•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les dépanneurs de l'Estrie demeurent fidèles au poste

Nathalie Martin espère que cette crise contribuera à faire reconnaître à leur juste valeur les employés de dépanneurs.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Alors que les épiceries sont désormais fermées les dimanches d'avril sur ordre du gouvernement, les dépanneurs sont l’un des rares commerces encore ouverts à offrir des produits de première nécessité.

Cette mesure temporaire ramène ces petits commerces 28 ans en arrière. Jusque dans les années 1990, les dépanneurs étaient alors parmi les seuls commerces à avoir le droit d'ouvrir et de vendre des produits de base en ce jour de congé.

Ces changements invitent maintenant les propriétaires de dépanneurs, comme Nathalie Martin, à se recentrer sur le rôle historique de ces commerces.

Je dois faire en sorte que mon client qui a besoin d’un piment pour cuisiner un dimanche... qu’on puisse lui offrir. Moi je dois augmenter mon offre, souligne la propriétaire d'Accommodation Gaétan, Nathalie Martin.

Néanmoins, rester ouvert en cette période de pandémie n’est pas de tout repos. Les prix de certaines denrées ont augmenté de 10 à 30 %, constate Nathalie Martin. Les mesures d'hygiène ont été revues, il a fallu installer des panneaux de protection entre les clients et les commis.

Sensibiliser la clientèle

Pour assurer le respect des mesures, les employés doivent sans cesse sensibiliser les clients.

Il y en a beaucoup qui deviennent en colère, parce qu’on leur demande de respecter le un à deux mètres, ça les choque un peu.

Naomi Dubois, employée d'Accommodation Gaétan

Nathalie Martin rappelle que ces nouvelles façons de faire bousculent les habitudes des clients qui se retrouvent parfois désorientés.

Les gens souvent rentrent, par habitude ils vont se mettre un petit peu proche, on leur dit : il y a des points rouges, allez-y, ça vous fait un beau teint. On essaye de faire rire les gens un peu et ça fonctionne, explique Nathalie Martin.

Le propriétaire du dépanneur Marché Alexandre, Sébastien Poulin, constate que l'adaptation est grande quant à la gestion de la charge émotive liée à la crise sanitaire.

Beaucoup de stress... déjà faut qu’on gère notre anxiété à nous et les clients nous envoient la leur, nous donne leurs réflexions, leur peur. Faut qu’on apprenne à gérer cela.

Sébastien Poulin, propriétaire Marché Alexandre

Redonner du lustre à la profession

Les propriétaires de dépanneurs espèrent que la société respectera davantage le travail des commis de dépanneurs et d’épicerie.

Ça fait du bien, au lieu d’être pris de haut souvent, là on nous remercie d’être présents pour eux, indique Sébastien Poulin.

Nathalie Martin en convient elle aussi, son métier est bien peu reconnu du grand public. C’est un métier où tu dois porter tous les chapeaux... autant être psychologue, que vendeur, rappelle-t-elle.

Sébastien Poulin et Nathalie Martin entendent ainsi poursuivre leur travail, malgré les défis afin de demeurer au service des gens de leur quartier.

D'après le reportage de Thomas Deshaies

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Estrie

Coronavirus