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Les hôpitaux embauchent des étudiants en grand nombre pour combattre la pandémie

Les processus d’embauche sont souvent accélérés, dénués d’entrevues, et certains prérequis sont parfois levés.

Une femme du milieu de la santé porte un masque.

Les hôpitaux embauchent beaucoup d'étudiants pour combattre la pandémie.

Photo : iStock

Les établissements postsecondaires de la région de la capitale nationale sont de plus en plus sollicités dans la bataille contre la COVID-19. Après les professeurs, des dizaines d’étudiants sont maintenant appelés en renfort des deux côtés de la rivière des Outaouais.

À Ottawa, plus de 345 personnes ont reçu un diagnostic positif de la maladie et environ 15 % des malades sont hospitalisés. Du nombre, on compte une vingtaine de travailleurs de la santé infectés.

La situation a poussé l’Hôpital d’Ottawa et l’Hôpital Montfort, notamment, à accélérer l’embauche d’étudiants en sciences infirmières pour combattre la pandémie. On compte de nombreux postes d’assistante clinique à pourvoir dans les départements qui ne sont pas nécessairement touchés par la COVID-19.

À Montfort, la direction cherche le plus d’étudiants possible pour agir à titre d’aides-soignants. Ceux-ci devront prendre les signes vitaux, prendre en charge des patients stables et les préparer pour les examens diagnostiques, entre autres. Selon nos informations, 34 personnes ont manifesté leur intérêt et elles commenceront le plus rapidement possible, après une séance d'encadrement prévue dans les prochains jours.

La façade de l’Hôpital Montfort en journée.

L’Hôpital Montfort à Ottawa (archives).

Photo : Francis Ferland / CBC

Aucune limite d’embauche n’a été fixée par l’hôpital. Après une vérification policière et une recommandation du gestionnaire qui a supervisé le stagiaire, le processus d'embauche est clos. Il est si accéléré qu’on a abandonné les entrevues dans bien des cas.

Notre message a été envoyé aux universités, mais dans la plupart des cas, il s’agit d’étudiants qui ont fait leur dernier stage de consolidation à Montfort, explique par courriel la directrice des communications de l’établissement, Geneviève Picard. Au moment d’écrire ces lignes, l’Hôpital d’Ottawa n’avait pas répondu à notre demande.

Des étudiantes prêtes à aller au front

Michelle Lamont est dans l’attente depuis la mi-mars. L’étudiante de quatrième année à l’École de sciences infirmières de l’Université d’Ottawa voit son cheminement universitaire perturbé en raison de la pandémie. Ses cours se font dorénavant à distance et son stage a été suspendu. Entre ses lectures et ses dissertations, celle qui doit devenir officiellement infirmière dans quelques mois attend impatiemment l’appel pour aller au front.

Personnellement, je suis à la maison et je me sens vraiment, vraiment inutile.

Michelle Lamont, étudiante de quatrième année

Moi, je suis prête à aller où on a besoin de moi. Si je me fais appeler à travailler, il faut embarquer, c’est ça la vie d’infirmière, explique-t-elle avec enthousiasme. Dans les derniers jours, elle dit avoir reçu une lettre d’offre d’emploi de l’Hôpital d’Ottawa sans avoir passé d’entrevue, après avoir envoyé son curriculum vitae et une recommandation.

Dans les dernières semaines, les hôpitaux ont mis les bouchées doubles pour attirer de futures infirmières dans leur giron. De nombreuses étudiantes comme Michelle Lamont ont été approchées par l’entremise des établissements postsecondaires. C’est le cas de sa collègue de classe Sarah Thibert, embauchée par l’Hôpital d’Ottawa et qui commencera sous peu à titre d’assistante clinique.

Un panneau annonce l'urgence et l'entrée principale.

L'entrée principale de l'Hôpital d'Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Les étudiantes qui commencent, on ne va pas travailler directement avec les patients de la COVID-19. Nous sommes là pour faire du travail que des infirmières peuvent faire [dans d’autres départements]. C’est bien, je vais pouvoir appliquer ce que j’ai appris dans les dernières années, mais dans des circonstances un peu bizarres, raconte-t-elle.

À l’École de sciences infirmières de l’Université d’Ottawa, le directeur adjoint au programme de 1er cycle, Jean Daniel Jacob, assure que les étudiants qui seront appelés à travailler sont compétents.

Nos étudiants sont formés pour fonctionner en situation où il pourrait y avoir transmission. Mais le défi est plus au niveau de l’application en clinique. Donc, comment le milieu fonctionne et comment l’étudiant se sentira confiante d’appliquer ses connaissances, explique-t-il.

Il y a une masse d’étudiantes et d’étudiants qui veulent faire partie du mouvement et qui veulent prêter main-forte à la situation.

Jean Daniel Jacob, professeur agrégé à l’École de sciences infirmières de l’Université d’Ottawa

L’Outaouais cherche trois fois plus d’infirmières

Tous les ans, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais procède à l’embauche d’une cinquantaine de nouvelles infirmières pour ses hôpitaux. Le roulement d’employés est important dans la région en raison des départs à la retraite et des congés de maternité ou de maladie.

Or, en raison de la pandémie, la direction des ressources humaines cherche maintenant environ 175 infirmières temporaires pour ses installations, soit trois fois plus qu’à l’habitude.

Exit les entrevues d’embauche, le CISSS de l’Outaouais accélère à vitesse grand V ses processus d’embauche. Généralement, il lui faut des semaines pour acquérir un nouveau talent. Ces jours-ci, il s'agit plutôt de jours, voire d’heures. Certains prérequis et exigences liés à la scolarité, notamment, ne sont plus d'actualité dans les circonstances.

En ce moment, la personne qui lève la main, on reçoit son CV, on communique avec elle, on voit ses expertises et ses champs d’intérêt, on vérifie ses antécédents judiciaires et si elle peut faire le travail. C’est très, très rapide, en l’espace de 24 à 48 heures, on peut embaucher, explique le directeur adjoint des ressources humaines au CISSS de l’Outaouais, Robert Giard.

Le panneau indiquant les urgences de l'Hôpital de Hull.

Le panneau indiquant les urgences de l'Hôpital de Hull.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada a appris qu’à ce jour, des 75 infirmières à la retraite qui ont signifié leur intérêt dans les circonstances, les deux tiers sont déjà en poste. Maintenant, le CISSS vise les établissements postsecondaires de la région pour attirer d’autres employés du milieu de la santé, y compris de futures infirmières.

Les postes à pourvoir sont dans l’unité COVID-19 ainsi que dans tous les autres départements. Non seulement les étudiants de quatrième année de l’université et les finissants du cégep sont convoités, mais tous les étudiants qui peuvent mettre la main à la pâte le sont.

Tout dépend de leur cheminement. Une personne qui termine sa première année de formation d’infirmière, on peut l’embaucher comme préposée aux bénéficiaires. On peut déployer [les nouveaux employés] dans plusieurs secteurs, y compris dans la COVID pour qu’elles exercent le travail, raconte M. Giard, en entrevue à Radio-Canada.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on accueille tout le monde en ce moment.

Robert Giard, directeur adjoint des ressources humaines au CISSS de l’Outaouais

Au Cégep de l’Outaouais, plusieurs départements sont mis à contribution. Des centaines de masques N95, des blouses de protection, cinq respirateurs artificiels, près d’une dizaine de lits électriques et de civières ont été donnés au réseau de santé. C’est sans compter les ressources humaines qui sont mobilisées.

L’appel du CISSO est venu assez rapidement, confie le porte-parole du cégep, Simon Desjardins.

Le Cégep de l’Outaouais compte cinq programmes dans le secteur de la santé qui sont directement interpellés par la situation actuelle, dont inhalothérapie, soins infirmiers et technologie d’analyse biomédicale. Déjà, bon nombre d’enseignants sont mis à contribution depuis le début de la crise. Puis, maintenant, de plus en plus d’étudiants risquent de leur emboîter le pas.

On se voit aussi comme ayant un rôle dans la communauté. Oui, on forme des professionnels, mais c’est certain qu’il y a une fierté de par l’expertise qu’on a, qui est mise à contribution autant chez les enseignants que chez nos étudiants, soutient M. Desjardins.

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