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Comment le coronavirus peut raviver les théories apocalyptiques

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Un homme tient une pelle devant une maison.

Stephajn Szekely a dû couper tous les liens avec sa famille et son ancienne vie pour sortir des Témoins de Jéhovah.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Depuis des siècles, chaque groupe religieux a ses croyances sur la genèse de la vie et plusieurs ont leur théorie sur la fin du monde. Des experts s’inquiètent que certains perçoivent la pandémie de la COVID-19 qui frappe la planète comme un signe d'apocalypse.

Une vie encadrée

Dans son jardin, Stephajn Szekely arbore fièrement sa barbiche, un détail esthétique qu’il lui était interdit auparavant. Il a grandi dans une famille de Témoins de Jéhovah, à Edmonton. À l’âge de 16 ans, les violences physiques qu'il dit avoir subies de la part de ses parents le font fuir de sa communauté.

Chaque aspect de votre vie est contrôlé, explique-t-il. Le châtiment physique était encouragé à mon époque. Je vivais dans la haine de mes parents, de la congrégation dans laquelle j’avais grandi. Je ne voulais plus vivre. Il fallait que je parte.

Voulant offrir une seconde chance à la religion, Stephajn Szekely se fait réintégrer, non sans mal, dans une autre congrégation à l'âge de 24 ans avant de la quitter dix ans plus tard, cette fois pour de bon, assure-t-il.

J’ai découvert que leur enseignement ne tient pas la route face à la science ou l’Histoire et j’ai appris qu’ils dissimulaient des abus sexuels sur des enfants, raconte cet ancien croyant qui a passé 25 ans de sa vie au sein de ce groupe religieux.

Dans leurs croyances, le but de la vie est d'accéder au paradis terrestre, si vous dévouez votre vie à Jésus, vos proches ressusciteront, toutes les souffrances disparaîtront, mais c'est un leurre, une carotte, comme la loterie.

Stephajn Szekely, ancien Témoin de Jéhovah

À 40 ans, il dit se sentir aujourd'hui plus heureux que jamais, mais ne peut pas s'empêcher de faire le lien entre le coronavirus et l'Armageddon, cette fin du monde qu'attendent les Témoins de Jéhovah. Le signe que Dieu est arrivé sur Terre pour les sauver.

Ils se tiennent droits et fiers de leurs croyances, mais c'est très dangereux, selon lui, car ils sont endoctrinés, certains sont isolés et fragiles.

Des personnes tiennent un livre de prières.

Le Canada compterait 115 000 Témoins de Jéhovah.

Photo : CBC

Toutes les religions ont une croyance de fin du monde, décrit Frédéric Castel, religiologue à l’Université du Québec à Montréal. Les religions nous disent d’où on vient, nous les humains, alors elles nous disent aussi où on va.

Religiologie : étude de la religion dans la perspective des sciences non confessionnelles du religieux (sciences humaines diverses et histoire ).

Mais pour la majorité d’entre elles, la croyance de l'apocalypse n’est ni quotidienne ni préoccupante. Pour d’autres, comme les mormons ou les témoins de Jéhovah, c’est un élément important de leur foi.

J’ai eu un nombre incalculable de cauchemars sur la fin du monde, se rappelle Stephajn Szekely, ancien témoin de Jéhovah. Il est en sûr, ces anciens compagnons de foi doivent prendre très au sérieux la pandémie actuelle.

Vous serez sauvés

Dans une vidéo publiée le 18 mars (Nouvelle fenêtre) sur le site officiel des Témoins de Jéhovah, un membre du Collège central, la plus haute autorité de l'organisation, livre un rapport sur l'épidémie de coronavirus.

Stephen Lett, à la direction depuis 21 ans, donne occasionnellement avec les sept autres dirigeants, des directions à suivre aux 8 millions de fidèles du monde entier. Et ce mois-ci, le sujet, c'est la COVID-19.

Un homme debout.

Stephen Lett fait partie du corps dirigeant du mouvement religieux des Témoins de Jéhovah depuis 1999.

Photo : JW.org

L'expansion de cette maladie est une source d'inquiétude pour tous, dit-il dans la vidéo, mais ce n'est pas une surprise, Jésus l'avait prédit. Selon lui, ces événements prouvent plus que jamais que nous vivons la fin de la fin des derniers jours, juste avant de dernier des derniers jours. Stephen Lett cite ensuite un verset de la Bible : C'est en attendant tranquillement que vous serez sauvés.

Prendre du recul

Pour Lorraine Derocher, membre régulier du Centre de recherche sur l'enfance et la famille de l'Université de McGill, la pandémie actuelle risque d'augmenter le stress et les craintes de ceux qui ont réussi à quitter ces groupes apocalyptiques.

Dans l’histoire de l’Humanité, les épidémies, les guerres, etc. ont été très graves et très pénibles pour les humains, mais on s’en est sorti, rappelle Lorraine Derocher. J'insiste sur l'aspect temporaire de l’événement justement pour ne pas que des jeunes qui auraient vécu dans ces groupes-là paniquent outre mesure.

Les risques de paranoïa pourraient entraîner des pensées suicidaires pour certains, selon cette professeure qui conseille aux personnes concernées de ne pas hésiter à consulter un psychologue.

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