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Rapatriement des Canadiens à l’étranger : la fenêtre se referme

Francois-Philippe Champagne

Le temps manque pour rapatrier tous les Canadiens coincés à l'étranger, prévient le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Après avoir facilité 45 vols en provenance de 31 pays et rapatrié plus de 8500 voyageurs, le ministre des Affaires étrangères estime que l’opération tire à sa fin. Mais tout le monde ne pourra pas revenir dans l’immédiat.

Le Canada n’aura bientôt d’autre choix que d’aider autrement les milliers de Canadiens qui ne pourront pas rentrer à la maison.

On en est certainement [...] je dirais aux deux tiers, trois quarts [de l’opération]. Ce n’est pas une science exacte, mais je regarde le nombre de vols qu’on a faits. [...] C’est clair que d’heure en heure, de jour en jour, ça devient plus difficile, parce que les pays imposent de plus en plus de contraintes, explique François-Philippe Champagne en entrevue à Radio-Canada.

Devant la rapide propagation du coronavirus, plusieurs pays adoptent des mesures de confinement sévères. Les déplacements sont limités tant pour les résidents que pour les ressortissants étrangers. Organiser des vols vers le Canada devient un exercice complexe, même pour le chef de la diplomatie canadienne.

Par exemple, à Lima au Pérou, un seul aéroport accepte encore les vols. En Inde, le gouvernement avait réussi à négocier l’atterrissage de quelques avions canadiens, mais a dû tout reprendre quelques heures plus tard, après l’imposition de la loi martiale.

Même quand on a ramené notre monde de Wuhan ou du Diamond Princess, ce n’était pas compliqué comme ça, explique le ministre Champagne. Les espaces aériens étaient ouverts, les aéroports étaient ouverts. [...] Oui, il y avait des contraintes, mais là, c’est à une échelle planétaire. Chaque vol, il faut le négocier.

Évaluations difficiles

Le gouvernement hésite toujours à publier une évaluation du nombre de voyageurs canadiens qui sont à l’étranger.

François-Philippe Champagne se contente de parler de plusieurs dizaines de milliers. Cela inclut les vacanciers dans le sud, les snowbirds aux États-Unis et des voyageurs pris un peu partout dans le monde.

Le ministre estime qu’au final, 80 % de ceux qui veulent revenir seront rapatriés. Mais il réitère l’avertissement qu’il a déjà livré à maintes reprises. Malgré tous les efforts qu’on a déployés, force est de constater qu’on ne pourra pas ramener tout le monde.

Prochaines étapes

D’ici peu, le ministère des Affaires étrangères va donc modifier sa stratégie à l’égard des voyageurs canadiens à l’étranger.

Là, nos efforts sont beaucoup dans la facilitation du retour. Il va venir un moment donné ou le gros de nos efforts ça va être comment on peut aider les gens sur place explique le ministre. Cela veut dire s’assurer que les Canadiens pris à l’étranger aient accès à des soins, des médicaments et de la nourriture.

Combien seront-ils dans cette situation? Quelques milliers, avance François-Philippe Champagne, qui souligne que les rapatriements ne seront jamais complètement abandonnés. L’une des options serait par exemple de mettre en commun un avion pour déplacer les citoyens de plusieurs pays alliés. Moi, je vais toujours essayer d’aider les gens, conclut-il.

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