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Pandémie : radios et journaux communautaires, des services essentiels en difficulté

L'ancienne Eau Vive et La Liberté.

Les petits journaux communautaires semblent être plus en difficulté que les radios communautaires.

Photo : Radio-Canada

La crise de la COVID-19 touche les médias locaux, mais les radios semblent mieux s’en sortir que les journaux.

Dès la deuxième semaine, la plupart des journaux ont perdu entre 60 et 80 % de leurs revenus, déplore la directrice générale de l’Association de la presse francophone (APF), Linda Lauzon.

Les mises à pied ont commencé dès la troisième semaine, poursuit-elle.

Déjà sous pression en temps normal, les journaux communautaires le sont encore plus en ce moment, et cela concerne aussi les petits journaux anglophones. Ainsi, au Manitoba, par exemple, le journal de Melita, le Melita New Era, a décidé jeudi de fermer pendant 12 semaines.

Ce sont des journaux qui n’ont pas les moyens des grands quotidiens et qui ne peuvent pas attendre les injections d’argent du gouvernement. Cela les met dans une situation très précaire, ajoute Linda Lauzon.

Mais les grands quotidiens locaux ne sont pas épargnés pour autant : le Winnipeg Free Press, l’un des derniers quotidiens locaux indépendants au Canada, envisage de diminuer temporairement de 12 à 20 % le salaire de ses employés.

Le prochain mois va être décisif quant à la poursuite des activités.

Linda Lauzon, directrice générale de l'APF

Une campagne d’appel aux dons

Pour tenter d’aider ses membres déjà fragiles, l’APF a lancé jeudi une campagne d’appel aux dons à travers sa fondation Donatien-Frémont.

Des moyens exceptionnels ont été mis en place pour appuyer, afin d'avoir les ressources humaines nécessaires pour continuer à produire de l’information locale de qualité, explique Linda Lauzon.

Les dons commencent à 19 $, et la campagne (Nouvelle fenêtre) doit durer jusqu’au 30 juin.

Toutefois, selon Sophie Gaulin, la directrice générale et rédactrice en chef de La Liberté, c’est surtout le retour de la publicité du gouvernement fédéral qui est nécessaire. C’est ça qui va nous sauver, espère-t-elle.

Le journal, qui n’a encore procédé à aucune mise à pied, a connu une baisse spectaculaire de la publicité dans ses pages au cours des dernières semaines.

La semaine dernière, on accusait déjà une baisse avec 8000 $ de publicité, et cette semaine, on est à 1500 $, dit Sophie Gaulin.

Lors de la crise du H1N1, le fédéral avait annoncé largement dans La Liberté et on avait eu d’ailleurs un pic publicitaire, se souvient-elle.

On espère que nos annonceurs vont continuer à nous soutenir et à être solidaires. C’est une question de solidarité.

Sophie Gaulin, directrice générale et rédactrice en chef de La Liberté

Les radios moins menacées?

Du côté des radios communautaires, la situation est un peu moins préoccupante, selon l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC).

Les radios ont elles aussi connu des baisses de recettes publicitaires. Nos radios n’ont pas encore remercié ou mis à pied du personnel, assure toutefois le directeur des communications de l’ARC, Simon Forgues.

Selon l’ARC, c’est essentiellement la publicité locale qui est devenue rare sur les ondes des radios communautaires. Il y a quand même des entreprises qui continuent à annoncer, surtout dans le domaine de la publicité nationale, précise Simon Forgues.

Certaines, dans le domaine des services essentiels, prennent des campagnes spécialement dans le cadre du coronavirus.

Simon Forgues, directeur des communications de l’ARC

Cette situation s'entend sur les ondes de la radio communautaire manitobaine, Envol 91 FM. Selon son directeur général, Yaya Doumbia, beaucoup de publicités locales ont dû être annulées car elles étaient rattachées à des événements qui, eux-mêmes, ont été annulés.

On a perdu un certain nombre de revenus au niveau local et provincial, mais on continue d’avoir de la publicité venant du fédéral, ajoute-t-il.

Par ailleurs, aucune mise à pied n’est, pour le moment, envisagée à Envol 91 FM.

L’année financière, qui se termine en août pour l’organisation, était déjà planifiée. Ceux qui sont en poste vont rester en poste jusqu’à la fin de l’année financière et puis, à partir de là, on verra ce qu’il nous reste et ce qu’on est capable de faire, conclut, prudemment, Yaya Doumbia.

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