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COVID-19 : des villes nord-ontariennes haussent le ton

Une bâtisse blanche sur un coin de rue

La Ville de Sudbury a déclaré l’état d’urgence lundi.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Radio-Canada

Les déclarations d’état d’urgences municipales se multiplient dans le Nord de l’Ontario afin de s’assurer que les consignes de distanciation sociale sont bien comprises et respectées par la population. Des couvre-feux sont même envisagés.

La Ville du Grand Sudbury a suivi l’exemple de plusieurs autres municipalités de la région, alors que le maire Brian Bigger a déclaré lundi après-midi l’état d’urgence municipal, qui sera en vigueur aussi longtemps que celui de la province.

Décréter l’état d’urgence permet de :

  • Sensibiliser davantage la population à la gravité de la pandémie;
  • Protéger les bénévoles;
  • Susciter une réaction rapide de la Ville lors de situations qui nécessiteraient une nouvelle intervention.

J’ai pris cette décision après avoir considéré avec soin la situation et fait des échanges avec la médecin-hygiéniste en chef, mes collègues qui siègent au Conseil municipal et d’autres chefs de file de la localité dans l’ensemble du Grand Sudbury, affirme M. Bigger dans un communiqué.

Il s’agit d’une situation sans précédent et je prends tous les moyens en mon pouvoir pour protéger les citoyens du Grand Sudbury.

Brian Bigger, maire du Grand Sudbury

Bien que bon nombre d’entre nous aient écouté les experts et se soient conformés à leurs conseils, la réalité, c’est que nous devons travailler encore plus dur, ajoute le maire du Grand Sudbury.

Une capture d’écran d’un message texte expliquant la déclaration de l’état d’urgence dans le Grand Sudbury.

La Ville du Grand Sudbury a envoyé une alerte par messagerie texte pour demander aux résidents de respecter les consignes de santé publique.

Photo : Radio-Canada

Nous voyons encore des gens qui font des choses qu’ils ne devraient pas faire — les épiceries sont trop pleines, nous recevons des plaintes au sujet de fêtes de quartier et des ventes de débarras.

M. Bigger reconnaît que la grande majorité des résidents qui respectent les règles et qui suivent les conseils de nos experts. Ces efforts s’avèrent efficaces, mais nous ne pouvons pas nous reposer ni diminuer nos efforts pendant cette période critique.

Un homme dans un hall d’entrée

Le maire de Sudbury, Brian Bigger, demande aux citoyens de respecter les mesures de distanciation sociale.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Une communauté de retraités en alerte

Elliot Lake, une communauté qui compte une importante proportion de personnes âgées, a déclaré l’état d’urgence samedi pour mettre l’accent sur l’importance des mesures d’hygiène et d’isolement, explique Daniel Gagnon, le directeur général de la Municipalité.

M. Gagnon souligne que certains résidents ne semblent pas avoir bien compris le message que la province a envoyé en déclarant l’état d’urgence il y a quelques semaines, plus particulièrement en ce qui concerne les consignes de distanciation sociale.

On a pensé que c’était important de faire une déclaration municipale aussi, pour être capable de renforcer les mesures.

Daniel Gagnon, directeur général d'Elliot Lake

C’est un outil de plus dans notre coffre, ajoute M. Gagnon.

Daniel Gagnon.

Le directeur général d'Elliot Lake, Daniel Gagnon, indique que des employés de la Ville sont en communication de façon fréquente avec les résidents.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Les responsables de l’application des règlements municipaux ont maintenant l’autorité nécessaire pour faire appliquer les consignes du fédéral et de la province.

M. Gagnon rappelle que 40 % des résidents d’Elliot Lake sont âgés de 65 ans et plus.

On savait que le problème de la COVID-19 serait plus aigu. C’est pour ça qu’on a commencé la livraison d’épicerie et qu’on communique plus régulièrement avec les membres de la communauté pour rappeler l’importance de rester à la maison.

Daniel Gagnon, directeur général d'Elliot Lake
Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Le directeur général ajoute qu’une résolution a été adoptée pour officialiser la fermeture des parcs et d’autres endroits publics.

Timmins songe à imposer un couvre-feu

L'état d'urgence a été décrété à Timmins le 3 avril, et le maire, George Pirie, envisage maintenant l’imposition d’un couvre-feu pour forcer la population à suivre les directives de la santé publique.

En point de presse, le maire Pirie a déploré que des gens aient organisé pendant la fin de semaine des fêtes dans leur cour, forçant l'intervention de la police pour faire respecter les mesures de distanciation physique.

Vous mangerez votre dîner de Pâques seuls, s'est-il exclamé pour rappeler aux citoyens de s'isoler et d'éviter les contacts.

Je sais qu’en fin de semaine l’on continuait à recevoir des plaintes de gens qui se rassemblaient dans les cours arrière, confirme la conseillère municipale Michelle Boileau.

Elle croit aussi que l’imposition d’un couvre-feu permettrait de protéger les biens.

Une femme aux cheveux longs assise à un bureau.

Mme Boileau estime que le couvre-feu permettrait entre autres une meilleure distanciation sociale.

Photo : Facebook/Michelle Boileau

Mme Boileau pense également que le cloisonnement de la Ville n’est pas exclu.

Timmins est une porte d’entrée importante vers d’autres communautés, notamment la côte ouest de la baie James, et l'on travaille avec ces communautés pour se faire un plan et prévenir la propagation du virus, dit-elle.

Aucune date n’a été encore déterminée en vue d’un couvre-feu.

Un rapport sera présenté au maire de Timmins pour guider ses décisions.

L'état d'urgence a été déclaré à la suite de rencontres avec les partenaires en santé publique, la Municipalité et la coordination des mesures d’urgence.

Nous avons dû déployer toute une équipe de bénévoles pour offrir des services à nos populations plus vulnérables. Ça permet une couverture d’assurances alors qu’en temps normal ces bénévoles n’y auraient pas droit. Ils sont en quelque sorte traités comme des employés municipaux, explique Michelle Boileau.

Les lettres formant le mot « Timmins» sont présentes au centre-ville.

La Ville de Timmins fait partie du territoire du Bureau de santé Porcupine.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

La police de Timmins prévient par ailleurs la population qu'elle n'hésitera pas à sévir si des personnes ne respectent pas les consignes de santé publique. Elle n'a pas donné d'amendes pour l'instant.

Selon le plus récent bilan du Bureau de santé Porcupine, 29 cas de COVID-19 sont confirmés sur le territoire et les autorités indiquent la présence de transmission communautaire, d’où l’insistance de rester chez soi, de pratiquer la distanciation sociale et de ne sortir que pour des besoins essentiels.

Lors d'une conférence de presse de la Ville, la Dre Lianne Catton, médecin-hygiéniste, a indiqué qu'il y a maintenant quatre centres d'évaluation de la COVID-19 sur le territoire du Bureau de santé Porcupine, soit à Timmins, Cochrane, Iroquois Falls et Kapuskasing.

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