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Comment prévenir la violence en période de confinement ?

La période de confinement peut accentuer l'anxiété et la violence chez certaines personnes vulnérables.

Photo : iStock

Radio-Canada

Voir son quotidien chamboulé et devoir rester enfermé à la maison demeure extrêmement difficile pour plusieurs Estriens en cette période de confinement pour lutter contre la COVID-19.

La psychologue, Christine Grou, tente d'expliquer ce qui peut mener les citoyens à commettre des gestes violents dans ce contexte bien particulier. Elle a aussi proposé quelques outils de prévention à notre animateur Louis-Philippe Bourdeau.

Louis-Philippe Bourdeau : Des personnes qui vivent de l'anxiété, de la colère et qui sentent qu'elles vont craquer ont-elles accès aux services nécessaires pour répondre à leurs besoins ?

Christine Grou : C'est sûr que les besoins actuellement sont grands et j'espère que ce sera suffisant. Il y a toujours moyen d'appeler dans un CLSC ou dans une clinique psychologique. Les psychologues sont au travail et certains en télé-pratique.

Je dis beaucoup ces jours-ci d'abord on a le droit d'aller dehors, sans attroupement, mais d'aller faire de la marche rapide, d'aller faire des sauts à la corde à danser. C'est très apaisant de faire de l'activité physique.

Quand on sent que le couvercle va sauter, il faut se développer des exutoires avant que ça saute.

Christine Grou, psychologue

À l'intérieur d'une maison où l’on est confiné, il faut être capable de varier les activités et si on est plusieurs, il faut avoir un lieu où l’on a sa bulle pour être capable de se retirer quand on sent qu'il y a un trop-plein et que ça va déborder et d'être capable de prévenir.

Ressources disponibles au téléphone

  • Info-Social : 811
  • Organisme d’intervention, de formation, de recherche et de prévention sur la violence conjugale et familiale : 514 270-8462
  • Ligne d’intervention et de prévention du suicide provinciale : 1 866-277-3553 (1 866-APPELLE)

Samedi soir, un automobiliste de Sherbrooke a happé un agent de sécurité dans le stationnement d'un Walmart.

L-P B. : Les gens sont-ils plus à risques de poser des gestes de violence physique ou psychologique en lien avec toutes les mesures de confinement ?

C. G. : La menace et les stresseurs qui s'additionnent en ce moment rendent les gens plus à risque.

Il y a des gens qui sont naturellement plus vulnérables que d'autres et plus susceptibles de perdre le contrôle. On dit de ces gens-là qu'ils ont des difficultés d'autorégulation des émotions.

En période de pandémie, ce qui s'ajoute, c'est une vulnérabilité accrue parce qu'il y a une menace physique et quand on est confinés, les exutoires qui nous permettent d'évacuer le trop-plein souvent on ne les a plus.

Ajoutez à ça le fait que des gens sont confinés dans des apparentements plus petits où il y a plus de monde, parce qu'il y a peut-être trois enfants à la maison qui sont en bas âges et qui sont un peu turbulents.

À tout ça peut s'ajouter des inquiétudes financières et une perte d'emploi, ce qui peut faire un cocktail explosif.

L-P B. : Un pharmacien nous a parlé samedi de gestes inappropriés, d'insultes, de refus de se laver les mains. On comprend que la mèche ces jours-ci est plus courte qu'habituellement...

C. G. : Absolument et j'aurais tendance à dire qu'on s'attend à ça un peu. Mais les gens qui ont le plus de difficulté à gérer la situation sont les gens qui ont déjà une prédisposition à perdre leur autocontrôle.

Si vous prenez tous les ingrédients d'un individu qui est déjà vulnérable à la perte de contrôle et vous le mettez dans un contexte ou tous les facteurs sont là et que vous le prenez une mauvaise journée, vous avez un cocktail explosif.

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