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Le port généralisé du masque ne fait pas l'unanimité sur la planète

Un jeune garçon, les yeux rieurs, porte un masque qui a l'apparence d'un ours en peluche.

À Jakarta en Indonésie, où la pandémie de COVID-19 sévit aussi, le jeune Panji, âgé de 8 ans, porte un masque.

Photo : Reuters / Ajeng Dinar Ulfiana

Radio-Canada

Les recommandations concernant le port de masque par la population générale dans la lutte contre la COVID-19 diffèrent d’un bout à l’autre de la planète, selon la valeur que les autorités accordent à certaines études scientifiques.

Dans les pays asiatiques, les masques sont légion et le retard des pays occidentaux à adopter le port du masque généralisé est vue comme une grave erreur.

Les États-Unis ont fait volte-face et recommandent aux Américains depuis vendredi de se couvrir le visage quand ils sortent de chez eux, en particulier quand ils font des courses, quand la distanciation physique est parfois plus difficile à respecter. 

Les autorités américaines ne veulent pas pour autant voir le port de masques médicaux se multiplier dans la population; elles soulignent que ceux-ci doivent être réservés aux soignants qui ont des contacts rapprochés avec des malades. Les foulards, écharpes et masques artisanaux sont, par ailleurs, de bonnes protections faciales.

La France a aussi changé son fusil d’épaule au cours des derniers jours, en encourageant le grand public à porter des masques. Elle a annoncé en avoir commandé près de deux milliards auprès de fournisseurs chinois et elle a renforcé sa capacité de production nationale.

Au Canada, aucune autorité sanitaire ne recommande le port de masque pour la population générale. Le Canada – comme de nombreux autres gouvernements – soutient que les masques doivent être uniquement utilisés par les soignants, les malades et leur entourage proche, en disant s'appuyer sur des données scientifiques.

C’est que l’hypothèse selon laquelle la maladie pourrait se transmettre par aérosols – l'air expiré – n'est pas encore scientifiquement prouvée.

En entrevue à RDI Matin week-end, la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste infectiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), a expliqué que pour faire des recommandations, les autorités s’appuient généralement sur des données scientifiques probantes concluant qu’il est avantageux d’adopter certaines pratiques ou comportements.

Pour les travailleurs de la santé, le bénéfice de porter un masque a été clairement démontré par des études scientifiques, selon la Dre Tremblay, mais de telles études n’ont pas été faites pour la population générale.

Ce qui a changé au cours des deux derniers jours, c’est que les résultats de certaines études « de laboratoire » qui ont étudié les gouttelettes respiratoires qu’on peut excréter quand on parle, on tousse ou on éternue auraient démontré que des gouttelettes un peu plus petites que les « plus grosses » gouttelettes [ces dernières ne font que 5 microns et sont elles-mêmes invisibles à l’œil nu] pourraient se projeter peut-être un peu plus loin.

Ces études n’ont pas démontré que ces plus petites particules qu’on aurait pu retrouver dans les chambres de patients étaient des virus infectieux. Elles ne démontrent pas que le risque contagion est accru, affirme la Dre Tremblay.

Plus de résultats seront accessibles dans les prochains jours et on doit rester à l’affût, mais la chercheuse a quelques réserves concernant le port du masque par tous et laisse aux autorités le soin de faire des recommandations.

Elle souligne que les mesures de prévention qui sont prouvées comme efficaces demeurent la distanciation physique, soit rester chez soi, et être à au moins deux mètres des gens quand on a à sortir, et bien se laver les mains.

C’est prouvé que se laver les mains, ça fonctionne et c’est prouvé que s’éloigner à deux mètres, ça fonctionne. Ça, c’est la base de notre réponse à l’épidémie.

Dre Cécile Tremblay, microbiologiste infectiologue au CHUM

Ce serait catastrophique si les gens commençaient à prendre les masques – pas juste le N95 – mais aussi les masques chirurgicaux qui sont destinés au personnel de la santé. Ce serait une bévue majeure si le public commençait à prendre ça, soutient la Dre Cécile Tremblay.

Une ouvrière qui porte des vêtements de protection tient une pile de masques chirurgicaux.

Plusieurs pays redoublent d'efforts pour éviter une pénurie de masques chirurgicaux pour leurs travailleurs de la santé.

Photo : afp via getty images / SAM PANTHAKY

Une véritable course aux masques se dispute présentement entre plusieurs pays, dont le Canada, qui tentent de sécuriser des commandes qui devraient leur éviter de faire face à une pénurie. Certaines cargaisons auraient même été détournées au profit d'un autre pays le plus offrant.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) est aussi prudente concernant le port généralisé du masque. Elle craint que cela donne un « faux sentiment de sécurité » et fasse oublier les indispensables mesures-barrières, comme la distanciation sociale et le lavage des mains.

Avec les informations de Agence France-Presse

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