Persévérance, espoir et équilibre.

Persévérance : Il faut garder à l'esprit que ça va finir un jour. Il ne faut pas baisser les bras.

Équilibre : Pour une question de santé mentale, il ne faut pas tout donner à l’école.

Espoir : Là où il ne semble plus y en avoir, il y a toujours de l’espoir.

On vit dans un épisode de crainte, et ça peut durer encore des semaines et des semaines, confinés, loin de nos amis, ajoute Simon. Mais il faut garder espoir. Moi, personnellement, je me dis : “Il y a un bon côté; il y aura toujours des solutions”.

Avec la collaboration de Stella Dupuy

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