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Des ajustements demandés dans les services de garde d’urgence

La devanture du CPE Aux nids des petits.

Le CPE Aux nids des petits à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Malgré les nombreuses mesures mises en place, la distanciation sociale est difficile dans les services de garde d'urgence offerts aux travailleurs essentiels, où l’inquiétude est palpable. Des responsables de CPE de l'Outaouais et des syndicats réclament des changements pour améliorer la sécurité des enfants et du personnel.

Le nombre d'enfants varie d'un service de garde à l'autre de Gatineau, ouvert pour les travailleurs essentiels depuis deux semaines, sur la directive du ministère de la Famille. Au centre éducatif Au Royaume des enfants, dans le secteur du Plateau, il n’y a présentement aucune clientèle. Les employés s’y occupent en désinfectant tout le contenu de la garderie et en suivant des formations en ligne.

On se tient occupé. On attend et si jamais on a des enfants qui se présentent, on va les accueillir, on est là pour ça, souligne la directrice, Maria Berrafato.

À l’autre bout du spectre, il y a le petit CPE la Ribambelle d’Aylmer. Selon les instructions gouvernementales, les garderies peuvent présentement accueillir jusqu’à 30 % de leur capacité habituelle. Pour la Ribambelle, cela représente 12 enfants, et c’est le nombre d’inscrits actuellement.

Tout mon personnel travaille.

Carole St-Pierre, directrice générale, CPE la Ribambelle d’Aylmer

On essaie de placer les enfants assez loin l'un de l'autre, quand ils mangent, on fait de notre mieux, mais c'est impossible de respecter la distanciation sociale, indique la directrice générale, Carole St-Pierre.

Mme St-Pierre souhaiterait avoir des renforts de la part des services de garde qui sont peu fréquentés. Elle dit avoir tenté de contacter le ministre Mathieu Lacombe à ce sujet, sans réponse.

Carole St-Pierre, en entrevue dans son salon.

Carole St-Pierre est la directrice générale du CPE la Ribambelle d’Aylmer.

Photo : Radio-Canada

De son côté, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) souhaiterait une meilleure répartition des enfants dans les établissements, afin de réduire les risques de contagion.

Si on peut mettre un peu plus d'enfants dans celui qui en a cinq au lieu de continuer à pleine capacité pour un CPE, ça pourrait être très bien. En même temps, on éviterait que les enfants soient trop rapprochés, estime la présidente nationale de la FIPEQ, Valérie Grenon.

Même si chaque CPE est géré de façon indépendante, Mme Grenon pense que le ministère de la Famille pourrait inciter ces derniers à collaborer.

Restreindre l’accès aux services

Plusieurs responsables de CPE suggèrent également de resserrer les règles donnant accès aux services de garde d’urgence. Présentement, le ministère exige seulement la preuve qu’un parent effectue un travail essentiel.

Or, la codirectrice du CPE Aux trois pommes Sonia Doucet observe que certains parents utilisent ce service même si l’un des deux parents reste à la maison. Elle croit que ce genre de comportement augmente inutilement la taille des groupes, dans un contexte où les éducatrices sont inquiètes pour leur sécurité.

Moins on a d’enfants dans nos groupes, moins on est en danger en offrant les services et moins on met en danger les enfants eux-mêmes.

Sonia Doucet, codirectrice du CPE Aux trois pommes

Selon Mme Doucet, la sensibilisation qu’elle tente de faire ne règle pas complètement la problématique. Ce n'est peut-être pas moral ce qu'ils font, mais c'est légal. Ultimement, je n'ai pas le choix de les accepter, dit la codirectrice, dont l’installation accueille présentement de 2 à 5 enfants par jour, sur une capacité actuelle d’environ une vingtaine.

Le ministre Lacombe n’envisage pas pour l’instant de resserrer les règles, a indiqué l’attachée de presse du ministre Lacombe par courriel. Il prie toutefois les parents de n’utiliser les services de garde d’urgence qu’en tout dernier recours.

Dans les services de garde en milieu scolaire

Une quinzaine d’écoles de l’Outaouais accueillent pour leur part des enfants de 4 à 12 ans des travailleurs essentiels.

Les responsables de ces services à la Commission scolaire des Draveurs (CSD) et à la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais affirment que leur taux d’occupation n’est pas au maximum. Par exemple, il y a eu jusqu’à 20 enfants dans certains des sept services de garde gérés par la CSD, sur une capacité de 50 chacun.

Les gestionnaires de ces services estiment aussi que les enfants et le personnel respectent bien les règles de distanciation sociale de deux mètres.

Si on fait un jeu de société, il y a minimalement un mètre de distance qui va être respecté entre eux. Mais on tente de trouver des activités réalisables avec le deux mètres de distance, dit Guy Bélair, coordonnateur des services de garde d’urgence à la CSD, ajoutant que le lavage des mains est devenu une activité fréquente.

Guy Bélair en entrevue à la maison.

Guy Bélair est le coordonnateur des services de garde d’urgence à la CSD

Photo : Radio-Canada

Le président du Syndicat du soutien scolaire de l’Outaouais (SSSO) remarque que les craintes de ses membres qui travaillent dans les services de garde augmentent avec la hausse du nombre de cas de COVID-19. Simon Dostie-Cormier réclame une mise à jour des mesures préventives mises en place.

Les règles de nettoyage, ce sont des règles très générales. Quel est le type de produit à utiliser, c’est quoi la fréquence des nettoyages, quel équipement doit-on prioriser au niveau du nettoyage? Ce n’est pas encore très clair, juge-t-il, aussi préoccupé par la difficulté à mettre en pratique la distanciation sociale avec les enfants.

Autant le SSSO que la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec demandent une prime salariale, à l’instar des employés d’épiceries et des travailleurs de la santé, en reconnaissance des risques qu'ils prennent en se rendant tous les jours sur leur lieu de travail.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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