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Des urgences désertes à cause de la COVID-19

Les portes d'entrée de l'urgence à l'hôpital de Chicoutimi.

L'entrée de l'urgence à l'hôpital de Chicoutimi

Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

En ce moment, les urgences sont presque désertes. Plusieurs citoyens hésitent ou refusent de s’y rendre de peur de contracter la COVID-19. Cependant, trop attendre pourrait avoir des conséquences dramatiques dans certaines situations.

Ça s’est quand même passé très vite. J’essayais de comprendre ce que j’avais, se souvient Sarah-Ann Duchesne. 

En juillet 2015, la Chicoutimienne d'origine a été foudroyée par un AVC, alors qu’elle était en camping avec son conjoint. 

II commençait à me parler: "Comment ça va? As-tu bien dormi?". Mais, moi je répondais pas. Lui, il disait : "Voyons qu’est-ce que t’as, t’es fâchée? Qu’est-ce que j’ai fait?" Moi, j’essayais de comprendre pourquoi il était fâché et pourquoi je répondais pas et là, il s’est levé. Je me suis tournée sur le dos et je ne bougeais plus. Mon côté droit était paralysé, se rappelle la trentenaire.

Son conjoint a eu le réflexe d’appeler le 9-1-1 rapidement. Pendant les mois qui ont suivi, elle a dû réapprendre à parler, marcher, manger et écrire. Et tout ça, sans séquelles aujourd’hui, souligne-t-elle. Je pense que ça montre à quel point c’est important d’agir le plus rapidement possible.

En raison de la crise du coronavirus, des personnes ayant des symptômes aussi graves que ceux de Sarah-Ann craignent d’aller à l’hôpital de peur de contracter le coronavirus. 

Or, leur rétablissement dépend directement de la rapidité à laquelle ils s’y rendent.

Selon nos informations, deux patients atteints d’un AVC au Saguenay subissent les conséquences de leur peur.

On dit que lorsqu’un vaisseau est bouché, il y a deux millions de neurones qui meurent à toutes les minutes. Ça fait que si vous attendez une heure, vous multipliez ça par soixante. Le déficit est donc complet à peu près six heures plus tard, explique le neurologue en charge du programme de suivis des AVC dans la région, Michel Beaudry. 

Il faut se précipiter dans les premières heures. Plus on arrive tôt, plus on peut sauver des neurones

Une citation de :Michel Beaudry, neurologue en charge du programme de suivis des AVC au Saguenay-Lac-Saint-Jean

La santé publique rassurante

La santé publique régionale a d’ailleurs tenu à rappeler aux citoyens qu’ils doivent continuer à se faire soigner s’ils en ont besoin et qu’il n’y a pas que le coronavirus qui est traité en ce moment dans les hôpitaux. 

Il y a des situations où il faut se rendre à l’urgence. On pourrait les énumérer, elles sont multiples : les malaises, les douleurs thoraciques, affirme le directeur régional de la santé publique, Donald Aubin. 

Tout a été zoné et revu en terme de circulation des gens pour s’assurer qu’il n’y ait pas de risques de transmission, ajoute-t-il.

Si vous hésitez à vous rendre à l’hôpital, la ligne Info-Santé 8-1-1 peut vous donner des indications. En cas d’urgence, les autorités du 9-1-1 ont mis en place des protocoles pour vous protéger. Rappelez-vous aussi que votre pharmacien peut vous aider à y voir clair dans plusieurs situations.

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