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La période de « pause » prolongée au moins jusqu'au 4 mai au Québec

Le Québec compte 7944 cas et 94 décès liés à la COVID-19; 525 personnes sont hospitalisées, dont 154 sont aux soins intensifs, et 464 personnes sont guéries.

Le premier ministre François Legault annonce la prolongation de la période de confinement, entouré du ministre de l'Économie et de l'Innovation Pierre Fitzgibbon (à dr.) du Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la direction de la santé publique (à g.).

Photo : Radio-Canada

La période de confinement est prolongée jusqu'au 4 mai au Québec. La prolongation de cette période de « pause » qui devait prendre fin le 13 avril, selon le scénario annoncé le 23 mars dernier, signifie que les entreprises non essentielles resteront fermées trois semaines supplémentaires.

La pause s’étire parce que le nombre de cas répertoriés continue de croître. Le Québec compte maintenant 7944 cas de COVID-19, soit une augmentation de 947 depuis hier.

Le premier ministre François Legault, qui espère que le sommet de la courbe sera atteint dans les prochaines semaines, a indiqué que les activités ne pourront reprendre que lorsqu’on sera dans la pente descendante.

Une fois passé ce sommet, ça va devenir, effectivement, un équilibre entre la santé, mais aussi l'économie parce qu'on a besoin de l'économie pour créer de la richesse, pour donner des services de santé et tous les services qu'on donne à la population, affirme M. Legault.

Là, la priorité, tant qu'on n'est pas au sommet, c'est la santé.

François Legault, premier ministre du Québec

La province doit dévoiler mardi un ou des scénarios de propagation dans la province, comme l’a fait vendredi Doug Ford pour l’Ontario.

Le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la direction de la santé publique, souligne que même si la courbe continue de monter, les Québécois font ce qu’il faut; on l’a fait très tôt et de façon très efficace [...] on aurait certainement une courbe encore plus élevée si on ne l’avait pas fait.

Il ajoute qu'il faut attendre une quinzaine de jours avant de percevoir l’effet des actions posées dans les données.

Inquiétude palpable chez les commerçants

Le nouveau délai annoncé pour le retour à la normale de l’ensemble des entreprises entraînera de pertes de revenus et des coûts supplémentaires pour les entrepreneurs, mais ceux-ci ne sont pas vraiment surpris par la décision.

Bien des gens d’affaires s’attendent même à ce que les réouvertures arrivent dans la première moitié de juin, selon le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, croit que les entreprises pourront absorber le choc grâce à l’aide annoncée par Ottawa et aux mesures annoncées vendredi par Québec pour assurer des liquidités aux PME, mais le Conseil du patronat voit la situation d’un autre œil. Il estime que plus de 40 % des PME ne survivront pas à cette crise.

On est solidaires, on comprend, on appuie. C’est un mal nécessaire, mais il va falloir qu’on fasse encore davantage pour les entreprises, pour leur permettre de passer ces semaines additionnelles.

Yves-Thomas Dorval, PDG du Conseil du patronat du Québec

François Legault a par ailleurs profité de sa tribune pour remercier les entrepreneurs dimanche. Je veux dire aux entrepreneurs québécois qui se retrouvent en difficulté actuellement que je comprends la situation dans laquelle vous êtes, a-t-il indiqué. Je peux comprendre que certains et certaines sont découragés. Je sais ce que c'est, j'ai été moi-même entrepreneur.

On travaille fort, on ne compte pas nos heures, on fait des sacrifices, puis là, tout à coup, ce n'est pas votre faute, il arrive cet événement, cette crise qui fait que vous dites : toutes ces années-là sont perdues.

Mais le gouvernement travaille très fort pour qu'on sauve le maximum d'entreprises au Québec et qu'elles aient le nécessaire pour relancer leurs activités le moment venu, a-t-il assuré.

Un projet de solidarité québécoise

En attendant la reprise des activités normales, le gouvernement se prépare à l'après-crise, avec la création d'un répertoire des commerces québécois qui offrent de l'achat en ligne, Le Panier Bleu (Nouvelle fenêtre).

Ce répertoire – gratuit tant pour les commerçants que les consommateurs – aidera les Québécois à participer à la relance économique en achetant des produits locaux, selon François Legault et le ministre Fitzgibbon.

Le Panier Bleu n’est pas un site marchand, mais plutôt une plateforme de référencement qui aidera les utilisateurs à trouver des produits québécois, affirme le ministre Fitzgibbon. Il ne compétitionnera pas avec le privé, assure-t-il.

Pierre Fitzgibbon souhaite que l'initiative soit aussi efficace pour le commerce local et le commerce électronique au Québec que le symbole Aliments Québec l’a été dans les épiceries.

[Pour] 5 $ dépensés par semaine de plus ici, par foyer, c'est 1 milliard de plus dans l'économie [québécoise].

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Le ministère de l’Économie et de l’Innovation attribuera un budget à l’initiative. Le coût de la première étape est évalué à 250 000 $ pour les prochains mois.

Une quinzaine de personnes, sous le leadership du président de Bob Agence Patrick Bibeau et de l’entrepreneur Alexandre Taillefer, ont travaillé pro bono de nombreuses heures afin de permettre à ce projet de voir le jour.

Au conseil d'administration, on retrouvera des gens d'affaires d’expérience issus de l'industrie du détail, de la technologie et du marketing, « les trois ingrédients-clés pour son succès », selon M. Fitzgibbon. Le conseil d'administration du Panier Bleu, un organisme sans but lucratif, ne sera pas rémunéré.

Alain Dumas, qui a 30 ans d'expérience en marketing, en commerce électronique et en détail, sera le directeur général.

Avec l’inventivité et la résilience reconnue des entreprises québécoises, je suis convaincu que ça va reprendre et on sera parmi les mieux positionnés, a ajouté le ministre.

L’équipement de protection, un bien précieux

On dénombrait dimanche au Québec 7944 cas (947 de plus qu’hier) et 94 décès liés à la COVID-19, soit 19 de plus que samedi. Les hôpitaux de la province traitent 525 personnes atteintes de la maladie, dont 154 sont aux soins intensifs. Par ailleurs, 464 personnes sont guéries.

Près de 96 000 tests ont été effectués dans la province. Les résultats de 2847 de ces tests ne sont pas encore connus.

L’approvisionnement en équipement de protection pose toujours un défi, mais il y a une lueur d’espoir. Avec les commandes reçues samedi au Québec, le stock de masques N95 et de gants de la province pourra suffire pour 13 jours. Pour ce qui est des masques chirurgicaux et des blouses de protection, la réserve provinciale est assurée pour sept jours. Des commandes n’ont pas encore été reçues.

François Legault reconnaît que le problème d’approvisionnement ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Dans les prochaines semaines, les prochains mois, ça risque d’être plus difficile à commander. Tous les pays dans le monde en cherchent.

Québec se penche d’ailleurs sur des solutions de rechange : fabriquer ici même des équipements, voir si des blouses lavables, donc réutilisables, sont des options.

On essaie de faire preuve de créativité pour se préparer si jamais on manquait d’équipement.

François Legault, premier ministre du Québec

L’autonomie restreinte de la province en matière de santé – pour l’approvisionnement d’équipements médicaux et de médicaments génériques – de même qu’en alimentation préoccupe le gouvernement.

François Legault a par ailleurs confirmé dimanche que les ambulanciers paramédicaux recevront, eux aussi, la prime temporaire de 8 % versée au personnel de la santé de première ligne par le gouvernement.

Une hausse de rémunération temporaire avait été annoncée jeudi notamment pour les professionnels des urgences, des soins intensifs, des zones de confinement, des cliniques de dépistage et des CHSLD, mais pas les ambulanciers.

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