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L’isolement aura des répercussions sur la santé mentale des gens, préviennent des experts

Un homme traverse une rue presque déserte.

Un coureur traverse une rue vide au centre-ville de Vancouver. Cette semaine, les responsables de la santé publique de la Colombie-Britannique ont annoncé que des ordres de distanciation physique demeureraient en vigueur jusqu’en mai.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Selon un épidémiologiste, l’isolement social et les restrictions présentement en place pour éviter la propagation de la COVID-19 pourraient entraîner toute une série de problèmes de santé mentale.

Le doyen de l’École de santé publique de l’Université de Boston, Sandro Galea, explique que l’isolement et l’incertitude quant à la durée de la pandémie peuvent contribuer à accroître l’anxiété dans la population.

« Nous, les êtres humains sommes des créatures sociales. Nous avons besoin d’interactions physiques et sociales », fait-il remarquer.

Cette semaine, les autorités de la santé de la Colombie-Britannique ont fait l’annonce que les mesures de distanciation physiques et sociales s'appliqueront jusqu’en mai.

Bonnie Henry devant des micros lors d'une conférence de presse.

La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry.

Photo : Radio-Canada / Michael McArthur

« Je pense qu’il est peu probable que nous puissions revenir à une vie plus normale, ce qui me manque beaucoup, au moins avant l’été », a dit la médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry. « Ensuite, nous devrons nous préparer à la possibilité d’une deuxième vague à l’automne. »

Le premier ministre, John Horgan, a également reconnu que les effets secondaires des mesures mises en place pour combattre la pandémie influent sur l’état d’esprit de la population.

« L’anxiété est élevée. Particulièrement pour les problèmes financiers, qui sont toujours difficiles pour les gens, les familles », a-t-il dit.

Sandro Galea, qui a étudié les effets de la quarantaine pendant la crise sanitaire du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) à Toronto, affirme que l’isolement peut contribuer à une série de problèmes de santé mentale comme l’anxiété et la dépression, mais peut aussi déclencher une consommation plus importante de drogue et d’alcool, et même le trouble de stress post-traumatique.

« Nous savons que ceux-ci augmentent après des catastrophes. Nous nous attendons à ce qu’ils augmentent considérablement maintenant que cela touche le monde entier », explique-t-il.

Les antécédents augmentent le risque

Ryan Phillips est un ancien joueur de hockey professionnel qui vit à Vancouver. Il affirme que la situation actuelle a des répercussions sur sa santé mentale.

« Toute ma routine a été bouleversée en raison de l’isolement », raconte celui qui a subi de nombreuses commotions cérébrales au cours de sa carrière et qui a reçu un diagnostic de trouble bipolaire il y a six ans.

« Ne pas savoir, ça cause beaucoup d’anxiété chez les gens et aussi avoir à se préparer à quelques mois d’isolement et de distanciation sociale », ajoute-t-il.

Selon Sandro Galea, les personnes qui ont déjà eu des problèmes de santé mentale et les personnes marginalisées sont plus à risque d’avoir des difficultés avec la situation actuelle, mais que les facteurs comme la perte d’un emploi ou les soins à prodiguer aux enfants à besoins spéciaux risquent de mettre encore plus de personnes en danger.

Il est donc important, selon lui, de faire de la sensibilisation à propos de la santé mentale.

« C’est très important de reconnaître que la maladie mentale sera la prochaine vague de cette épidémie. Il est donc très important de déstigmatiser la maladie mentale », souligne-t-il.

À ce sujet, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a annoncé cette semaine qu’un plan a été mis en place pour appuyer les fournisseurs de services de santé mentale qui doivent composer avec une charge de travail croissante.

En attendant que les choses passent, le conseil de Sandro Galea est d’éviter de s'isoler sur le plan social et de garder le contact avec ses proches, tout en respectant l'éloignement physique.

Quant à Ryan Phillips, il tente de se concentrer sur le moment présent et de rester en contact avec les autres grâce aux médias sociaux.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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