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Le confinement pourrait favoriser le jeu compulsif

Des jetons de pokers et des cartes sont posés sur un clavier d'ordinateur.

Les mesures de confinement font craindre une hausse de la dépendance aux jeux de hasard.

Photo : iStock

Les mesures de confinement imposées à la population pour limiter la propagation du coronavirus font craindre une hausse de la dépendance aux jeux de hasard.

En Espagne, pays durement touché par la pandémie de COVID-19, l’arrêt des compétitions sportives a incité de nombreux parieurs à se tourner vers les sites de poker et de casinos en ligne.

Le phénomène a pris une telle ampleur que le gouvernement a interdit les publicités faisant la promotion des jeux de hasard et des paris, sauf durant la nuit, et ce, afin de limiter les risques de dépendance.

Il encore trop tôt pour évaluer l’impact des mesures de confinement sur la fréquentation des sites de jeux de hasard au Québec et au Canada.

Préoccupation

Cela n’empêche pas la directrice générale de la Maison Jean Lapointe, un organisme venant en aide aux personnes aux prises avec un problème de jeu compulsif, d’alcool ou de toxicomanie, d’être préoccupée.

En ce moment, les gens ont tout ce qu’il faut pour tomber dans un comportement problématique parce qu’ils sont isolés, ils ont du temps et, pour certains, un peu d’argent. Tout est là, note Anne Elizabeth Lapointe en entrevue à Radio-Canada.

On parle de jeu, mais ça peut être aussi d’autres types d'addiction comportementale comme des dépendances à des substances.

Anne Elizabeth Lapointe, directrice générale, Maison Jean Lapointe
Mme Lapointe pose devant une affiche où l'on voit son père Jean Lapointe.

Anne Elizabeth Lapointe, directrice générale de la Maison Jean Lapointe

Photo : Maison Jean Lapointe

La fermeture des points de vente de Loto-Québec a entraîné une augmentation de plusieurs dizaines de milliers d’inscriptions sur son site Internet.

Les clients qui achètent normalement leurs billets de loterie au dépanneur ou à l’épicerie se les procurent désormais en ligne.

En dehors des achats de billets, la société d'État affirme ne pas avoir enregistré de hausse significative du trafic sur espacejeux.com.

Du côté de nos jeux de casino et de poker, l’achalandage, je vous dirais, est resté sensiblement le même qu’en temps normal. On n’a pas perçu une hausse spectaculaire à cet effet-là, mentionne le porte-parole de Loto-Québec, Patrice Lavoie.

Jeu responsable

Il rappelle que la société d’État, en cordonnier bien chaussé, a mis en place différentes mesures pour s’assurer que les gens jouent de façon responsable.

On doit se fixer une limite de temps de jeu lorsqu’on joue en ligne, on doit également se fixer une limite au niveau des versements que l’on fait dans nos comptes chaque semaine. Il y a possibilité, également, de s’auto-exclure en ligne si on le souhaite, énumère Patrice Lavoie.

Patrice Lavoie sur le plateau de RDI

Patrice Lavoie, directeur corporatif des affaires publiques chez Loto-Québec

Photo : Radio-Canada

Par conséquent, dans l’éventualité où un plus grand nombre de Québécois se tournaient vers les jeux de hasard en ligne durant le confinement, ils bénéficieraient d’un encadrement, ce qui n’est nécessairement le cas des autres sites, fait valoir le porte-parole.

Si le site lotoquebec.com n’était pas accessible [...] les joueurs joueraient quand même, mais ils iraient sur des sites illégaux [...] ou moins intègres, où il n’y a pas de limite de temps de jeu ni de dépôt. Les gens font un petit peu plus ce qu’ils veulent.

On a une série de mesures incommensurables pour s’assurer que les comportements de jeu restent sains, donc, si on joue en ligne, c’est bien qu’on joue sur lotoquebec.com et non sur des sites illégaux.

Patrice Lavoie, porte-parole de Loto-Québec

Risques accrus

Tout en reconnaissant les efforts déployés par Loto-Québec en matière de jeu responsable, Anne Elizabeth Lapointe mentionne que les risques de développer une dépendance au jeu demeurent présents.

C’est particulièrement le cas, dit-elle, avec des sites comme espacejeux.com, qui offrent différents types de jeux de hasard (poker, casino, poker, bingo, etc.).

Toutes les études, les recherches démontrent qu’à partir du moment où tu as une plus grande offre de jeux de hasard et d’argent, qui est diversifiée, plus le risque est élevé que la personne devienne dépendante, explique la directrice générale.

Capture d'écran du site espacejeux.com

Selon Anne Elizabeth Lapointe, les sites offrant plusieurs types de jeux de hasard, comme celui de Loto-Québec, augmentent les risques de développer une dépendance.

Photo : Radio-Canada

Afin d’évaluer l’impact du confinement, la Maison Jean Lapointe et le Centre canadien d’usage de substances et de dépendances souhaitent élaborer un sondage sur les habitudes de consommation des Canadiens.

Portée élargie

Le questionnaire devait à la base porter uniquement sur les habitudes de consommation d’alcool et de cannabis. Il sera toutefois élargi aux jeux de hasard.

On s’est dit que ça serait probablement intéressant d’ajouter quelques questions par rapport à leurs habitudes liées au jeu. Donc, d’ici quelques semaines, on risque d’avoir des données à ce niveau-là, précise Anne Elizabeth Lapointe.

En attendant, la Maison Jean Lapointe continue sa mission auprès des personnes en situation de dépendance. En raison de la pandémie, l’organisme a interrompu ses admissions physiques. Il offre toutefois des thérapies à distance.

S’il y a quelqu’un qui croit avoir des problèmes de jeu et qui aimerait arrêter, bien il a juste à nous appeler puis on va l’accompagner, soit par une thérapie par téléphone ou une thérapie virtuelle, indique Mme Lapointe.

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