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Les masques maison sont très populaires malgré des avis partagés sur leur efficacité

Une dame conçoit un masque artisanal à l'aide d'une machine à coudre.

Les masques artisanaux sont très populaires, même si les avis sur leur efficacité est partagé.

Photo : Getty Images / lisegagne

Les autorités de la santé publique ont beau répéter que les masques n’empêchent pas les utilisateurs d’attraper la COVID-19, sur la Toile, les masques maison se distribuent comme de petits pains chauds.

Les réseaux sociaux pullulent de tutoriels sur comment les fabriquer. Des groupes de couturières s’organisent pour en confectionner. Et, des entreprises en font maintenant le commerce.

À Ottawa, la PME Thawrih.com, davantage connue pour sa gamme de vêtements sport destinés aux personnes ayant des restrictions religieuses ou culturelles, s’est lancée dans la fabrication de masques en tissu, au milieu du mois de mars. La réponse du public, laisse-t-on entendre, a été instantanée.

Dans les premières 48 heures, la demande a complètement dépassé nos attentes. Nous avons vendu les 400 masques que nous avions fabriqués. Et un jour plus tard, lorsque nous avons renouvelé nos approvisionnements de 200 masques, nous les avons tous écoulés en seulement 20 minutes, rapporte la porte-parole Su Mardelli.

Les gens veulent des masques et ils les veulent désespérément!

Su Mardelli, Thawrih.com

Il n’y a eu aucun plan de marketing ni d’analyse de marché, se félicite Mme Mardelli. Lorsque l’idée d’en fabriquer nous est venue, il s'agissait seulement de faire quelque chose pour la communauté. Nous ne voulions pas faire de profit.

Un homme porte un masque de couleur bleue.

L'entreprise Thawrih confectionne des masques pour freiner la propagation du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Thawrih.com

Dans le sud de la capitale, l’infirmière Joan Davis peut elle aussi témoigner de l’engouement du public pour les masques personnels.

Il y a deux semaines, Mme Davis a mis sur pied un groupe Facebook où des couturières s’organisent pour confectionner et distribuer des masques à ceux qui en ont besoin. Depuis, dit-elle, elle est soumise à un feu roulant de demandes.

Dans notre région, nous avons fourni entre 2000 et 3000 masques à divers endroits. C’est énorme!, s’exclame-t-elle.

Nous sommes un peu en rupture de stock.

Joan Davis, bénévole, Canada Sew - Ontario

Et la demande ne cesse d'augmenter, poursuit Mme Davis. Nous en donnons aux établissements de soins de longue durée, aux hôpitaux, aux banques alimentaires, aux résidences pour personnes âgées et aux organismes qui ont une vocation communautaire.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Mieux que rien

Cette demande du public pour les masques maison croît malgré les avertissements émis par les autorités en santé publique qui privilégient le lavage des mains et la distanciation sociale. Plusieurs spécialistes de la santé se sont même prononcés contre les masques artisanaux.

Nous sommes bien informés de la vaste gamme d'avis d'experts sur le port du masque, mais nous trouvons que les opinions sont contradictoires et conflictuelles, se défend Su Mardelli.

Il me semble que les opinions des experts à ce sujet ne cessent de changer au quotidien.

Su Mardelli, porte-parole, Thawrih.com

Pour étayer sa position, la porte-parole cite en exemple une étude de l’Université de Cambridge sur l’efficacité de certains tissus contre la projection de  (Nouvelle fenêtre)micro-organismes (Nouvelle fenêtre) et fait référence à des cas en Asie et en Europe où le port du masque maison est encouragé.

D’après certaines études, le masque de coton bloque jusqu'à 70 % des particules grosses comme un micron, avance pour sa part Marie-Jeanne Gauthier, co-fondatrice de Amma Thérapie à Québec.

C’est très apprécié comme efficacité.

Marie-Jeanne Gauthier, cofondatrice. Amma Thérapie

La femme d’affaires qui, elle aussi, vend des masques sur le site web de son entreprise soutient que le masque en coton, même s’il ne protège pas à 100 pour cent, est mieux que rien.

Il y a pénurie de masques médicaux et de masques homologués. Il faut une alternative pour la population, même si c’est temporaire, affirme-t-elle.

Une femme dans la foule avec une tuque à pompon et un masque rouge couvrant sa bouche et son nez.

Chemine-t-on vers un port du masque généralisé?

Photo : Reuters / Toby Melville

Une question de temps

Pour Joan Davis, ce n’est qu’une question de temps avant que les autorités sanitaires au pays n’emboîtent le pas à ce qui se fait déjà en Europe et en Asie.

Les propos tenus récemment par l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, et le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, tendent à lui donner raison et laissent entrevoir une certaine ouverture quant au port du masque.

Aux États-Unis, le CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) recommande déjà aux citoyens américains de porter des masques en tissu pour aider à freiner la propagation du coronavirus.

On verra ce que les experts recommanderont. On va suivre ça de très, très, près, a déclaré le Dr Arruda lors d’une conférence de presse, samedi.

Si c’est ajouté pour les personnes asymptomatiques, puis si jamais vous le portez, n’oubliez pas le risque qui est très important : l’hygiène. Il ne faut pas avoir l’impression que le masque va nous protéger à tout prix.

Je considère encore qu’on ne peut pas faire l’économie d’un bon lavage de mains.

Dr Horacio Arruda, directeur national de la santé publique, Québec

Su Mardelli, Joan David et Marie-Jeanne Gauthier ont tour à tour rappelé que les masques qu’elles fabriquent sont une mesure complémentaire aux lignes directrices émises par les autorités de la santé publique.

Selon elles, il demeure très important pour ceux qui les portent de toujours continuer à bien se laver les mains, à s’isoler et à garder une distance sociale de deux mètres.

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