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Les élèves en difficulté, grands perdants des fermetures forcées

Égide Royer répond aux questions d'un journaliste dans un parc.

Le professeur associé à l'Université Laval Égide Royer estime que l'implantation des maternelles 4 ans est une bonne chose.

Photo : Radio-Canada

Le fossé qui sépare les élèves en difficulté et les autres risque de se creuser pendant la fermeture forcée des écoles. Quelque 200 000 élèves, au Québec, pourraient en souffrir si le gouvernement ne leur offre aucun accompagnement particulier.

Officiellement, les jeunes du Québec pourraient reprendre le chemin de leurs écoles en mai.

Pour Égide Royer, professeur à la Faculté d’éducation de l’Université Laval, les cours de récréation vont demeurer silencieuses au moins jusqu’à l’automne.

Il faut se préparer à un scénario où la rentrée scolaire se fera en automne, et peut-être de manière virtuelle, croit l’expert en pédagogie.

Ces mois passés loin des classes, ce sont les élèves les plus vulnérables qui risquent d’en souffrir le plus.

Sur un million d’élèves au Québec, il y en a un sur cinq qui est en difficulté, précise le professeur.

Les vacances d’été suffisent à creuser un écart entre les élèves en difficulté et ceux qui ne le sont pas. C’est sûr que si l’école s’interrompt pendant six mois, ça va aggraver le retard des élèves plus fragiles.

Égide Royer, professeur à la Faculté d’éducation de l’Université Laval

Le gouvernement devra mettre ses orthopédagogues à pied d’oeuvre pour accompagner les quelque 200 000 élèves en difficulté, croit-il.

Pour les 800 000 autres, Égide Royer estime que le réseau de l'éducation du Québec saura s’ajuster et accueillir les cohortes d’écoliers qui auront manqué le tiers de leur année.

Les enseignants vont devoir se concentrer sur les éléments essentiels pour rattraper le retard, souligne-t-il.

Une opportunité pour les plus avancés

Répondant aux questions des téléspectateurs à RDI Matin Week-end, le professeur Royer n’a pas manqué de souligner que la suspension de l’école était aussi belle occasion, notamment pour les plus âgés.

Les élèves de quatrième et de cinquième secondaire peuvent devenir des mentors à distance pour des élèves de première secondaire, par exemple, souligne-t-il.

Il indique que de jouer un soutien développe l’autonomie des jeunes, tisse leur fibre sociale et inculque une compréhension nouvelle.

L’apprentissage est différent lorsque nous sommes dans un rôle d’aide envers un autre, croit le professeur Royer.

C’est aux jeunes de voir. Lorsqu’ils se feront demander ce qu’ils ont fait pendant la pandémie, ils peuvent dire j’ai fait ci ou ça. Ils peuvent aussi dire : ‘’j’ai aidé un plus jeune que moi à s’éduquer.''

Égide Royer, professeur à la Faculté d’éducation de l’Université Laval

Il implore enfin les enseignants à maintenir le plus possible le contact avec leurs élèves parce que l’enseignement, à son avis, c’est plus que des contenus : c’est d’abord une relation.

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