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Cinq détenues positives à la COVID-19 dans la plus grande prison pour femmes du pays

Selon un représentant syndical, un agent correctionnel est également infecté.

Clôture de barbelés d'un pénitencier fédéral

Au Canada, on dénombre 12 cas positifs dans les établissements pénitentiaires fédéraux.

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Radio-Canada

Selon Service correctionnel Canada, cinq détenues ont été testées positives à la COVID-19 à l’Établissement Grand Valley pour femmes de Kitchener, tandis que deux autres tests sont toujours en attente de résultat. Le syndicat affirme qu’un gardien de prison a également été testé positif au virus.

Selon le Syndicat des agents correctionnels du Canada, une unité entière de 40 femmes est désormais confinée, c’est-à-dire que les détenues sont maintenues dans leurs cellules.

L’Établissement Grand Valley est la plus grande prison pour femmes du Canada avec une capacité de 250 personnes.

Service correctionnel Canada affirme que la prison suit désormais une routine modifiée où les détenues sont en isolement par mesure de précaution.

Parmi la population carcérale, 31 tests de dépistage de la COVID-19 ont été faits, soit plus que dans toute autre prison au pays. Au Canada, on dénombre 12 cas positifs dans les établissements pénitentiaires fédéraux, femmes et hommes confondus, selon Service Correctionnel Canada.

Des détenues qui ont très peur

Des gardiens de prison de l’Établissement de Grand Valley ainsi que des défenseurs des droits des détenues disent que des femmes de la prison leur ont confié être inquiètes pour leur sécurité.

Emilie Coyle, directrice de L’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry (ACSEF), affirme que son organisation a reçu plus de 40 appels de la part de détenues de cette prison au cours des deux derniers jours.

Les femmes qui nous ont appelés ont très peur, a expliqué Mme Coyle.

Tout le monde appelle pour dire : "Nous avons peur, nous voulons sortir" [...] Une femme a dit qu’elle ne voulait pas mourir en prison.

Emilie Coyle, directrice, ACSEF

Pour beaucoup, cela peut être une peine de mort, écrivait-elle dans un tweet le 31 mars, lorsque l'éclosion a été confirmée.

L’activiste dit que les femmes pensent qu’il n’y a pas suffisamment de mesures en place à la prison pour assurer leur sécurité. Elles sont inquiètes que les agents correctionnels ne portent pas de masque et qu’il n’y ait pas assez de produits de nettoyage.

De son côté, le syndicat affirme que les gardiens s’inquiètent également d’avoir suffisamment d’équipement de protection individuelle (EPI).

Le type d’EPI requis pour effectuer notre travail en toute sécurité continue d’être une source d’anxiété parmi les membres de [l’établissement de Grand Valley].

Communiqué, Syndicat des agents correctionnels du Canada

Service correctionnel Canada dit pour sa part que les protocoles de sécurité sont suivis. Nous restons en contact étroit avec nos partenaires de santé publique alors que nous surveillons cette situation de près, a écrit l’agence dans une déclaration à CBC News.

Nous suivons de près et attentivement les instructions des responsables de la santé publique, tout en suivant des protocoles stricts pour éviter une nouvelle propagation dans l’établissement.

Communiqué, Service correctionnel Canada

Libération des détenues

Emilie Coyle aimerait que les détenues dont la libération approche ou qui sont admissibles à une libération conditionnelle puissent être renvoyées chez elles. Nous avons vu dans le monde entier que lorsque la COVID-19 arrive dans les prisons, elle se propage comme une traînée de poudre, a-t-elle déclaré.

Si certaines n’ont pas de maison où aller, Mme Coyle aimerait voir la prison travailler avec des abris et des maisons de transition pour aider ces femmes à retourner en toute sécurité dans leur communauté.

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada avance que cette approche ne fonctionnerait pas.

[Cela] ne résoudrait pas la propagation potentielle du COVID-19 dans nos installations, cela ne ferait qu’augmenter le risque pour les Canadiens, répond le syndicat. Il est irresponsable d’introduire de nouvelles menaces dans nos communautés.

Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique a déclaré que le gouvernement étudie s’il existe des mesures qui pourraient être prises pour faciliter la libération anticipée de certains condamnés.

Emilie Coyle soutient qu’Ottawa doit agir immédiatement avant que la situation ne s’aggrave.

Aller en prison ne devrait pas être une condamnation à mort et à ce stade, si la COVID-19 se propage vraiment, cela pourrait être très grave.

Avec les informations de Julianne Hazlewood, CBC News

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Toronto

Santé publique