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Quand la pandémie brise le rêve d’une vie

Un homme, une femme, un garçon et une fillette posent devant un paysage paradisiaque.

La famille Dupras devait visiter six pays d'Asie en cinq mois.

Photo : Gracieuseté Jean-François Dupras

Jean-François Dupras et sa famille devraient admirer les rives du Mékong, au Vietnam, après avoir visité les plages de la Thaïlande. À la place, ils sont isolés dans un chalet de Lanaudière, au Québec. La propagation rapide de la COVID-19 a interrompu leur tour de l’Asie, une aventure familiale prévue depuis des mois. 

Ça faisait déjà quelques journées que l’on se posait beaucoup de questions, puis il y a eu l’annonce de M. Trudeau, le 14 mars. On était réveillé, il était 2 heures du matin pour nous en Thaïlande et on n’a pratiquement pas dormi de la nuit. On a parlé avec des membres de la famille et tout le monde s’inquiétait, explique M. Dupras.

Paysage de jungle, plages et mers.

Jean-François Dupras pense encore aux paysages paradisiaques et aux aventures que la pandémie lui a dérobées.

Photo : Gracieuseté Jean-François Dupras

Une aventure longuement préparée

L’alpiniste franco-albertain n’est pas étranger aux aventures. Il s’est donné comme défi de conquérir les sommets les plus élevés sur les sept continents pour sensibiliser le public à la santé mentale. Ce tour de cinq mois en Asie avait cependant une saveur particulière.

Ça faisait des années et des années que je voulais entreprendre ce voyage-là. J’ai dû travailler très dur à convaincre ma femme.

Jean-François Dupras, alpiniste

La famille était passée d’une maison à un appartement en copropriété pour réduire ses dépenses et économiser le coût de ce voyage. La femme de Jean-François Dupras avait pris un congé sans solde.

Le couple a bien réfléchi avant de partir à la fin du mois de février, mais à cette date, le nouveau coronavirus n’apparaissait pas aussi grave que maintenant. À Bangkok, les gens portaient beaucoup de masques, mais une fois qu’on est descendu plus au sud, c’étaient les vacances, c’était normal, raconte Jean-François Dupras.

Une épreuve de santé mentale

La fin du voyage a été une déception pour les enfants, leur mère, mais surtout leur père. Depuis son retour au pays, la famille a cependant reçu beaucoup d’aide, surtout que l'appartement de Canmore est loué jusqu’en juillet.

Les premiers jours au Québec ont été très difficiles. J’avais du mal à accepter la situation.

Jean-François Dupras, alpiniste

Dépressif, l’alpiniste parle ouvertement de son état de santé mentale. Depuis l’arrêt brutal de son rêve, il a repris les antidépresseurs qu’il avait progressivement diminués. Il se concentre sur ses présentations et l’écriture pour surmonter ce passage à vide.

Il y a deux jours encore, je me suis parlé : le but de ce voyage-là était de nous rapprocher en tant que famille, de passer du temps ensemble et de s’amuser. Encore là, on est en vacances, on peut s’amuser. L’important, ce n’est pas la destination, c’est le moment présent, philosophe-t-il.

Se concentrer sur le moment présent est d’ailleurs un conseil qu’il donne à tous ceux qui peuvent vivre un passage dépressif à cause du confinement.

Paysage de neige sans aucune habitation.

Le frère de Jean-François Dupras a prêté un chalet au Québec à la famille pour vivre sa période d'isolement.

Photo : Gracieuseté Jean-François Dupras

L'alpiniste se concentre aussi sur ses projets. Dans un an, il espère gravir le mont Everest. Une fois la pandémie passée, il retournera à la recherche de commanditaires pour conquérir les trois derniers sommets.

Il croit qu’il sera plus riche des enseignements de cette pandémie.

C’est ce dont je me rends compte avec le voyage. Dans la vie, on fait des plans, on se fait des idées, mais c’est important d’être flexible [...] Si on n’accepte pas le changement, on s’endurcit et on brise sous la pression, conclut-il.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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Alberta

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